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Actualités - Chronologie

L'ex-président a fait les frais de la nouvelle politique africaine de Paris

Le président déposé de Côte d’Ivoire Henri Konan Bédié a fait les frais de la volonté affichée par la France de moins s’ingérer dans les affaires intérieures des pays d’Afrique, fussent-ils les piliers de son influence sur le continent. Le départ de M. Bédié dissipe aussi les inquiétudes des experts français qui craignaient que la Côte d’Ivoire ne plonge dans la guerre civile, au détriment des intérêts politiques et économiques que la France conserve dans son «pré carré» africain (Côte d’Ivoire, Gabon, Sénégal). S’il s’attendait à un soutien musclé de l’ancienne puissance coloniale, Henri Konan Bédié a dû déchanter. Il n’a eu droit qu’à un service minimum après sa destitution par le général Robert Gueï : protection, puis évacuation vers Lomé (Togo), avec tout de même la possibilité de s’établir en France, s’il le souhaite. «Ce qui vient de se passer illustre la nouvelle politique française en Afrique», a expliqué le ministre français de la coopération Charles Josselin. «Il n’est plus question de nous ingérer dans le débat de politique intérieure, il n’est pas question de maintenir contre la volonté populaire tel ou tel dirigeant», a-t-il précisé sur Radio France Internationale (RFI). Les 550 soldats français stationnés en périphérie d’Abidjan n’ont pas bougé lors du coup d’État, et le renforcement samedi dernier du dispositif militaire français avait pour unique but de garantir la sécurité des 20 000 ressortissants français en Côte d’Ivoire. «L’envoi de renforts a été mal compris par certains États africains et dans le monde anglo-saxon. Il n’a jamais été question d’intervenir dans les affaires ivoiriennes, mais bien d’assurer la sécurité des Français», insistait un diplomate français durant le week-end. La France avait été incapable, au cours des derniers mois, d’enrayer la dégradation de la situation politique en Côte d’Ivoire, provoquée par l’attitude du président Bédié à l’encontre de l’un de ses principaux opposants, l’ancien Premier ministre Alassane Ouattara. Les proches de M. Bédié déniaient à Alassane Ouattara la nationalité ivoirienne et le droit de briguer la présidence de la République à la prochaine élection prévue l’an prochain. Mais les mises en garde françaises sont restées timides, traduisant aussi les forts soutiens dont M. Bédié bénéficiait dans l’entourage du président gaulliste Jacques Chirac. À Paris, les responsables français paraissent soulagés que le coup de force du général Gueï n’ait pas engendré d’effusion de sang. Dès qu’il est apparu que les putschistes avaient le contrôle de la situation, les Français se sont employés à convaincre M. Bédié de ne pas lancer un illusoire appel à la résistance, susceptible de déclencher un cycle de violence. Charles Josselin a prévenu lundi dernier que l’attitude des autorités françaises vis-à-vis de la Côte d’Ivoire devait être interprétée comme «un signal» aux dirigeants africains «qui ne respectent pas les règles démocratiques». Bien qu’elle ait condamné le «coup de force», la France, premier bailleur de fonds de la Côte d’Ivoire, ne semble pas pressée de sanctionner le nouveau pouvoir, apparemment désireux de jouer le jeu de bonnes relations avec Paris.
Le président déposé de Côte d’Ivoire Henri Konan Bédié a fait les frais de la volonté affichée par la France de moins s’ingérer dans les affaires intérieures des pays d’Afrique, fussent-ils les piliers de son influence sur le continent. Le départ de M. Bédié dissipe aussi les inquiétudes des experts français qui craignaient que la Côte d’Ivoire ne plonge dans la guerre civile, au détriment des intérêts politiques et économiques que la France conserve dans son «pré carré» africain (Côte d’Ivoire, Gabon, Sénégal). S’il s’attendait à un soutien musclé de l’ancienne puissance coloniale, Henri Konan Bédié a dû déchanter. Il n’a eu droit qu’à un service minimum après sa destitution par le général Robert Gueï : protection, puis évacuation vers Lomé (Togo), avec tout de même la...