Lunettes et nouveau look, Eltsine ressurgit grâce au Kosovo (photo)
le 27 mars 1999 à 00h00
Depuis le début de la crise du Kosovo, Boris Eltsine, à peine guéri de son ulcère à l’estomac, a retrouvé un air combatif et presque conquérant, rappelant l’homme du début des années 90. Comme pour marquer sa «renaissance», il s’est présenté avec un nouveau style, portant un costume noir ajusté très officiel et, pour la première fois, des lunettes, ce qui lui donne un air sérieux de circonstance. Et contrairement à ses dernières apparitions, le chef de l’État russe s’est exprimé «avec une émotion extrême», selon le quotidien Segodnia, d’une voix claire et relativement rapide. Mercredi et jeudi, le chef de l’État a multiplié les déclarations tonitruantes à l’adresse de l’Otan et des États-Unis, démarché auprès de ses homologues étrangers, téléphoné, menacé même, intervenant chaque jour à la télévision russe avec les discours les plus émouvants. Il n’avait pas déployé une telle activité depuis le début de l’été, à cause notamment de ses maladies à répétition, qui l’ont obligé à passer plus de temps à l’hôpital ou à la campagne que dans son bureau du Kremlin. C’est que le président russe aime l’adversité. Elle le stimule, surtout quand elle vient de l’étranger et qu’elle lui permet de redorer son image au moment où sa côte de popularité est au plus bas... même pour peu de temps, constataient vendredi les analystes. «Boris Eltsine est un homme politique capable de se mobiliser quand c’est nécessaire et de sortir de la tombe» pour s’imposer, remarque Nikolaï Petrov, de la Fondation Carnegie à Moscou. Iouri Korgoniouk, de la Fondation d’analyse politique Indem, renchérit : «Eltsine ne se sent bien qu’en temps de conflit», soulignant toutefois que pour «les coups d’éclats» dont il est coutumier, «il ne lui reste désormais plus que la politique extérieure». Et de rappeler qu’au moment de la crise financière d’août, le président russe avait tâché de se tenir à l’écart de la tempête, manifestement mal à l’aise avec les problèmes économiques. Il était également soucieux de s’impliquer le moins possible dans un conflit de politique intérieure, «certainement conscient» qu’il n’a plus le soutien de la population. «Avant, ses interventions lui permettaient de démontrer qu’il était indispensable... aujourd’hui, cela ne marche plus», poursuit M. Petrov persuadé en fin de compte que les grands mots de ces derniers jours ne sont en fait qu’«un geste de désespoir». Selon l’analyste, même de cette crise, c’est le Premier ministre Evgueni Primakov qui sortira renforcé car il a eu le geste le plus marquant, annuler une visite aux États-Unis. «Quoiqu’il fasse, les perspectives pour Boris Eltsine ne sont pas réjouissantes», insiste Nikolaï Petrov. D’après un sondage réalisé fin janvier par la fondation Opinion publique, 90 % des Russes «ne font pas confiance» au président Boris Eltsine.
Depuis le début de la crise du Kosovo, Boris Eltsine, à peine guéri de son ulcère à l’estomac, a retrouvé un air combatif et presque conquérant, rappelant l’homme du début des années 90. Comme pour marquer sa «renaissance», il s’est présenté avec un nouveau style, portant un costume noir ajusté très officiel et, pour la première fois, des lunettes, ce qui lui donne un air sérieux de circonstance. Et contrairement à ses dernières apparitions, le chef de l’État russe s’est exprimé «avec une émotion extrême», selon le quotidien Segodnia, d’une voix claire et relativement rapide. Mercredi et jeudi, le chef de l’État a multiplié les déclarations tonitruantes à l’adresse de l’Otan et des États-Unis, démarché auprès de ses homologues étrangers, téléphoné, menacé même, intervenant chaque...
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