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Actualités - Chronologie

La Grèce condamne, l'Italie réticente Premières fêlures à l'Otan : Washington minimise(photo)

De premières fêlures, que la Maison-Blanche s’est employée rapidement à minimiser, sont apparues jeudi au sein des alliés de l’Otan sur la stratégie à poursuivre à l’égard de Belgrade. Si les États-Unis ont feint d’ignorer les critiques peu surprenantes de la Grèce qui mène depuis des années une politique proserbe, ils ont été davantage pris de court par les propos du président du Conseil italien Massimo D’Alema. Ce dernier a prôné jeudi en marge du sommet européen de Berlin un retour aux tractations politiques avec Belgrade, en affirmant que les premières frappes avaient poussé la Serbie «à interrompre l’offensive militaire contre les civils du Kosovo». Interrogé à ce sujet, le conseiller du président Clinton pour la sécurité nationale, Sandy Berger, a relevé que M. D’Alema était «dans l’erreur». «Nous le lui dirons», a-t-il dit. Mais il a souligné que s’il y avait des différences de sensibilité au sein de l’Alliance, ses membres continuaient à faire preuve d’une «solidarité extraordinaire» à propos des opérations en cours. La secrétaire d’État Madeleine Albright s’est montrée plus agacée par la déclaration de M. D’Alema qui avait été reçu récemment à la Maison-Blanche par le président Clinton. «Il y aura un temps pour la diplomatie mais les frappes continueront aussi longtemps que nécessaire», a-t-elle rétorqué. Un peu plus tard, un porte-parole de la Maison-Blanche s’est employé à limiter la portée de ces dissensions. «Nous sommes satisfaits de l’appui fourni par l’Italie et la Grèce. Nous faisons un usage extraordinaire de la base italienne d’Aviano» et l’Italie reste un membre éminent du Groupe de contact sur l’ex-Yougoslavie et un proche allié, a déclaré David Leavy. En ce qui concerne la Grèce, a-t-il dit, celle-ci fournit à l’Otan une aide logistique en permettant l’utilisation de «voies de transport». Au cours des deux derniers jours, les manifestations contre les frappes alliées se sont multipliées en Grèce et les dirigeants du pays ont pris leurs distances avec ces opérations. Après le ministre de la Défense Akis Tsohatzopoulos qui avait appelé mercredi soir à l’arrêt des bombardements, le Premier ministre Costas Simitis a affirmé jeudi à Berlin que les «opérations militaires n’apporteront aucune solution». Pour le moment, les États-Unis ont clairement indiqué que les frappes continueraient dans les jours à venir. La Maison-Blanche a précisé que le président Clinton, qui reste en contact constant avec ses principaux conseillers civils et militaires, resterait à Washington tout le week-end après avoir annulé un déplacement dans trois États de l’ouest américain. Mais les dirigeants américains ont commencé à esquisser une stratégie de sortie de la crise, en affirmant que les frappes pourront cesser une fois le dispositif militaire serbe suffisamment affaibli pour empêcher une offensive d’envergure contre les Kosovars. Ils ont également tendu une toute petite perche à Slobodan Milosevic en affirmant qu’il lui suffisait d’accepter «le cadre» de l’accord de paix pour faire cesser les frappes. «Des changements pourraient encore être apportés à l’accord, mais il faudra qu’ils soient acceptés par les Kosovars», a déclaré jeudi M. Berger. L’opinion publique américaine reste pour l’instant ambivalente à l’égard de l’intervention militaire. Selon un sondage Gallup, 46 % des Américains l’applaudissent, mais 43 % y sont opposés. Une partie de la classe politique et nombre d’analystes sont eux totalement sceptiques sur les résultats des frappes. «Des bombardements n’ont jamais produit grand-chose lorsqu’ils ne sont pas accompagnés de troupes au sol», a déclaré le sénateur républicain John McCain, un héros de la guerre du Vietnam, qui fait partie des prétendants dans la prochaine course présidentielle.
De premières fêlures, que la Maison-Blanche s’est employée rapidement à minimiser, sont apparues jeudi au sein des alliés de l’Otan sur la stratégie à poursuivre à l’égard de Belgrade. Si les États-Unis ont feint d’ignorer les critiques peu surprenantes de la Grèce qui mène depuis des années une politique proserbe, ils ont été davantage pris de court par les propos du président du Conseil italien Massimo D’Alema. Ce dernier a prôné jeudi en marge du sommet européen de Berlin un retour aux tractations politiques avec Belgrade, en affirmant que les premières frappes avaient poussé la Serbie «à interrompre l’offensive militaire contre les civils du Kosovo». Interrogé à ce sujet, le conseiller du président Clinton pour la sécurité nationale, Sandy Berger, a relevé que M. D’Alema était «dans...