Capitaines des équipes de France et d’Australie, qui seront opposées de vendredi à dimanche, à Nice, en finale de la Coupe Davis du centenaire, Guy Forget et John Newcombe se ressemblent à peu près autant qu’un lévrier s’apparente à un kangourou. Cela n’a pas grande importance si l’on se fie à ce que déclarait Philippe Chatrier, ancien président de la Fédération française et internationale : «Ce sont les joueurs qui jouent et les capitaines n’ont aucune influence sur le résultat. À une seule exception : Yannick Noah». Précisément, Noah-le-sorcier ne sera pas là pour la première fois, en qualité de joueur ou de capitaine, dans la quatrième finale de l’ère moderne disputée par la France depuis 1982. Se faisant volontairement discret, il n’a cessé de répéter que son copain Guy tient parfaitement son rôle depuis qu’il lui a transmis le témoin à la fin de l’année dernière. Le nouveau capitaine, qui n’a enregistré pour l’instant que trois victoires, évolue simplement dans un autre registre. Numéro 4 mondial en 1991, il n’a pas connu l’amertume de la défaite dans la finale de 1982 mais participa deux fois à l’exaltation du triomphe, en 1991 et 1996. Très méticuleux, il affiche dans son rôle le même souci de la perfection qui était le sien quand il était joueur. La chasse aux aléas Derrière son air souvent inquiet, se cache un vrai tempérament de gagneur. Très près de ses joueurs, qu’il suit beaucoup plus fréquemment que Noah en tournoi, ce qu’ils vivent sur un court se reflète directement sur ses traits racés et tendus. «Je ne peux que les encourager», regrette-il en se rongeant parfois les ongles. Son idéal pourrait se résumer en cette formule qu’il décline à l’infini chaque fois qu’on l’interroge sur son rôle : supprimer tous les aléas susceptibles de contrarier leur performance. On imagine mal ce gentleman des courts âgé de 34 ans avec les superbes baccantes... à la gauloise de Newcombe. À 55 ans, l’Australien, qui présenta naguère une sihouette aussi élégante que la sienne, a un tour de taille joliment arrondi par la bière. Numéro 1 mondial en 1974, 32 fois vainqueur dans des tournois, dont cinq du Grand Chelem, il a gagné quatre fois la Coupe Davis en infligeant la dernière fois, en 1973, associé à Rod Laver, un cinglant 5-0 aux Américains chez eux. Autant Forget a toujours été extrêmement réglé, autant lui-même a longtemps été débridé. Plein d’humour et de vigueur, il avait déjà de très nombreuses activités quand il était joueur. Quelque peu assagi par l’âge, il y a ajouté la fonction de capitaine de l’équipe d’Australie en 1993. Non sans réussite, puisqu’il compte 9 victoires et 5 défaites en 14 rencontres. Interrogé à propos de la question de savoir s’il préférait avoir Forget plutôt que Noah comme capitaine de l’équipe adverse, il a répondu sans hésiter : «Forget! La dernière fois qu’on a joué contre la France, à Sydney, en 1997, j’ai dû danser avec Noah au banquet d’après-match. Noah danse trop bien. Avec Forget, ce sera plus facile». Les finales françaises et australiennes La France disputera à Nice sa treizième finale. Elle en a gagné huit : en 1927, 1928, 1929, 1930, 1931 et 1932, avec ses célèbres «Mousquetaires», en 1991 et 1996, avec Yannick Noah comme capitaine. Elle en a perdu quatre : en 1925, 1926, 1933 et 1982. De son côté, l’Australie a déjà remporté vingt-six fois la Coupe Davis et a perdu dix-sept finales. Pendant trente ans, de 1938 à 1968, les Australiens ont toujours été en finale. Cela représente, si l’on tient compte de l’interruption de l’épreuve, imposée de 1940 à 1945 par la Seconde Guerre mondiale, vingt-cinq finales de suite. La France et l’Australie ne se sont jamais rencontrées en finale. Rod Laver craint le public et la terre battue Rod Laver a estimé mardi à Brisbane que la France est favorite de la finale de la Coupe Davis de tennis face à l’Australie en raison du soutien du public dans une salle surchauffée et du court en terre battue. «J’aimerais voir l’Australie gagner, mais ayant joué suffisamment en France, je sais que la participation du public dans un tournoi en salle va provoquer beaucoup de bruit et de pression», a affirmé l’ancien champion australien de tennis. «Je ne sais pas comment Lleyton (Hewitt) et Mark (Philippoussis) se comporteront», a-t-il dit en conseillant à Philippoussis de suivre ses services au filet en dépit de la terre battue, ajoutant : «Il doit être patient et ne pas se contenter de taper fort en espérant marquer des points». Pour John Newcome, le capitaine australien, ses joueurs doivent faire abstraction de l’environnement et se concentrer sur le jeu. «Nos garçons devront se concentrer sur ce qu’ils ont à faire et tout oublier. C’est la règle du jeu quand on évolue à l’extérieur».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Capitaines des équipes de France et d’Australie, qui seront opposées de vendredi à dimanche, à Nice, en finale de la Coupe Davis du centenaire, Guy Forget et John Newcombe se ressemblent à peu près autant qu’un lévrier s’apparente à un kangourou. Cela n’a pas grande importance si l’on se fie à ce que déclarait Philippe Chatrier, ancien président de la Fédération française et internationale : «Ce sont les joueurs qui jouent et les capitaines n’ont aucune influence sur le résultat. À une seule exception : Yannick Noah». Précisément, Noah-le-sorcier ne sera pas là pour la première fois, en qualité de joueur ou de capitaine, dans la quatrième finale de l’ère moderne disputée par la France depuis 1982. Se faisant volontairement discret, il n’a cessé de répéter que son copain Guy tient parfaitement...