Le marché des changes de Beyrouth a repris ses activités hier, au lendemain du long chômage de l’Adha dans un climat toujours favorable aux placements en livre libanaise et marqué par la grande vigilance de la Banque du Liban (BDL). Celle-ci, en maintenant ainsi ses deux taux d’intervention à l’achat et à la vente du dollar sans aucun changement entre 1 502,00 et 1 514,00 LL, est parvenue à le faire clôturer au taux moyen indicatif de 1 508,00 LL, comme depuis la mi-décembre dernier. De leur côté, les établissements de crédit ont été amenés à négocier le billet vert à des cours légèrement supérieurs à ce taux moyen de la BDL dans un marché équilibré de lui-même durant toute la journée. Il a continué ainsi à fluctuer très étroitement entre 1 509,50 et 1 510,50 LL, après un départ entre 1 508,00 et 1 510,00 LL puis entre 1 510,00 et 1 511,00 LL, et ce au gré de l’évolution de l’offre et de la demande, ont indiqué les cambistes. Pour ce qui est du volume d’affaires de la journée d’hier, il aurait atteint quelque 15 millions de dollars, entièrement échangés à l’achat et à la vente par les banques de la place, ajoute-t-on dans ces mêmes milieux. Coup d’arrêt à la forte hausse du dollar à l’étranger À l’étranger, le dollar a interrompu son mouvement ascensionnel face aux principales devises hier, sur les marchés des changes internationaux, les opérateurs se voulant plus optimistes sur le conflit en Yougoslavie après des négociations qualifiées de positives entre une délégation russe et le président yougoslave. De fait, le billet vert qui avait battu la veille un nouveau record à la hausse face à l’euro, s’est graduellement déprécié hier, à l’annonce de négociations à Belgrade entre le premier ministre russe Evgueni Primakov et le président yougoslave Slobodan Milosevic. Bien que M. Primakov n’ait pas fourni de détails précis à l’issue de ces réunions, il a déclaré que les négociations avaient donné des «résultats» et les cambistes ont donc opté pour plus d’optimisme. En effet, le dollar, qui joue depuis quelques jours son rôle traditionnel de valeur-refuge, a perdu un peu de son attrait. Cela étant, la monnaie unique européenne n’a pas réagi sensiblement hier aux déclarations d’Eugenio Domingo Solans, membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE) laissant entrevoir une possible réduction des taux d’intérêt par la BCE. De même l’euro a ignoré la révision à la baisse par la Commission européenne de ses prévisions de croissance pour la zone euro de 2,6 à 2,2 % en 1999, d’autant que les marchés avaient largement anticipé ces chiffres la veille. Cette évolution du dollar face aux principales devises s’expliquait également par la prudence des opérateurs avant la décision, attendue tard durant la nuit d’hier, du comité de l’open market de la Réserve fédérale américaine (Fed) sur les taux d’intérêt. Cela d’autant que le statu quo observé ensuite sur ce front n’a pas eu d’impact sur le dollar qui s’est négocié à New York, comme suit : – 1,0715 pour un euro contre 1,0735, la veille – 1,6120 pour un sterling contre 1,6165 – 1,8255 DM contre 1,8220 – 6,1225 FF contre 6,1090 – 1,4920 FS contre 1,4850 – 1807,25 lires contre 1805,05 – 120,35 yens contre 120,15. Bourse de Beyrouth : marché étriqué Sur les marchés des valeurs mobilières, la Bourse de Beyrouth a repris ses activités hier au lendemain du chômage de l’Adha sur un ton faible avec la baisse des actions B de Solidere et de celles de Rymco dans des échanges très minces. C’est ainsi que l’indice général de toutes les valeurs libanaises cotées le Lispi a abandonné 0,41 % à 80,72 points, contrairement à l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires qui s’est maintenu en l’état à 190,59 points, en raison de la stabilité de ce secteur. Pour ce qui est du volume d’affaires de la journée d’hier, il a totalisé 16 250 actions d’une valeur globale de 249 521 dollars. Wall Street : réduction des pertes Quant à Wall Street, elle a éprouvé le besoin de souffler hier, après l’euphorie de la veille qui avait emmené le Dow Jones des industrielles au-dessus du seuil psychologique des 10 000 points à la clôture. C’est ainsi qu’un courant de ventes bénéficiaires s’est installé sur la cote américaine dès l’ouverture, lui faisant perdre tout le terrain parcouru la veille, avant que la tendance ne se redresse par la suite notamment avec l’intervention du Premier ministre russe Primakov qui a assuré que le président Milosevic était prêt à réduire la présence militaire serbe au Kosovo en prélude à un règlement politique du conflit en Yougoslavie. L’attente fébrile des résolutions du Comité de l’open market de la Fed, surtout après l’annonce d’une faible augmentation de l’indice de confiance des consommateurs américains de 133,10 points en février à 133,90 points en mars, a