Il y a longtemps que, dans le firmament de la mode, ne s’est levée une étoile féminine. Coco Chanel, Nina Ricci, Madame Grès sont des noms qui attendent leur suite. Il est certes trop tôt encore pour consacrer ou opérer des sélections parmi les nombreuses créatrices actuelles. Mais le cas de Fred Sathal fait naître de grands espoirs. Comme costumière de théâtre et styliste de mode, elle s’est taillé déjà une place à part. Mieux encore, elle s’est construit une réputation dans deux registres connexes: la couture de ville et l’art du costume de scène. En mars 95, cette cavalière confirmée organise à Paris, dans un appartement prêté par un ami marseillais comme elle, sa première collection. Sa formation dans la profession s’est faite auprès de la costumière Geneviève Sevin-Doering qui assure le vestiaire théâtrale de l’Opéra de Marseille et du théâtre de la Criée de cette ville. Travaillant à côté d’une aussi grande technicienne du costume, dès l’âge de dix-sept ans, cette première collection est très proche du vêtement de scène. Fatalement. Mais l’apprentissage dans des foyers culturels et techniques, tels le théâtre de la Criée et l’Opéra de Marseille, réveille des vocations et structure les aptitudes. Fred Sathal s’initie aux techniques du travail de la teinture, domaine de prédilection de la créatrice, et se spécialise dans l’art de la nuance. Viennent ensuite la grande chance et le redoutable défi: on lui demande de préparer et de réaliser, en quatre mois, tous les costumes du spectacle Notre-Dame de Paris. Le résultat est éblouissant, surtout sur le plan de la couleur. Du vert pour Esmeralda, du rouge profond pour Quasimodo, du brun rouille pour les mendiants de la cour des miracles. Un véritable enchantement pour l’œil. Pour le coup, Fred Sathal est lancée dans le monde de la couture. À trente-deux ans, la créatrice accroche l’intérêt de clients américains qui lui achètent toute sa collection «ville» pour Bendel’s, la boutique de la 5e avenue de New York! Mais en France, l’ascension est loin d’être aussi rapide. Les financiers hésitent, les boutiques attendent. Un défilé projeté devra être annulé à la dernière minute. Mais qui veut, finit par gagner. Une bourse puis un défilé au Carousel du Louvre donnent le signal de la ruée sur les créations de la costumière-créatrice. Trois récompenses à des défilés internationaux, des présentations de ses modèles au Japon, une de ses créations déjà sélectionnées pour figurer dans les archives du musée de la mode et du costume, au Louvre. Comble de chance, en juin 99, le metteur en scène Gilles Mahen, poussé par ses interprètes, éblouis par les costumes de théâtre de Fred Sathal, lui confie la réalisation des 108 costumes du prochain spectacle de Luc Plamondon et Richard Cocciante, projeté pour l’actuelle rentrée parisienne.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Il y a longtemps que, dans le firmament de la mode, ne s’est levée une étoile féminine. Coco Chanel, Nina Ricci, Madame Grès sont des noms qui attendent leur suite. Il est certes trop tôt encore pour consacrer ou opérer des sélections parmi les nombreuses créatrices actuelles. Mais le cas de Fred Sathal fait naître de grands espoirs. Comme costumière de théâtre et styliste de mode, elle s’est taillé déjà une place à part. Mieux encore, elle s’est construit une réputation dans deux registres connexes: la couture de ville et l’art du costume de scène. En mars 95, cette cavalière confirmée organise à Paris, dans un appartement prêté par un ami marseillais comme elle, sa première collection. Sa formation dans la profession s’est faite auprès de la costumière Geneviève Sevin-Doering qui assure le vestiaire...