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Actualités - Chronologie

Tennis - Coupe Davis Philippoussis, le grand enfant devenu un grand champion

L’Australien Mark Philippoussis, 19e au classement ATP, a enfin confirmé son étoffe de grand champion, en apportant en grande partie, par deux victoires incontestables, la Coupe Davis à son pays. Son talent a pourtant mis du temps à éclore. «Je suis un grand enfant. Certains mûrissent plus vite que d’autres. Je suis à maturation lente», expliquait Philippoussis après sa victoire en mars à Indian Wells. De l’avis du capitaine australien John Newcombe, sa performance en finale de la Coupe Davis est un déclic : «Dans dix ans, il repensera à cette finale et se dira : “C’est là que j’ai commencé à gagner des tournois du grand chelem”». À 23 ans, celui qui a plusieurs fois décliné des sélections acquiesce : «C’est le véritable début de ma carrière». Cela fait presque quatre ans que tous les observateurs l’attendent au sommet. À Melbourne, en janvier 1996, il marque les esprits en sortant en trois sets le n°1 mondial, Pete Sampras, alors au sommet de son art. De la trentaine d’aces qu’il inflige à l’Américain, il gardera le surnom de «Scud» auprès du public australien. La suite donne lieu à des hauts (une finale de l’US Open et un quart de finale à Wimbledon en 1998) et beaucoup de bas. En 1998, une série de défaites lui avait même fait envisager une pause. En 1999, après avoir gagné Indian Wells, il fait partie des favoris pour Wimbledon. Mais, alors qu’il a pris à Pete Sampras le premier set concédé par ce dernier dans la compétition, il doit abandonner sur blessure. Rapports tumultueux avec Newcombe Individualiste, formé hors du système fédéral australien, il entretient des relations difficiles avec la sélection et agace le public et Newcombe. Il prétexte une blessure imaginaire pour décliner une sélection en septembre 1996. En décembre 1997, il refuse d’aller au Zimbabwe, où l’équipe perd, avant d’accuser Newcombe et l’entraîneur Tony Roche de favoriser Patrick Rafter. En 1991, une compétition juniors avec la sélection s’était déjà mal déroulée. Son père, Nick arrivé en Australie en 1973, avait alors démissionné d’un poste d’employé de banque pour devenir taxi, afin de prendre en main la carrière de son fils. Le duo Philippoussis usera alors des entraîneurs de renom, en commençant par MacNamara, poursuivant par Bollitiéri pour finir par Roche. L’arrivée de Gavin Hopper et de Pat Cash a permis d’arrondir les angles de la personnalité de Mark. À tel point que Newcombe, qui avait envisagé de le radier de la sélection, le couve désormais d’un regard affectueux. Philippoussis se découvre des valeurs qui semblaient étrangères à son égoïsme : «Je suis heureux d’appartenir à cette grande équipe, de porter haut le drapeau. Je n’échangerais en aucun cas cette victoire contre Wimbledon», assurait-il, aux anges, après la victoire sur la France. «J’ai dit des choses qui étaient fausses, d’autres exactes. J’ai appris de mes erreurs», ajoutait-il. Après la balle de match, Newcombe et Philippoussis sont tombés dans les bras l’un de l’autre : «On s’est dit beaucoup de mercis», confesse Philippoussis. L’Australie prévoit des défilés pour ses champions Les tout nouveaux gagnants de la Coupe Davis seront honorés par une série de défilés dans les rues des principales villes australiennes, rapporte lundi la presse nationale. Comme ce fut le cas pour les champions du monde de rugby, de cricket et de net-ball, des rassemblements sont prévus à Melbourne, Sydney, Adelaïde et Brisbane, révèle le magazine Tennis Australia. Grâce à leur victoire 3 à 2 contre la France en finale, les tennismen australiens ont remporté le 27e saladier d’argent de leur histoire. Le Daily Telegraph n’a pas hésité à publier sur sa une de lundi un immense titre. «Notre coupe», proclame le journal de Sydney. Le match de la victoire entre Mark Philipoussis et Cédric Pioline a été retransmis en direct par presque toutes les télévisions et le succès de l’équipe nationale a dominé les grands titres de l’actualité lundi. Philipoussis, joueur honni l’année dernière après son refus de jouer pour l’équipe nationale en raison d’un différend avec l’entraîneur de l’époque, est porté aux nues lundi. «Il a été à la hauteur de ses responsabilités, il a fait preuve d’une exceptionnelle maturité et a offert à l’Australie l’un de ses plus beaux moments de tennis», estime le quotidien. Le Premier ministre australien, John Howard, a même interrompu une session parlementaire pour féliciter les hommes de Newcombe. Guy Forget : « Je peux m’améliorer » «Je peux m’améliorer en tant que capitaine», a déclaré Guy Forget après la défaite de la France face à l’Australie, 3 à 2, en finale de la Coupe Davis, à Nice (sud-est). Admettant qu’il aurait sans doute pu être un peu plus persuasif, il s’est dit prêt à administrer un électrochoc à ses joueurs si nécessaire. «Mais je n’avais aucune raison d’insulter Olivier Delaître et Fabrice Santoro quand les “Woodies” ont commencé à prendre le dessus», a-t-il estimé en commentant le double au cours duquel son homologue australien John Newcombe avait secoué les puces de ses joueurs pour les sortir de leur léthargie au milieu de la partie. Au mois d’avril, Forget avait reconnu avoir fait une erreur en faisant jouer deux simples et le double, qui se soldèrent par autant de défaites, à Nathalie Tauziat dans le match Russie - France du premier tour perdu de la Fed Cup, à Moscou. Il s’était peut-être alors agi pour lui de compenser la frustration éprouvée par Tauziat, assez vindicative, quand Yannick Noah ne l’avait retenue que pour le double, lors de la finale gagnée 3 à 2 par la France contre les Pays-Bas, en 1997. On ne manquera pas désormais de disserter sur les raisons qui auraient rendu préférable la sélection de Nicolas Escudé à la place de Sébastien Grosjean. Sous le souci de ne pas rompre la dynamique d’un groupe qui avait bien fonctionné jusque-là, se dissimulait probablement le désir de ne pas faire de peine au gentil garçon qu’est effectivement Grosjean. Cela aurait pu lui faire beaucoup de mal si la correction essuyée face à Philippoussis s’était répétée face à un Hewitt encore mobilisé. En tout cas, les observateurs avertis concordaient dimanche sur ce point : Noah, lui, aurait pris le pari de sélectionner Escudé.
L’Australien Mark Philippoussis, 19e au classement ATP, a enfin confirmé son étoffe de grand champion, en apportant en grande partie, par deux victoires incontestables, la Coupe Davis à son pays. Son talent a pourtant mis du temps à éclore. «Je suis un grand enfant. Certains mûrissent plus vite que d’autres. Je suis à maturation lente», expliquait Philippoussis après sa victoire en mars à Indian Wells. De l’avis du capitaine australien John Newcombe, sa performance en finale de la Coupe Davis est un déclic : «Dans dix ans, il repensera à cette finale et se dira : “C’est là que j’ai commencé à gagner des tournois du grand chelem”». À 23 ans, celui qui a plusieurs fois décliné des sélections acquiesce : «C’est le véritable début de ma carrière». Cela fait presque quatre ans que tous les...