Sur tous les fuseaux horaires, de la Nouvelle-Zélande aux États-Unis, «cellules de crise» ou «tours de guet» se sont constituées pour faire face au passage des systèmes informatiques à l’an 2000 et informer le reste du monde d’éventuels incidents rencontrés. Au fur et à mesure du passage à l’an 2000 autour de la planète, les coordinateurs nationaux indiqueront sur un site Internet la situation et le degré de fonctionnement de chacun des secteurs critiques, a expliqué à Paris le coordinateur mondial anti-bogue, l’Américain Bruce McConnell. Des couleurs seront utilisées à cet effet allant du vert, pour un fonctionnement normal, c’est-à-dire tenant compte de pannes habituelles, au rouge, pour une capacité de fonctionnement fortement réduite, en passant par une situation intermédiaire, symbolisée par le jaune. Le Centre international de coopération pour l’an 2000 (IY2KCC), une organisation internationale regroupant sous l’égide de l’Onu 170 pays, et basée à Washington, acceptera les contributions envoyées par télécopie ou téléphone, ajoute, prévoyant, M. McConnell. L’énergie, les communications, les finances, les transports aériens, les services publics, l’eau, l’approvisionnement alimentaire feront chacun l’objet d’une évaluation. Pour la dernière ligne droite, deux essais ont été menés du 8 au 20 novembre et les 8 et 9 décembre, a précisé M. McConnell, lors d’une rencontre à Paris de responsables originaires de chaque continent. Des centres de coordination, baptisés selon les pays «cellule de crise» ou «tour de guet», se constituent. Le Centre national de coordination de Canberra recevra ainsi ce soir son premier appel de Nouvelle-Zélande. Puis deux heures plus à l’Ouest, suivra le Japon, fort des éventuelles informations obtenues d’Océanie. Le pays du Soleil Levant se prépare à apporter une assistance technique et financière aux pays en développement de la région Asie-Pacifique, a souligné son représentant, Kaoru Ishikawa, du ministère des Affaires étrangères. Missions d’information et d’urgence Un fonds de 5 millions de dollars sera prêt pour des missions d’information et d’urgence et, en cas de crise grave (panne électrique généralisée dans une grande ville), «nous fournirons une aide gigantesque», a-t-il affirmé, évoquant «plusieurs milliards de yens». Cette éventualité est encore au stade des discussions, a-t-il précisé. Au milieu, l’Arabie séoudite, venue représenter le Moyen-Orient, a précisé par la voix d’un membre de son comité bogue 2000, Mohammed Al-Suwaiyel, que ses infrastructures pétrolières ont effectué toutes les préparations exigées. La France va quant à elle créer «une tour de guet» qui fonctionnera à partir d’aujourd’hui jusqu’au 5 janvier, dans les locaux du ministère de l’Économie, des Finances et de l’Industrie, a annoncé son coordinateur national, Gérard Théry. À Washington, à quelques rues de la Maison-Blanche, l’ICC (Information Coordination Center) informera le président, le Congrès et le public. Une sorte de «bilan de santé» mondial sera établi au fur et à mesure du passage à l’an 2000. Un bref questionnaire sera notamment adressé aux ambassades américaines sur le fonctionnement de l’électricité, de l’eau courante et les possibles émeutes, a expliqué Stephen Malphrus de la Réserve fédérale. Les autorités sont préoccupées par l’éventuelle nécessité d’évacuer les ressortissants américains, a-t-il ajouté. Pour l’Amérique latine, le coordinateur régional, le Chilien Rodrigo Moraga, s’est montré un peu moins optimiste que ses homologues, évoquant les préoccupations politiques, élections par exemple, qui ont rendu difficile l’intégration du bogue dans les programmes politiques nationaux. «Si nous arrivons à fonctionner après le 31 décembre, nous aurons en quelque sorte atteint notre objectif», a-t-il conclu.
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