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Actualités - Chronologie

Les complices de Abdollah Nouri vont être jugés par un tribunal religieux

Le tribunal clérical iranien a évoqué hier la possibilité d’un recours en appel pour le dirigeant réformateur Abdollah Nouri, condamné à 5 ans de prison, relançant les spéculations sur une affaire qui domine la vie politique en Iran à l’approche du scrutin de février 2000. Des journalistes «complices» de M. Nouri seront en outre poursuivis dans cette affaire qui «reste ouverte», a déclaré à la presse le président du Tribunal religieux spécial (TRS, pro-conservateur), l’hodjatoleslam Mohseni Ejeï. L’annonce de poursuites contre des journalistes crée un imbroglio juridique, les laïcs ne pouvant normalement pas comparaître devant un tribunal clérical. M. Nouri, un des porte-drapeaux du mouvement réformateur et «bête noire» des religieux conservateurs, a été condamné le 27 novembre pour «propagande anti-islamique» et «offense» à l’imam Khomeyni et son successeur, l’ayatollah Ali Khamenei, dans son journal, aujourd’hui interdit, Khordad. De nombreux articles de Khordad, de caractère religieux, notamment sur l’obligation du port du voile, mais aussi politique et social, ont été mis en cause pendant le procès. Après la condamnation de M. Nouri, les journalistes, auteurs de certains articles, risquent désormais d’être jugés. Alors que cette affaire est sans précédent dans les annales juridiques iraniennes, M. Ejeï a assuré que M. Nouri avait accepté, le jour de sa condamnation et en présence de son avocat, de ne pas faire appel, comme il en avait le droit. Mais si M. Nouri «admet avoir commis une erreur» en refusant l’appel, il peut faire recours d’ici au 17 décembre, a-t-il dit, indiquant que cela pouvait être fait auprès d’«un autre tribunal». Le TRS, qui juge exclusivement les religieux, et que M. Nouri a recusé tout au long de son procès, début novembre, au nom de «l’égalité devant la justice», est contesté, comme «sans base légale» par tous les réformateurs, y compris de nombreux religieux dont l’imam d’Ispahan, l’ayatollah Jalalaeddine Taheri. «Le verdict de Nouri n’est pas définitif et Nouri peut faire appel», a insisté M. Ejeï. Mais, a-t-il ajouté, «il reviendra au tribunal d’accepter ou non. La plupart des tribunaux n’acceptent pas». «Cela risque de permettre paradoxalement à M. Nouri de comparaître devant un tribunal normal, comme il le réclame depuis le début», a indiqué un juriste. «Le TRS n’a pas de fondement légal. Les procédures d’appel existant pour les autres tribunaux ne lui sont pas applicables. Mais un appel de M. Nouri peut quand même être recevable, et cela changerait tout», a déclaré l’ancien ministre iranien de la Justice Ahmad Sadr. L’avocat de M. Nouri, Me Mohsen Rahami, n’a pas exclu un recours en appel, déclarant qu’il proposerait «très certainement» à M. Nouri de le faire comme il en a normalement la possibilité d’ici au 17 décembre. Cité hier par le quotidien Asr-é-Azadegan, «l’avocat a ajouté qu’un tel recours aurait lieu si les responsables» du TRS «changeaient de comportement, qui nous a déçus». Me Rahami a toutefois indiqué que son client ne demanderait «jamais» la grâce de l’ayatollah Khamenei qui seul, en Iran, dispose de ce droit. «Le président Mohammad Khatami n’a aucun pouvoir de grâce. Seul le Guide en dispose», a expliqué l’ancien ministre de la Justice. L’affaire de M. Nouri, au cœur de la précampagne électorale pour les élections législatives de février, peut être relancée spectaculairement par un possible recours en «appel» de l’ex-ministre de l’Intérieur. La lourde peine prononcée à l’encontre de ce proche du président réformateur Khatami a marqué un coup dur au camp présidentiel, à l’approche du scrutin de février sur lequel comptent les réformateurs pour ravir la majorité parlementaire aux conservateurs.
Le tribunal clérical iranien a évoqué hier la possibilité d’un recours en appel pour le dirigeant réformateur Abdollah Nouri, condamné à 5 ans de prison, relançant les spéculations sur une affaire qui domine la vie politique en Iran à l’approche du scrutin de février 2000. Des journalistes «complices» de M. Nouri seront en outre poursuivis dans cette affaire qui «reste ouverte», a déclaré à la presse le président du Tribunal religieux spécial (TRS, pro-conservateur), l’hodjatoleslam Mohseni Ejeï. L’annonce de poursuites contre des journalistes crée un imbroglio juridique, les laïcs ne pouvant normalement pas comparaître devant un tribunal clérical. M. Nouri, un des porte-drapeaux du mouvement réformateur et «bête noire» des religieux conservateurs, a été condamné le 27 novembre pour «propagande...