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Actualités - Reportages

Violon d'Ingres.. Johnny Arida : comme un poisson dans l'eau (photo)

Pour ses quarante printemps célébrés il y a quelques mois, Johnny Arida s’est offert le titre de champion du Liban de ski nautique, dans la catégorie slalom. Une victoire qui fait rigoler cet homme d’affaires, heureux comme un poisson dans l’eau! Dans son travail et ses loisirs, Johnny semble avoir trouvé son terrain de prédilection. Impatient et pressé, il n’est pas étonnant qu’il ait pris des raccourcis, préféré un sport rapide, «10 minutes de ski nautique équivalent à 10 kilomètres d’un autre sport ! Durant ce court instant, tous les muscles travaillent…», et choisi le monde des banques où il doit prendre des décisions instantanées. Un parcours complémentaire, rythmé par une même envie d’aller vite et réglé avec une parfaite précision technique. Monsieur Arida, le visage hâlé par un sport qu’il affectionne particulièrement, semble «noyé» derrière cette grande table de conférence. Il en rit, comme il rit de ses souvenirs d’enfance, au goût de sel. Le petit Johnny Eddy Arida a de qui tenir ! Il a grandi dans l’eau, espace infini dont son père a fait un territoire. Un lieu de loisirs où la passion devint presque naturelle et la victoire évidente. «Mon père a été plusieurs fois champion d’Angleterre et du Liban, depuis 1952. Il a également participé au championnat du monde, qui s’est tenu au Saint-Georges en 1955, et a été classé troisième. Il a même fondé le premier club de ski nautique en Angleterre, le Ruislip». Eddy a initié son fils au ski nautique dès son jeune âge. À cinq ans, Johnny commençait à apprivoiser l’eau, avant d’apprivoiser les skis quelques années plus tard. Il participe à son premier championnat en 1972, qui se tenait alors à l’ATCL, «à l’intérieur du bassin du port. Je me souviens que tous les bateaux avaient été enlevés pour la compétition. J’avais un trac fou!». En 1974, il représente le Liban en Jordanie. Trois ans plus tard, il participe aux championnats d’Europe, en Autriche, et aux championnats du monde, à Milan. «Alecco Chiha et moi sommes partis sans masseurs, sans uniformes, sans drapeau et sans même avoir emporté avec nous une cassette de l’hymne national ! Nous sommes revenus avec plein de bons souvenirs!». Deux «rigolos» qui auraient pu devenir de vrais professionnels. «J’aurais aimé consacrer plus de temps à ce sport, partir m’entraîner en Floride, ou ailleurs, pour quelque temps, mais c’était impossible». Au lieu de cela, Johnny part en Angleterre poursuivre ses études universitaires, pour en revenir diplômé en économie, avec une expérience professionnelle de 9 années chez Merrill Lynch. En 1990, il rejoint la banque Paribas à Londres, pour six ans, et se remet au ski nautique qu’il avait abandonné, comme on abandonne son jouet d’enfant. «Tout avait changé durant mes années d’“absence”, les fixations, les skis et même les cordes. J’ai repris l’entraînement, en Angleterre où je résidais, réapprenant les gestes, la technique – nouvelle – qui s’adaptait aux équipements. J’ai participé à de nombreuses compétitions entre clubs anglais, non pas pour la victoire, difficile, mais… pour la gloire! À la naissance de mon deuxième enfant, Julian, j’ai décidé d’arrêter la compétition». Arrêt obligé, mais momentané, Johnny tient trop à servir la «continuité», mot clef dans ses engagements. Retour à la Méditerranée Fin 1996, la petite tribu Arida rentre au pays du soleil et de la mer. Johnny est contacté par la Banque Audi qu’il intègre en 1997 et par Serge Nader qui voulait faire revivre ce sport aquatique au Liban, sous l’impulsion de la Fédération arabe et plus particulièrement cheikh Walid el-Quassimi, passionné par le ski nautique depuis 6 ans. Le Liban s’organise, avant d’être invité au premier championnat arabe. «J’y ai été avec d’autres participants pour faire acte de présence, et qu’il y ait un précédent». Pour ce faire, Johnny s’entraîne et entraîne les plus jeunes, espérant leur assurer ce qui a manqué aux sportifs des années 70-80, un véritable encadrement. «Je continue pour le plaisir et pour encourager les nouveaux venus». Cette année s’est organisé le premier championnat du Liban depuis 25 ans, Johnny y remporte l’épreuve en slalom, une gageure pour ce jeune homme de 40 ans ! «J’ai fixé la barre pour que les autres puissent suivre». Bien plus que cela, il s’active, contacte les universités pour permettre aux étudiants, intéressés par ce sport, de s’entraîner gratuitement, assure un bassin à Tripoli, avec l’accord des autorités, et tente d’inculquer à cette nouvelle génération passion, technique et discipline . «Le but est d’arriver à quelque chose de valable sur le plan international, assurer la relève pour les années à venir, ce qui n’est pas évident avec cette génération de la guerre que peu de choses motivent». Une relève qui sera assurée par de jeunes inconnus et par ses enfants, Eddy, 6 ans, Julian, 3 ans et, bientôt, Laeticia, 3 mois. «Mon plus beau souvenir, avoue-t-il, c’est de voir mes enfants faire du ski nautique». Et, sans que l’on s’en aperçoive, le bureau de Johnny prend des couleurs de bleu, envahi, semble-t-il, par des vagues turquoises de bonheur et de nostalgie, nous éclaboussant de gaieté.
Pour ses quarante printemps célébrés il y a quelques mois, Johnny Arida s’est offert le titre de champion du Liban de ski nautique, dans la catégorie slalom. Une victoire qui fait rigoler cet homme d’affaires, heureux comme un poisson dans l’eau! Dans son travail et ses loisirs, Johnny semble avoir trouvé son terrain de prédilection. Impatient et pressé, il n’est pas étonnant qu’il ait pris des raccourcis, préféré un sport rapide, «10 minutes de ski nautique équivalent à 10 kilomètres d’un autre sport ! Durant ce court instant, tous les muscles travaillent…», et choisi le monde des banques où il doit prendre des décisions instantanées. Un parcours complémentaire, rythmé par une même envie d’aller vite et réglé avec une parfaite précision technique. Monsieur Arida, le visage hâlé par un sport...