L’histoire d’amour entre l’homme et la perle est séculaire et ne cesse de se perpétuer, au grand bonheur de nos yeux émerveillés. Cependant, l’engouement actuel pour les perles des femmes dans le monde, et au Liban en particulier, est étonnant et s’explique par plusieurs facteurs. Sachons tout d’abord que la perle de culture est une perle naturelle, en ce sens qu’elle naît dans le corps d’un animal et qu’elle est l’aboutissement d’un processus naturel même si celui-ci, au départ, a été déclenché par la main humaine. La greffe engendre la perle, mais sans la matrice de l’huître perlière, le nucléus resterait sans beauté et sans valeur. C’est de la coopération entre l’homme, l’animal et le minéral que naît la perle de culture. Gérard Tufenkjian affirme: «Les perles ont la cote au Liban actuellement, notamment les perles blanches. En général, leur prix est 30% plus élevé que le prix des perles noires et de couleur». Pourquoi? Pour plusieurs raisons expliquées ci-dessous. Les huîtres perlières Il existe différentes espèces d’huîtres perlières, dont les principales sont: – Pinctada maculata: 8 à 9 cm de diamètre. – Pinctada margaritifera ou Cumingi ou nacre à perles noires: 14 à 15 cm de diamètre. Ces espèces sont très communes en Polynésie et surtout aux Tuamotu et aux Gambiers. La Pinctada margaritifera se trouve également dans le golfe du Mexique, à Panama, dans les îles Cook, aux Samoa, Tonga Fidji, en Nouvelle-Calédonie, aux Philippines, en Chine et au Japon. Elle est à l’origine des perles des mers du Sud (groupe foncé). Les couleurs dominantes sont le noir, le gris, le vert, le jaune, le brun, le paon, le tilleul, l’aubergine, rarement le blanc. Les formes les plus courantes sont: ronde, semi-ronde, baroque, bouton, poire, cerclée. Le temps de culture moyen est de 18 mois. – Pinctada maxima: de 25 à 35 cm de diamètre qui est présente principalement en Australie, en Indonésie, aux Philippines et en Birmanie. Elle est à l’origine des perles des mers du Sud (groupe clair). La couleur dominante est le blanc (reflets argent, rosé et doré) et les formes: ronde, semi-ronde, baroque, bouton, poire, cerclée. Le temps de culture moyen est compris entre 18 et 24 mois. – Pinctada fucata ou Akoya: 10 à 11 cm. C’est l’espèce la plus importante du Japon qui fournit des perles renommées dans le monde entier. La couleur dominante est le blanc crème (reflets rosés ou verts) et les formes sont ronde, semi-ronde et baroque. Le temps de culture moyen est compris entre 12 et 24 mois. – Hyriopsis schlegeli ou Ikechyo: 6 à 7 cm. On la trouve en Chine et au Japon. Cette nacre d’eau douce produit de petites perles appelées Biwa du nom du principal lac japonais où elles sont cultivées. Depuis 1946, la greffe de ces perles s’effectue sans nucléus, à l’aide d’un simple petit morceau d’épithélium du manteau. La couleur dominante est le blanc, crème, violine et l’orange; et on peut la trouver de toutes les formes: ronde, semi-ronde, baroque, bouton, poire, bâtonnet, croix. Le temps de culture moyen prend entre 1 et 5 ans suivant la dimension. Le choix d’une perle Une belle perle est avant tout celle qui plaît à la personne qui l’offre ou qui la porte. Savoir l’apprécier à sa juste valeur est une tâche difficile reposant sur des critères objectifs et subjectifs. Les critères objectifs sont la rareté, la forme, le diamètre et la qualité. La rareté est primordiale, étant donné qu’il faut 2 à 3 ans, de nombreux techniciens et plus de 100 huîtres cultivées, brossées, nettoyées, greffées avant d’obtenir une belle perle. La forme, ensuite, respecte certains critères: les perles rondes (RD), où les variations du diamètre de la perle n’excèdent pas 2%; les semi-rondes (SR), où ces variations n’excèdent pas 5%; les semi-baroques (SB) qui comprennent aussi les Drop (PR/BT) (poire, goutte), l’ovale (PR/BT), et le bouton (PR/BT); et les semi-baroques proprement dites. Nous avons également les perles cerclées (CL), ayant plus de 3 cercles sur plus de 1/3 de la surface, et les perles baroques (BQ) ayant une forme irrégulière sans axe de symétrie. Concernant le diamètre, le classement se fait par 0,5 mm; par exemple une taille 10 = 10,00 mm à 10,49 mm. Quant à la qualité, elle est divisée en 5 catégories : A– Une ou quelques imperfections groupées sur moins de 5% de la surface. Lustre: beau. B– Quelques imperfections visibles sur moins de 30 % de la surface. Lustre: beau. C– Imperfections visibles sur moins de 60% de la surface. Lustre: moyen. D– Nombreuses imperfections, sans considération de lustre. Rebuts: ces perles sont comptabilisées à part et correspondent à des perles non recouvertes sur plus de 80% de leur surface par des couches perlières en continu. La beauté d’une perle provient de la combinaison de l’orient, du lustre et de la couleur. Ces trois critères sont subjectifs. L’orient d’une perle de culture résulte de la décomposition de la lumière à travers des cristaux d’aragonite. Ce phénomène donne à l’observateur l’impression de regarder une boule rayonnante dont les contours seraient diaphanes. On se voit dans une belle perle comme dans un miroir. Il ne faut pas confondre l’orient, phénomène de lumière jouant en profondeur dans la matière, avec le lustre qui est la réflexion de la lumière à sa surface. La couleur, enfin, dépend de plusieurs facteurs: l’espèce de l’huître, l’environnement naturel, le choix du greffon et bien sûr le hasard. La plupart des huîtres perlières produisent des perles blanches. Seule la Pinctada margaritifera engendre des perles de culture couvrant un large spectre de couleurs. La couleur d’une perle varie aussi en fonction de la présence dans l’eau de sels minéraux, du degré de salinité, de la teneur en plancton et de la température de l’eau. Il existe un outil qui permet d’apprécier efficacement et rapidement une perle, appelé le pentagramme de sélection. La perle de Tahiti La perle noire est aujourd’hui le plus beau des symboles de Tahiti et de ses îles. Renommée depuis le XIXe siècle, la perle de Tahiti est, pendant longtemps, le joyau des parures royales. Plus connue sous le nom de «Perle Noire», elle naît de la Pinctada margaritifera, l’huître perlière à lèvres noires. Fixée sur les coraux des lagons de la Polynésie française, la nature délicate de cette huître rend sa culture difficile et possible uniquement dans un petit nombre d’atolls, d’où la rareté de la «Perle Noire». Officiellement reconnue par le Gemmological Institute of America (GIA) pour sa couleur naturelle grise à noire, et par la Confédération internationale de la bijouterie, joaillerie et orfèvrerie (CIBJO) pour l’appellation «perle de culture de Tahiti», la reine des perles s’accorde merveilleusement avec les matières et les pierres les plus précieuses. C’est dans ce cadre que Karim Hakim explique l’«amour des perles» qui a toujours existé, mais qui est plus accentué de nos jours: «Les femmes apprécient l’effet de mélange entre les perles et l’or blanc». En effet, les perles se marient parfaitement aux montures en or blanc mélangé de diamants.
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