Martina Hingis, dans la souffrance contre la Française Sandrine Testud, a passé le premier tour du Masters féminin de tennis, qui a perdu mardi l’Américaine Serena Williams, celle que tout le monde craignait à New York depuis ses succès en septembre à l’US Open et en octobre à la Coupe du Grand Chelem. La cadette des sœurs Williams, grande révélation de la saison, qui pointe maintenant en quatrième place mondiale, a dû renoncer, quelques heures avant ses débuts dans l’épreuve de fin d’année du circuit WTA, en raison de douleurs dorsales s’étant déclenchées le matin même à l’entraînement. «Tout d’un coup je ne pouvais plus bouger, encore moins marcher ou courir, même la simple tâche de respirer devenait quasiment impossible», a raconté l’Américaine, qui à 18 ans n’avait encore rien connu de tel. Trois heures de traitement à son hôtel par le kiné n’ont rien changé. Il ne restait à Serena Williams, qui a immédiatement repris le chemin du domicile familial en Floride, qu’à renoncer. «J’étais si heureuse de mes résultats de l’année et de ma qualification, a-t-elle ajouté. Cela rend la déception encore plus forte». Les premiers examens ont décelé un déplacement d’une vertèbre qui peut, selon les médecins consultés, être d’origine soit ligamentaire ou musculaire ou encore constituer le signe avant-coureur d’une hernie discale. D’autres examens sont prévus mercredi qui devraient permettre de déterminer exactement l’origine du mal dont souffre la joueuse qui décidera ensuite, en fonction notamment de la durée de la convalescence, de sa participation ou non à l’Open d’Australie, premier Grand Chelem de l’année, en janvier. Ce forfait est un nouveau coup dur pour la compétition déjà privée de la retraitée Steffi Graf et de l’Américaine Monica Seles, victime d’une fracture de fatigue au pied droit. Elle l’a privée également de la possibilité d’une finale familiale entre les sœurs Williams, comme à Key Biscayne au printemps, qui était espérée par une bonne partie du public américain. Il a fait les affaires par contre de la Belge Dominique van Roost, qui au lieu de la terreur Williams, s’est retrouvée face à la repêchée russe Elena Likhotseva, qu’elle avait laminée 6-1, 6-2 huit jours plus tôt à Philadelphie. Manifestement absente, Likhotseva s’inclinait 6-2, 6-3 en 61 minutes, un échec qui lui rapportait néammoins 30 000 dollars promis aux éliminées du premier tour. La prochaine adversaire de la Belge sera la Française Nathalie Tauziat, tête de série numéro 6, qui avait ouvert la journée en venant à bout de l’opiniâtre sud-africaine Amanda Coetzer 6-3, 7-6 (8/6). Doyenne de l’épreuve avec ses 32 ans, la Française, numéro sept mondiale, est en quart de finale pour la troisième année consécutive. «Avec la confiance que j’ai, je serai favorite, mais avec elle on ne sait jamais», a-t-elle souligné. Dernière qualifiée du jour, Hingis a dû batailler pendant une heure cinquante minutes pour vaincre la résistance de Testud. En cinq confrontations, la Française a toujours poussé la Suissesse dans ses retranchements sans parvenir toutefois une seule fois à la battre. Le scénario a été le même lors de cette deuxième journée de la compétition, Hingis s’imposant 7-6 (7/5), 7-6 (7/5) pour un rendez-vous en quart de finale, pour la 3e fois consécutive avec une autre Française Mary Pierce. En 1997, Pierce l’avait emporté allant ensuite jusqu’en finale. Hingis avait pris sa revanche l’année dernière avant d’aller jusqu’au bout pour son premier Masters. Steffi Graf honorée L’Allemande Steffi Graf, la joueuse aux 22 titres du Grand Chelem, qui a pris sa retraite de joueuse cet été, à 30 ans, après 17 années sur le circuit professionnel, a été honorée par ses pairs au cours d’une cérémonie entre les deux matches de la soirée du Masters féminin, mardi à New York. Les quelque 10 000 spectateurs du Madison Square Garden ont pu assister à la projection d’une vidéo d’une dizaine de minutes sur l’exceptionnelle carrière de la joueuse allemande, notamment sur son incroyable année 1988 où elle avait réalisé le dernier Grand Chelem du tennis féminin, complétant sa moisson par une médaille d’or olympique aux Jeux de Séoul. «Non, je n’ai pas pu regarder la vidéo, a avoué Graf. C’était trop difficile sur le plan émotionnel. Je n’avais pas pu dormir de la nuit et j’étais déja assez nerveuse comme cela en arrivant». Une bannière bleue au nom de Steffi Graf, portant les dates, 1987, 1989, 1993, 1995, 1996 de ses cinq victoires dans les Masters, a été hissée au plafond de l’arène new-yorkaise, à côté de celle de Martina Navratilova. Les deux joueuses sont les seuls athlètes ne faisant pas partie de l’équipe locale de basket des New York Knicks et de celle de hockey sur glace, les New York Rangers, à avoir été honorés de cette manière par le Madison Square Garden. «Vous nous avez montré le tout meilleur de ce que peut être une grande athlète féminine», a souligné Judy Levering, présidente de la Fédération américaine. «Vous allez tous me manquer», a répliqué Graf, entourée des joueuses participant, sans elle, aux Masters, à l’exception de Martina Hingis et de Sandrine Testud qui devaient disputer leur premier tour juste après la cérémonie. Couverte de cadeaux, Graf est repartie notamment avec un collier terminé par un solitaire en diamant et avec la porte de son vestiaire numéro 19 à Roland- Garros comportant, sur l’envers, les résultats de ses six finales victorieuses à Paris, dont la dernière cette année aux dépens de Martina Hingis. Graf, 30 ans, qui depuis qu’elle a abandonné la compétition file le parfait amour avec André Agassi, s’est ensuite pliée avec humour, pour une des dernières fois sans doute, au rite de la conférence de presse. «Je n’ai pas trop mal joué aujourd’hui, a-t-elle plaisanté. Non cela c’était il y a quelque temps». Encore émue par une cérémonie qui l’avait vue au bord des larmes, l’Allemande s’est déclarée «heureuse maintenant de pouvoir disposer de son temps» et d’avoir «une vie plus calme». «La rupture, cela a été quand j’ai décidé d’arrêter, a-t-elle expliqué. Aujourd’hui, ce que j’ai fait a été d’effectuer un retour sur le passé auquel je n’avais pas beaucoup pensé jusqu’à présent. Je me sens tellement heureuse de ce que j’ai réalisé comme joueuse que cela me laisse en paix avec moi-même pour faire d’autres choses».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Martina Hingis, dans la souffrance contre la Française Sandrine Testud, a passé le premier tour du Masters féminin de tennis, qui a perdu mardi l’Américaine Serena Williams, celle que tout le monde craignait à New York depuis ses succès en septembre à l’US Open et en octobre à la Coupe du Grand Chelem. La cadette des sœurs Williams, grande révélation de la saison, qui pointe maintenant en quatrième place mondiale, a dû renoncer, quelques heures avant ses débuts dans l’épreuve de fin d’année du circuit WTA, en raison de douleurs dorsales s’étant déclenchées le matin même à l’entraînement. «Tout d’un coup je ne pouvais plus bouger, encore moins marcher ou courir, même la simple tâche de respirer devenait quasiment impossible», a raconté l’Américaine, qui à 18 ans n’avait encore rien connu de...