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Actualités - Reportages

La violence urbaine, fléau persistant de la société américaine

Malgré une baisse ces dernières années, la criminalité urbaine aux États-Unis s’inscrit en forte hausse par rapport à la fin des années 60, une violence endémique qui résulte de la persistance de fortes inégalités sociales, selon les conclusions d’un rapport de la fondation Milton S. Eisenhower. Le taux de crimes violents (meurtre, viol, braquages et agressions) a ainsi augmenté de 40 % entre 1969 et 1998, passant de 860 pour 100 000 habitants à 1 218 pour 100 000. La société américaine conserve un taux d’homicide cinq à sept fois plus élevé que le reste du monde industrialisé, avec 7,4 meurtres pour 100 000 habitants. Le taux de mortalité par homicide des jeunes adultes aux États-Unis est ainsi aujourd’hui 23 fois plus élevé qu’en Grande-Bretagne. Le rapport met également en exergue le taux élevé d’homicides par armes à feu, qui restent une spécificité de la société américaine. Les auteurs constatent que ce type de violence reste «bien plus élevé que dans la plupart des autres pays industrialisés». Les armes à feu ont tué 9 390 personnes aux États-Unis en 1995 mais seulement 213 en Allemagne, 106 au Canada, 30 en Grande-Bretagne, 15 au Japon et 2 en Nouvelle-Zélande. La hausse ne concerne pas seulement la violence réelle mais également la violence perçue. En 1967, 31% des personnes interrogées indiquaient avoir peur de marcher seules à la nuit tombée autour de chez eux. En 1998, ils étaient 41%. Cette étude met un bémol aux déclarations triomphantes de l’administration Clinton sur le recul de la criminalité. En effet, affirment ses auteurs, la baisse constatée ces dernières années, c’est-à-dire depuis 1993 avec la fin de l’épidémie de crack (dérivé de la cocaïne) et le retour de la croissance économique, est trompeuse car elle n’est fondée que sur une comparaison à court terme avec le pic de criminalité observé dans les années 80 et le début des années 90. Pour ses travaux, la fondation est partie d’un rapport publié en 1969 par la «Commission sur la violence nationale» établie par le président Lyndon Johnson. Celle-ci avait notamment dressé un portrait apocalyptique de la ville du futur, avec «des classes aisées qui fuient pour aller dans des communautés résidentielles protégées ou des banlieues lointaines (...) reliées par des couloirs sûrs à des immeubles de bureaux hautement protégés dans des quartiers d’affaires en centre-ville, désertés à la nuit tombée». «Ces couloirs (...) contourneront des ghettos ou des bidonvilles, des endroits où règnent la terreur et le crime généralisé», poursuivait la commission. Trente ans plus tard, le rapport de la fondation Eisenhower estime que la hausse continue de la criminalité révèle surtout l’échec d’une politique de criminalisation à outrance. «La commission avait déjà compris en 1969 qu’une violence profondément ancrée et répandue dans une société inégale et fortement fragmentée ne pouvait pas être endiguée de façon fiable par les seules politiques de criminalisation judiciaire, même les plus extrêmes». Rappelant que près d’un enfant sur quatre vit dans la pauvreté et que les États-Unis sont le pays le plus inégalitaire du monde industrialisé, les auteurs du rapport concluent que «l’échec de l’Amérique à endiguer la violence endémique (...) sur le long terme s’accompagne de son échec à établir la justice sociale».
Malgré une baisse ces dernières années, la criminalité urbaine aux États-Unis s’inscrit en forte hausse par rapport à la fin des années 60, une violence endémique qui résulte de la persistance de fortes inégalités sociales, selon les conclusions d’un rapport de la fondation Milton S. Eisenhower. Le taux de crimes violents (meurtre, viol, braquages et agressions) a ainsi augmenté de 40 % entre 1969 et 1998, passant de 860 pour 100 000 habitants à 1 218 pour 100 000. La société américaine conserve un taux d’homicide cinq à sept fois plus élevé que le reste du monde industrialisé, avec 7,4 meurtres pour 100 000 habitants. Le taux de mortalité par homicide des jeunes adultes aux États-Unis est ainsi aujourd’hui 23 fois plus élevé qu’en Grande-Bretagne. Le rapport met également en exergue le taux élevé...