En 1825, M. Joël Poinsett avait été nommé par le président John Quincy Adams ambassadeur des États-Unis au Mexique. Il était le premier représentant américain dans ce pays. Sa mission : convaincre le gouvernement mexicain de vendre aux États-Unis la province du Texas. Mission impossible pour M. Poinsett puisque ce n’est qu’en 1845 que le Texas a fait partie de la bannière étoilée. Cependant, Joël Poinsett a réussi un autre exploit. Botaniste à ses heures perdues, il sillonnait le Mexique à la recherche de nouvelles espèces. En 1828, il avait trouvé, sur les collines de Taxco, un très bel arbrisseau ayant de grandes fleurs rouges, poussant au bord de la route. Il en avait coupé quelques plants et les avait ramenés dans sa serre de la Caroline du Sud où il les avait cultivés avec succès. Bien qu’ayant eu une brillante carrière de diplomate et de congressman sa gloire et sa renommée restent attachées à la fleur mexicaine qu’il a introduite dans son pays. Lui-même avait, auparavant, fait connaître l’orme américain aux Mexicains. Une fleur originaire du Mexique Retour donc aux États-Unis, il distribue plusieurs plants à divers jardins botaniques et à des amis horticulteurs. L’un d’entre eux, John Bartram de Philadelphie, en fournit à un propriétaire de serre, Robert Buis qui vend les fleurs sous le nom d’«Euphorbia poinsettia». Le nom botanique avait déjà été donné, en 1833, par un allemand, Wilenow qui avait opté pour «Euphorbia Pulcherima» (ou très belle). Mais elle restera mondialement connue sous le nom de l’ambassadeur – botaniste qui l’a ramenée de son Mexique natal et qui l’a fait éclore aux États-Unis. Dans les années 1900, une famille américaine, nommée Ecke, s’était passionnée pour les poinsettias qu’elle avait plantées dans son jardin. Cette famille devait devenir le premier producteur de cette fleur aux États-Unis. Mais la culture des poinsettias remonte très loin dans le temps, plus précisément à l’époque des Aztèques. Elles étaient notamment très prisées par les rois Netzhualcyot et Montezuma. On raconte que ce dernier se faisait livrer dans qui est aujourd’hui Mexico City, des caravanes entières de poinsettias parce que ces fleurs ne poussaient pas en haute altitude. Les Aztèques les appelaient «Cuetlaxochite». Du 14e au 16e siècle, leur sève était utilisée pour guérir la fièvre et leur bourgeon pour maquiller l’œil en rouge. La première connotation religieuse des poinsettias remonte au XVIIe siècle quand des prêtres franciscains, établis près de Taxco (Mexique), ont commencé à les utiliser durant la procession de Noël, à cause de leur bel éclat. Au Pérou et au Chili on appelle les poinsettias «La couronne des Andes» et au Mexique «Flores de Noce Puna» (fleurs de la sainte nuit). Une légende est rattachée à cette dénomination : Pépita, une petite fille d’une famille démunie, est tout triste la veille de Noël parce qu’elle n’a rien à offrir à l’Enfant Jésus qu’elle va visiter à l’église. Elle préfère donc ne pas y aller. Son cousin Pedro lui dit : «Je suis sûr, Pépita, que le plus humble cadeau offert avec amour paraîtra grand à ses yeux». Chemin faisant, la petite fille se penche à terre et ramasse une poignée d’herbes dont elle fait un bouquet. Elle est encore plus attristée en voyant la modestie de son cadeau. Elle retient ses larmes et entre dans l’église du village. En approchant près de l’autel, elle se rappelle les mots de son cousin. Elle s’agenouille et dépose son présent avec amour devant la crèche. Soudain le bouquet d’herbes s’épanouit en fleurs rouges éclatantes. À cause de ce miracle de Noël, on a baptisé les poinsettias «fleurs de la nuit sainte», car elles fleurissent durant la saison de Noël.
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