également joué hier à la baisse du marché même après le statu quo monétaire observé ensuite. Cela d’autant que l’annonce par Coca Cola d’une baisse de 2 % de ses ventes mondiales au premier trimestre de cette année est venue plomber la tendance de l’ensemble de la cote américaine. C’est ainsi que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles a dû fléchir d’un plus haut à 10 003,84 points à un plus bas en cours de séance à 9 874,41 points, avant d’afficher en préclôture 9 927,97 points, en baisse de 78,81 points sur la veille. La croissance et le Kosovo incitent les Bourses européennes à la prudence Les Bourses européennes n’ont pas résisté mardi à la révision à la baisse par la Commission européenne des prévisions de croissance de la zone euro à 2,2 % contre 2,6 % précédemment pour cette année, et à l’escalade militaire au Kosovo. Les secteurs des assurances, des financières, de la presse, de la pharmacie et des télécommunications ont été bien orientés alors que ceux des biens de consommation, des matériaux de base, de l’Industrie et de l’automobile ont reculé. En outre, les investisseurs ont fait preuve de prudence avant la réunion du Comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) consacrée aux taux d’intérêt et dont les résultats sont attendus à 19h00 GMT. On n’attend généralement pas de modification des taux. «Cela tient aux mises en garde lancées par Coca Cola sur la faiblesse de ses ventes et aux inquiétudes suscitées par les économies européennes», a déclaré James Cornish (BT Alex Brown). L’indice pan-européen Eurotop 300 a perdu 0,48 % et l’Euro STOXX 50 a abandonné 0,38 %. «La semaine sera courte et on ne veut pas engager beaucoup d’argent pour le moment, de sorte que les investisseurs restent en retrait et ne nouent pas de nouvelles positions», a expliqué Philipp Buchli (Banque Julius Baer). «Le Kosovo incite le marché à ne pas s’engager», ajoute-t-il. De nombreux opérateurs sont déjà en vacance en Europe ou se préparent pour le long week-end de Pâques, puisque la plupart des marchés financiers seront fermés pour le Vendredi Saint et le Lundi de Pâques. Les raids de l’Otan au Kosovo ont également pesé sur les marchés car, comme l’explique Jean-François Vitrolles (Finances Futures), «les marchés européens ne peuvent prendre à la légère les opérations de l’Otan en Yougoslavie comme le fait Wall Street. Leur impact sur les budgets militaires européens et le sentiment dans les États européens est beaucoup plus important». À Paris, le CAC 40 a affiché une perte de 0,28 % à 4 141,98 points, proche de son plus bas du jour de 4 139,20. Le secteur des spiritueux a été à la fête avec Rémy-Cointreau qui a bondi de 7,97 % à 14,90 euros dans 266 000 titres et Pernod-Ricard de 5,36 % à 59 euros dans 490 000 titres. Rémy-Cointreau a bénéficié de l’alliance avec Highlands Distillers et Jim Beam Brand. Pernod-Ricard a bénéficié de rumeurs selon lesquelles le titre ferait l’objet d’un ramassage ou que le groupe parviendrait finalement à céder Orangina à Coca Cola. À Francfort, l’indice Xetra Dax a perdu 0,53 % et le Dax 0,41 %, dans un marché inquiet de l’évolution du conflit au Kosovo. BMW a abandonné 2,8 %, l’avenir de l’usine britannique de Longbridge dépendant toujours des négociations avec le gouvernement. Les ventes de Rover ont reculé au premier trimestre alors que celles de BMW ont progressé. Viag a gagné 0,5 % après l’annonce de l’abandon de son projet de fusion avec Alusuisse pour divergences sur l’évaluation du projet. La Bourse de Londres a également perdu de son entrain et le FTSE a terminé sur une petite hausse de 0,2 % dans un marché où les reculs l’ont emporté sur les hausses dans une proportion de trois pour deux. L’AEX d’Amsterdam a perdu 0,03 %, l’Ibex 35 de Madrid a reculé de 0,73 % et le Mibtel de Milan fléchi de 0,23 %. Contre la tendance, le Bel-20 de Bruxelles a progressé de 0,20 %. La Bourse de Madrid sera fermée jeudi, vendredi et lundi pour les fêtes de Pâques. Tokyo : déprimée par le chômage La Bourse de Tokyo a fini en baisse de 0,94 % mardi, déprimée par l’annonce d’un chômage record au Japon en février. L’indice Nikkei a terminé en repli de 149,72 points à 15 859,12, son contrat juin lâchant 160 points à 15 850. Le Nikkei avait débuté la séance en hausse, grimpant jusqu’à 16 184,54 points, en réaction à la clôture record du Dow Jones au-dessus des 10 000 points mais la publication des chiffres du chômage de février a ensuite douché cette euphorie initiale. Le taux de chômage a atteint le record de 4,6 % dans l’archipel en février, en hausse de 0,2 % par rapport à janvier. «La Bourse est tiraillée entre les espoirs de reprise de l’économie et les craintes d’un statu quo», a observé Tetsuya Ishijima, d’Osakan Securities.
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