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Actualités - Chronologie

Psychopédagogie L'enfant n'est pas une (grande) personne (photos)

Grâce à la psychologie moderne, aux travaux de Donald Winnicott et la croisade de Françoise Dolto, les enfants sont pris en compte. Leurs besoins, leurs préférences, leurs indignations sont écoutés, discutés. Aujourd’hui, en effet, l’enfant est une personne. Chose inimaginable avant la Seconde Guerre mondiale. Mais du coup, insidieusement, comme par un lent glissement, on en vient à le traiter et d’exiger de lui de se comporter en «grande personne». On a pris l’habitude de demander son opinion sur des questions qui dépassent son entendement et le projettent, inopinément et précocement, à l’âge adulte: changer d’école, avoir ou non un petit frère ou une petite sœur, vivre avec papa ou maman en cas de divorce. Béatrice Copper-Royer, spécialiste en psychopédagogie, dans son ouvrage Vos enfants ne sont pas de grandes personnes (Éd. Albin Michel), forte de son expérience professionnelle, dénonce ce qu’elle appelle «cette dérive». Pour elle, il s’agit d’une «accélération dangereuse» qui n’est profitable à personne car elle ne va pas sans souffrances ni sans frustrations autant pour les parents que pour les principaux intéressés. À mêler les enfants, dès leur plus jeune âge, aux problèmes et aux vicissitudes de la vie des adultes n’est-il pas leur raccourcir le temps privilégié de l’enfance? À vouloir trop bien faire, ne serait-ce pas imposer aux enfants, en les associant directement à des problèmes d’adultes, des dépassements et des abnégations qui ne sont point de leur âge? Pour la psychologue Béatrice Copper Royer, c’est la peur de ne pas bien faire qui est à la base de ces nouvelles tendances. La maîtrise de la fécondation permettant un nombre restreint d’enfants, le couple s’efforce de leur accorder toutes les chances de réussite qui sont, après tout, leur dû... L’époque actuelle, en faisant le procès des générations passées à la lumière des connaissances actuelles, devient culpabilisante. En s’efforcant de donner aux enfants toutes les chances, dont les temps passés les privaient, on tombe, de bonne foi, dans des erreurs ou des excès qui ne sont pas moins néfastes que les faux pas éducatifs d’autrefois. Il en est ainsi de la fragilisation du lien paternel. L’autorité du père n’est plus celle qu’exercée des siècles durant. L’image du père et son rôle ne sont plus les repères qu’ils furent. Le syndrome des parents-copains abolit distances et différences. Le divorce contribue de son côté à passer à côté du rôle psychique essentiel qui est celui du géniteur. Sans parler des pères suroccupés, avalés par leur travail ou ceux qui, pour arracher le petit d’une relation trop exclusive avec la mère, jouent à fond la carte de la séduction. Attitudes aussi déplorables l’une que l’autre. Le père qui ne voit son enfant qu’à intervalles fixes, et partiellement durant les vacances, se montre fatalement moins rigoureux que le père-chef de famille d’antan. Cela ne veut pas dire, précise Béatrice Copper-Royer, qu’il faille revenir à l’autoritarisme, ses règles arbitraires et son absence de dialogue. L’histoire nous renseigne sur les ravages, les haines et les naufrages qu’il a occasionné. Mais on ne peut nier qu’une autorité éclairée et une éducation cohérente posent des limites. On n’a pas à devancer sans arrêt désirs et demandes car la personnalité de l’enfant, si gâté soit-il, se construira fatalement sur des frustrations et des manques. Lui intégrer des règles simples c’est lui indiquer des frontières et lui apprendre à ne pas transgresser ordres et lois... Prendre les enfants pour plus grands qu’ils ne sont Dans les familles séparées, plus qu’ailleurs, on a la tentation de prendre les enfants pour des adultes ou pour plus grands qu’ils ne le sont. Or, d’après cette spécialiste, ces enfants hypermatures, dotés d’une étrange gravité, «passeront leur vie à courir derrière leur enfance non vécue». Faire d’un enfant de 10-12 ans l’interlocuteur ou le témoin des moments pénibles, d’ennuis matériels, le responsabiliser ainsi à outrance, c’est lui faire endosser angoisses et interrogations, fardeau trop encombrant pour ses épaules. C’est le marquer à vie. D’où l’intérêt d’une prise de conscience point trop tardive. Ce qui ne veut pas dire le déni des conflits. On ne peut faire l’économie des problèmes que les enfants perçoivent, semble-t-il, dès trois ans. Pour Béatrice Copper-Royer, le plus beau cadeau que les parents d’aujourd’hui puissent faire à leurs enfants c’est d’accepter d’être contestés sans déprimer pour autant. Garder aussi confiance dans l’avenir qui attend leurs enfants même si ceux-ci se refusent à emprunter les chemins tracés. La famille ne doit jamais cesser d’être le cocon protecteur dans ce monde où agressions, tensions et problèmes guettent l’individu dès son plus jeune âge...
Grâce à la psychologie moderne, aux travaux de Donald Winnicott et la croisade de Françoise Dolto, les enfants sont pris en compte. Leurs besoins, leurs préférences, leurs indignations sont écoutés, discutés. Aujourd’hui, en effet, l’enfant est une personne. Chose inimaginable avant la Seconde Guerre mondiale. Mais du coup, insidieusement, comme par un lent glissement, on en vient à le traiter et d’exiger de lui de se comporter en «grande personne». On a pris l’habitude de demander son opinion sur des questions qui dépassent son entendement et le projettent, inopinément et précocement, à l’âge adulte: changer d’école, avoir ou non un petit frère ou une petite sœur, vivre avec papa ou maman en cas de divorce. Béatrice Copper-Royer, spécialiste en psychopédagogie, dans son ouvrage Vos enfants ne sont pas...