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Actualités - Reportages

Points de vue Raymonde Anghelopoulo, femme d'hier et d'aujourd'hui (photo)

La coiffure n’a pas changé, soulignant une élégance, un style qui lui sont propres. Le sourire, toujours amical, a mûri, creusant des fossettes plus profondes, une sérénité marquée. Raymonde Anghelopoulo est enfin revenue au pays avec, dans ses bagages, des années de vécu, combats et victoires et la satisfaction d’avoir atteint une paix intérieure. Le visage lumineux de Raymonde Anghelopoulo, sa voix douce mais ferme ont accompagné et charmé les spectateurs des années durant. Dialogue ouvert, les mots sont parfaitement lisibles. Ils content clairement l’histoire d’une femme d’hier et d’aujourd’hui. Pas étonnant, la jeune Raymonde a obtenu, durant ses études scolaires, le premier prix de diction dans un concours interscolaire organisé par la Mission culturelle française. Ce qui, avec son physique rayonnant, constitua un passeport idéal pour pénétrer le petit écran et décrocher le poste de speakerine au canal 9. «J’ai débuté à la télévision libanaise en 1968. Nous n’étions que deux présentatrices à parler le français ! C’était une profession rare, contraignante, car nous étions en direct un jour sur deux, débarquant chez les gens “sans prendre rendez-vous”, apparaissant à minuit pour souhaiter une bonne nuit aux téléspectateurs, à Noël pour le rituel Joyeux Noël, et le soir du Nouvel an pour l’inévitable Bonne Année!». Un très beau métier, pratiqué avec professionnalisme. «J’avais le privilège de visionner les films, documentaires ou autres programmes avant de les annoncer, pour pouvoir rédiger les textes avec tous mes commentaires», dans une ambiance familiale. «Quand on voulait punir une speakerine, on lui disait de rester chez elle !». Petit à petit, Raymonde s’intéresse à l’animation d’émissions francophones, il y aura entre autres Visa pour la France, Féminin Masculin, Plein Soleil ou encore Télé Magazine. «En 1971, se souvient-elle, j’étais la première à annoncer aux Libanais que Georgina Rizk avait été élue Miss Univers, interrompant l’émission pour la circonstance». Côté coeur, Raymonde Bitar est également heureuse. Elle épouse Pierre Anghelopoulo, champion de basket-ball, dont elle aura deux enfants, Marc et Murièle. 1976, l’année maudite En 1976, elle «passe aux nouvelles», rédige et présente le journal télévisé français et entame une collaboration – écrite – avec La Revue du Liban. Un bonheur saigné lorsque Pierre est enlevé et assassiné, cette même année, devenue en un clin d’oeil l’année de tous les malheurs. Raymonde est veuve à 26 ans, avec des enfants de 3 et 2 ans, une douleur tellement profonde qu’elle «m’a donné beaucoup de force dans la vie» et une grande dignité. «J’ai voulu pardonner». Lorsqu’elle reprendra l’antenne, elle dira, en ouverture : «Si je suis là, c’est parce qu’“il” est là», l’ombre de l’assassin inconnu frôlera longtemps la flamme brûlante du soldat inconnu. Pour enterrer sa peine, elle quitte sa maison, ses souvenirs et la télévision. Quelques mois de réflexion plus tard, Raymonde brise le silence : «La Voix du Liban a fait appel à moi, ils m’ont donné toute leur confiance». Elle animera ainsi plusieurs émissions, recevant Julio Iglesias, Alain Delon ou Michel Sardou «entre deux accalmies». Elle se chargera aussi de la traduction et de la présentation des nouvelles en français, dans des conditions souvent très difficiles, mais qui ont laissé d’importants souvenirs. «J’ai rédigé le télégramme de condoléances, lors du décès de Louis Delamare, au nom de M. Pierre Gemayel, j’ai félicité Margaret Thatcher au nom du président Chamoun !». Mais le visage caché derrière la voix de Raymonde Anghelopoulo manque aux Libanais. En 1979, il revient habiter le petit écran, le meublant d’une émission, un Magazine de la femme, en… arabe ! Choc et surprise, ce petit bout de femme qu’on croyait exclusivement francophone parle bien l’arabe, encore mieux le libanais ! L’émission plaît tant qu’elle déménage à des horaires «grands publics», et tient la route pendant dix ans ! «En 1989, j’ai versé dans les émissions sociales». Avec Nahnou wal ghad, (nous et l’avenir), elle signe ses adieux à la télévision. Chypre, Genève, Tokyo… Pour des raisons familiales, Raymonde quitte le Liban l’année suivante, première destination Chypre. «En tendant la main, je pouvais toucher mon Liban, ma petite folie». Très vite, elle rencontre un groupe libano–suisse qui évolue dans le monde de la bijouterie, des montres et des objets d’art, et qui lui offre un poste important à Genève, pour quelques mois, puis à Tokyo où elle est nommée directrice générale pendant 5 ans. Tout dans son intérieur, maison et âme exprime l’empreinte laissée par cette expérience importante. Les Bouddhas installés en maîtres sur la bibliothèque, souvenirs de rencontres «impériales» et de moments sacrés, effleurent les albums, précieux tiroirs de la mémoire de Raymonde-d’avant. Et surtout cette sérénité atteinte, affichée dans son sourire contagieux, retrouvée dans sa fille Murièle, même beauté et même parcours, la jeune demoiselle a succombé à son tour au charme d’un… joueur de basket-ball, notre Mechantaf national ! «Avant, je rêvais grand pour mon pays à haute voix. Aujourd’hui, je fais les mêmes rêves en silence…», dira Raymonde en refermant l’album et son passé. Cette femme d’aujourd’hui, pleine d’énergie, a encore beaucoup de choses à dire, au nom d’une francophonie et d’une patrie qu’elle chérit tant.
La coiffure n’a pas changé, soulignant une élégance, un style qui lui sont propres. Le sourire, toujours amical, a mûri, creusant des fossettes plus profondes, une sérénité marquée. Raymonde Anghelopoulo est enfin revenue au pays avec, dans ses bagages, des années de vécu, combats et victoires et la satisfaction d’avoir atteint une paix intérieure. Le visage lumineux de Raymonde Anghelopoulo, sa voix douce mais ferme ont accompagné et charmé les spectateurs des années durant. Dialogue ouvert, les mots sont parfaitement lisibles. Ils content clairement l’histoire d’une femme d’hier et d’aujourd’hui. Pas étonnant, la jeune Raymonde a obtenu, durant ses études scolaires, le premier prix de diction dans un concours interscolaire organisé par la Mission culturelle française. Ce qui, avec son physique rayonnant,...