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Actualités - Chronologie

Washington veut rassurer la communauté musulmane US

Les autorités et les associations musulmanes américaines veulent éviter que les mises en garde contre des attaques terroristes pendant la période des fêtes ne se retournent contre la communauté musulmane. La mise en cause du milliardaire fondamentaliste Oussama ben Laden, les récentes arrestations de suspects en Jordanie ou encore l’arrestation d’un Algérien à Seattle font craindre un risque d’amalgame. «Il y a un milliard et demi de musulmans dans le monde. Comment peut-on appliquer un stéréotype à un quart de la population du globe?» avait déclaré mardi soir le secrétaire d’État Madeleine Albright en recevant des représentants de la communauté musulmane américaine. Afin de marquer de manière hautement symbolique cette rencontre, Mme Albright avait décidé qu’elle se tienne dans le cadre d’un «iftar», le repas qui marque la rupture du jeûne musulman du Ramadan après le coucher du soleil. Ce dîner était le deuxième du genre à se tenir au département d’État. Un premier «iftar» avait réuni l’an dernier Mme Albright et le président de l’Autorité palestinienne Yasser Arafat. La communauté musulmane américaine compte quelque six millions de personnes, sur une population totale de 260 millions d’habitants. Mme Albright a multiplié les marques d’égards envers cette communauté, encourageant notamment les jeunes musulmans américains à rejoindre l’appareil diplomatique du pays. «Nous recrutons fortement, mais les femmes et les minorités, y compris les musulmans, sont sous-représentés. Nous voulons et devons faire mieux», a-t-elle affirmé. Le département d’État a également affirmé que cette rencontre n’était pas liée aux menaces terroristes, qui n’ont pas été abordées directement, et que les sujets discutés concernaient aussi bien l’Irak que la Tchétchénie ou le processus de paix au Proche-Orient. Ce dîner «fait partie de la politique de Mme Albright visant à expliquer la politique étrangère américaine au peuple américain», soulignait jeudi un responsable du ministère sous couvert de l’anonymat. «Il n’y a absolument aucune relation entre islam et terrorisme dans nos considérations, nos évaluations, nos préparatifs», a-t-il assuré, en soulignant par exemple que la dernière menace terroriste visant les États-Unis venait d’Allemagne. Le département d’État affirme également que ses mises en garde contre une menace terroriste concernent «le monde entier», sans mentionner de pays ou de lieu particulier, et prend soin de rappeler qu’Oussama ben Laden n’a pas le triste monopole du terrorisme. La communauté musulmane américaine est elle aussi inquiète de voir la psychose de l’attentat dériver vers un amalgame islam/terrorisme. «Il doit y avoir un équilibre dans ce qui est nécessaire pour la sécurité, afin de ne pas tomber dans la chasse aux sorcières», estime Ibrahim Hooper, porte-parole du Conseil sur les relations islam-Amérique (CAIR). Le Centre islamique de Long Island, à New York, a lui aussi publié un communiqué «condamnant sans équivoque tout type de terrorisme, venant de l’intérieur ou de l’étranger». L’association appelle les autorités du pays et la presse à «être très prudentes et à faire une distinction entre l’islam, qui est une religion de paix, et le comportement violent d’individus qui peuvent avoir des noms arabes ou musulmans».
Les autorités et les associations musulmanes américaines veulent éviter que les mises en garde contre des attaques terroristes pendant la période des fêtes ne se retournent contre la communauté musulmane. La mise en cause du milliardaire fondamentaliste Oussama ben Laden, les récentes arrestations de suspects en Jordanie ou encore l’arrestation d’un Algérien à Seattle font craindre un risque d’amalgame. «Il y a un milliard et demi de musulmans dans le monde. Comment peut-on appliquer un stéréotype à un quart de la population du globe?» avait déclaré mardi soir le secrétaire d’État Madeleine Albright en recevant des représentants de la communauté musulmane américaine. Afin de marquer de manière hautement symbolique cette rencontre, Mme Albright avait décidé qu’elle se tienne dans le cadre d’un...