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Actualités - Chronologie

L'aluminium, un métal qui nous veut du mal ?(photos)

Dans quelle mesure l’aluminium, ce métal si utile dans la vie quotidienne, présenterait certains risques pour la santé? En principe, le système digestif lui est quasi-imperméable et la vigilante barrière hémato-encéphalique se charge de protéger le plus précieux organe de l’homme, le cerveau, de tout risque d’atteinte directe. Mais alors, comment expliquer l’accumulation de quantités importantes de ce métal dans le cerveau des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, comme dans celui des rats ayant ingéré des breuvages riches en aluminium? Selon certains avis scientifiques, il est possible que la maladie d’Alzheimer elle-même, en perturbant le fonctionnement cérébral, favorise le passage de l’aluminium, fragilisant ainsi la barrière cérébrale. En d’autres termes, la présence de ce métal dans le cerveau ne serait qu’une conséquence de la maladie et non pas sa cause. Les recherches se poursuivent afin d’élucider ce problème, d’autant plus que l’aluminium est le métal le plus répandu sur la planète. Il représente 8% de l’écorce terrestre et, grâce à ses multiples qualités, il a su devenir un précieux auxiliaire de la vie quotidienne. Serait-ce pour mieux tromper la vigilance? C’est à la suite d’une étude émanant de l’Inserm (France) que le procès de l’aluminium s’est remis en marche. Mais la question divise, depuis près d’une trentaine d’années, les scientifiques. Les enjeux sont si importants (songeons à l’industrie de l’aluminium) dans le monde, qu’on risque d’attendre longtemps le verdict final: l’aluminium est-il dangereux pour la santé? Tout a commencé en France dans les années 70, lorsque, dans des nombreux cas de démence et d’encéphalopathie, ainsi que chez des insuffisants renaux traités par hémodialyse et des victimes présentant de graves lésions osseuses (ostéodystrophies), le principal coupable de leur état était l’aluminium soluble, présent dans les médicaments antiacides, administrés par voie orale, et les fluides de dyalise. Les mesures nécessaires ont été immédiatement prises et le problème fut réglé. Cependant, une nouvelle hypothèse s’est présentée aux chercheurs. Le lien pouvant exister entre l’aluminium et la maladie d’Alzheimer. Cette voie de recherche a mobilisé de nombreuses équipes, d’autant plus que dans les régions riches en bauxite, telles la Nouvelle-Guinée et le Japon, les taux de démence précoce s’avéraient plus élevés qu’ailleurs. Il fut constaté, de surcroît, que les ouvriers employés longtemps dans les industries qui impliquent l’inhalation de la poussière d’aluminium accusaient des troubles ou des altérations mentales similaires. Compte tenu du fait qu’aux États-Unis, comme en Europe, l’eau potable est purifiée aux sulfates d’aluminium, ces constatations ont soulevé un branle bas de combat. Mais jusqu’à ce jour, les études ne cessent de se contredire, empêchant toute certitude à ce propos. Au cours des années 80, la Communauté européenne, alertée, avait recommandé aux pays membres que la teneur de leur eau potable ne dépasse pas les 50 microgrammes (mg) par litre. Pour éviter les remous que la mesure allait fatalement susciter, elle était accompagnée très diplomatiquement par cette explication anodine: «Afin qu’aucune altération du goût n’affecte l’eau potable». De nouvelles données Récemment, une unité de l’Inserm (celle de Bordeaux) a lancé une alerte qui a de nouveau ramené le problème à l’ordre du jour, à la suite de données troublantes qu’elle révélait au terme de ses travaux. Il s’agissait d’une enquête, poursuivie depuis 1988, sur le vieillissement de 3411 individus, âgés de plus de 65 ans, dans 75 communes françaises, démontrant que là où l’eau contenait des taux d’aluminium dépassant les 100 mg par litre, les cas d’Alzheimer et d’autres désordres mentaux étaient deux fois plus élevés. Même si la constatation a de quoi troubler l’opinion publique, il n’existe aucune certitude pour le moment imposant une action directe. «Cette étude épidémiologique», ont estimé en France les autorités compétentes, devra être confirmée par des travaux complémentaires, dont les résultats n’apparaîtront qu’au cours du seconde semestre de 1999». Par ailleurs, fait-on remarquer, la maladie d’Alzheimer est une affection plurifactorielle. C’est-à-dire, plusieurs causes entrent en jeu pour provoquer sa survenue, y compris des causes génétiques. Même si des facteurs environnementaux peuvent, dans certains cas, être mis en cause, c’est leur combinaison avec d’autres agents qui favoriserait le développement de cette redoutable maladie. En 1997, l’Organisation mondiale de la santé précisait à ce propos que les données épidémiologiques et physiologiques dont on dispose ne permettent pas d’attribuer un rôle étiologique à l’aluminium dans la maladie d’Alzheimer. Le rôle de l’alimentation Un groupe de médecins effectuant une étude approfondie, financée par une grande compagnie multinationale (Pechiney), estime que la quantité d’aluminium ingérée par la consommation de certains aliments est plus importante que celle imposée par des sources environnementales. Ils citent à titre d’exemple la laitue, la pomme de terre, l’oignon, les cerises (5 à 12 mg), sans parler des ustensiles ménagers, des couverts, des emballages, des barquettes, des plats cuisinés, les conserves, certains colorants et de très nombreux additifs alimentaires. Que dire aussi des boissons (bière, sodas, jus de fruits, etc.) vendues chaque année dans le monde? Pour l’OMS, la limite tolérable d’aluminium ingérable serait de 7 mg par kilogramme de poids par semaine, ce qui donnerait 65 mg par jour pour une personne de 65 kilos, élargissant sensiblement la marge de la tolérance. Mais dans un ouvrage du Dr J.P. Curty, intitulé «Nouveau guide des vitamines» (Ed. du Seuil), l’aluminium est considéré comme un neurotoxique qui accélère, de surcroît, la déminéralisation osseuse, même s’il contribue à petites doses à certaines fonctions enzymatiques de l’organisme. Que doit-on donc conclure de toutes ces informations? Une certaine prudence, peut-être, envers l’utilisation et la consommation de cet élément qui, même s’il facilite la vie, il ne le fait pas gratuitement... Aussi minime soit-il, un risque est toujours un danger potentiel. Ne dit-on pas que la prudence est fille aînée de la sagesse?
Dans quelle mesure l’aluminium, ce métal si utile dans la vie quotidienne, présenterait certains risques pour la santé? En principe, le système digestif lui est quasi-imperméable et la vigilante barrière hémato-encéphalique se charge de protéger le plus précieux organe de l’homme, le cerveau, de tout risque d’atteinte directe. Mais alors, comment expliquer l’accumulation de quantités importantes de ce métal dans le cerveau des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, comme dans celui des rats ayant ingéré des breuvages riches en aluminium? Selon certains avis scientifiques, il est possible que la maladie d’Alzheimer elle-même, en perturbant le fonctionnement cérébral, favorise le passage de l’aluminium, fragilisant ainsi la barrière cérébrale. En d’autres termes, la présence de ce métal dans...