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Actualités - Chronologie

Prêt-à-porter Quand les jeunes créateurs habillent l'hiver 2000 (photos)

Il y a deux semaines, de jeunes créateurs ont ouvert à Paris les défilés de mode de l’hiver 2000. Ils ont entre 20 et 35 ans, réalisent leurs collections sans le soutien d’un financier et compensent leur manque de moyens par une grande dose d’ingéniosité. À 23 ans, Jérôme Dreyfuss s’est déjà taillé un joli succès auprès de la presse. Malheureusement, faute d’argent pour faire fabriquer les modèles qui lui avaient été commandés, il a dû tout annuler. Cette saison, il disposait de 5000$ pour faire sa collection, et son frère s’est occupé de la bande son. Mais la location de la salle lui a coûté 7000$, plus cher que les vêtements. Il a entamé sa carrière auprès de John Galliano où il a «surtout appris ce qu’il ne fallait pas faire. Il faut exercer ce métier sans prétention: nous sommes des artisans, pas des intellectuels», dit-il. Aujourd’hui, il présente une ligne baptisée «Jérôme Dreyfuss couture à porter», une façon de se démarquer de «la poussiéreuse haute couture». Son credo: élégance et humour. Des qualités qu’apprécie la superbe Naomi Campbell, venue à Paris présenter deux de ses modèles: – petites robes moulantes aux effets de drapés, jolis pulls brodés de miroirs sur d’impeccables pantalons noirs, tuniques-corselets à nervures fuchsia sur longue jupe de crêpe et des clins d’œil comme cette étole en jean délavé troué, doublée de vison précieux... Une insolence bon enfant qui ne manque pas de génie. L’histoire d’un autre créateur, Christian Le Drezen, est édifiante. Ce jeune homme de 32 ans a débuté comme cuisinier et parcouru l’Europe avant de se consacrer à sa passion, le vêtement. Il a fait ses classes chez Kenzo et Dior, dessiné des costumes de théâtre pour Alfredo Arias puis lancé sa ligne. De sa Bretagne, il garde le goût des légendes celtes et de ces paysannes en longues et strictes robes. Mais ses jupes sont en dentelle de maille, ses cache-cœur en lainage léger sur d’amples pantalons de cachemire, ses jupons de coton blanc se cachent sous des redingotes noires. Et ses fées ferment la procession en robes de laine mohair rebrodée, aux harmonies de granit. Malgré son nom italien d’étoile filante, Stella Cadente est d’origine russe. Pour cette incorrigible romantique de 32 ans, chaque collection est prétexte à un conte. Celui de la saison met en scène la reine des neiges, des fées bonnes ou mauvaises en pulls mousseux, jupes et mini-capes de plumes de coq vernis, grand manteau en cygne sur simple culotte stretch noire. Et une mariée aux bras emprisonnés dans sa robe-camisole. L’Écossais David Purves a trouvé une bonne idée: faire des vêtements dans un seul tissu et une seule couleur, le noir. Explication: l’étonnante matière à l’aspect laqué qu’il utilise est imperméable, anti-taches, anti-microbienne et, en plus, permet au corps de conserver la même température, qu’il fasse froid ou chaud. Inutile donc d’acheter un manteau ou un imperméable, on porte le même tailleur, la même robe et le même pull tout au long de l’année... Tout le secteur de l’habillement risque d’en avoir des cauchemars. Face aux «budgets donnant le vertige» dont disposent les plus célèbres, Fabrice Couturier a, quant à lui, étudié la parade: il s’est installé dans un camion baptisé «Mobile House» qui parcourt la ville et diffuse en continu sur un écran le film de sa collection. Qui dit mieux comme promotion?
Il y a deux semaines, de jeunes créateurs ont ouvert à Paris les défilés de mode de l’hiver 2000. Ils ont entre 20 et 35 ans, réalisent leurs collections sans le soutien d’un financier et compensent leur manque de moyens par une grande dose d’ingéniosité. À 23 ans, Jérôme Dreyfuss s’est déjà taillé un joli succès auprès de la presse. Malheureusement, faute d’argent pour faire fabriquer les modèles qui lui avaient été commandés, il a dû tout annuler. Cette saison, il disposait de 5000$ pour faire sa collection, et son frère s’est occupé de la bande son. Mais la location de la salle lui a coûté 7000$, plus cher que les vêtements. Il a entamé sa carrière auprès de John Galliano où il a «surtout appris ce qu’il ne fallait pas faire. Il faut exercer ce métier sans prétention: nous sommes des...