La science et les expertises génétiques relancent l’espoir d’élucider le meurtre du petit Grégory qui, 15 ans après les faits, reste l’un des grands mystères criminels de l’après-guerre en France et un symbole des errements de la presse et de la justice. Avec prudence, des avocats de la famille du petit Grégory Villemin ont demandé cette semaine une réouverture de l’enquête, et l’utilisation des techniques génétiques. Ils souhaitent que soit analysé l’ADN dans la salive qui a servi à coller le timbre sur une des lettres du «corbeau» qui harcelait les parents de Grégory. «J’espère que tu mourras de chagrin, le chef. Voilà ma vengeance, pauvre con», disait la lettre anonyme le lendemain du meurtre au domicile des parents de Grégory, Christine et Jean-Marie Villemin. La veille, le 16 octobre 1984, était retrouvé le corps de Grégory, 4 ans. Entravé par des cordelettes, l’enfant avait été jeté dans la rivière Vologne, dans les Vosges, département gris et enclavé de l’Est de la France, économiquement sinistré par les faillites successives des entreprises textiles. Enquête cafouilleuse, violations répétées du secret de l’instruction, guerre des polices, méthodes journalistiques plus que douteuses, l’affaire allait entraîner les incarcérations successives du cousin de la famille Bernard Laroche, du père de l’enfant et de sa mère. Celle-ci, Christine Villemin, sera finalement innocentée huit ans après son inculpation. Mais les passions se seront déchaînées sur cette jeune femme. La France des années 1980, comme les médias qui seront rares à ne pas prendre partie, se partagera entre les partisans et les détracteurs de Christine. Thierry Moser, l’un des avocats les plus proches de Christine Villemin, est aujourd’hui extrêmement circonspect sur ces nouveaux développements. «Christine et Jean-Marie Villemin ont suffisamment souffert de ce drame épouvantable», a-t-il souligné. «Ils ont pu reconstruire leur existence pendant toutes ces années dans la tranquillité, la discrétion et la dignité. Il ne s’agit pas maintenant de leur rendre la vie impossible si on n’a pas un espoir sérieux d’avancer», a-t-il estimé. Christine et Jean-Marie Villemin sont aujourd’hui installés en région parisienne, loin des Vosges et de la vallée de la Vologne. La demande de réouverture de l’enquête est qualifiée par les avocats de la famille de «démarche de la dernière chance». La technique d’analyse génétique, mise au point par les Britanniques, n’est exploitée en France que depuis le début des années 1990. Les enquêteurs successifs n’ont jamais réussi à découvrir le «corbeau» qui les mènerait presqu’à coup sûr au meurtrier de Grégory. Ils ont tenté en vain de démêler l’écheveau des relations familiales des Villemin, de faire resurgir les vieilles rancunes et les jalousies enfouies qui auraient pu expliquer le meurtre de cet enfant aux boucles brunes, apparemment aimé et choyé par ses parents.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La science et les expertises génétiques relancent l’espoir d’élucider le meurtre du petit Grégory qui, 15 ans après les faits, reste l’un des grands mystères criminels de l’après-guerre en France et un symbole des errements de la presse et de la justice. Avec prudence, des avocats de la famille du petit Grégory Villemin ont demandé cette semaine une réouverture de l’enquête, et l’utilisation des techniques génétiques. Ils souhaitent que soit analysé l’ADN dans la salive qui a servi à coller le timbre sur une des lettres du «corbeau» qui harcelait les parents de Grégory. «J’espère que tu mourras de chagrin, le chef. Voilà ma vengeance, pauvre con», disait la lettre anonyme le lendemain du meurtre au domicile des parents de Grégory, Christine et Jean-Marie Villemin. La veille, le 16 octobre 1984,...