La Macédoine et les troupes de l’Otan qui y sont installées sont les premiers exposés aux menaces de représailles proférées par le gouvernement yougoslave en cas de frappes aériennes. Ce petit pays situé au sud du Kosovo est quasiment sans armée, son intégrité était depuis 1992 défendue par une mission de l’Onu qui a pris fin. Il accueille depuis plusieurs mois environ 12 000 militaires occidentaux dont la mission était jusqu’à présent de garantir la sécurité des vérificateurs internationaux répartis au Kosovo. Ces soldats, français, britanniques, allemands, italiens, neérlandais pourraient voir leur tâche évoluer et être mis en place au Kosovo afin de faire appliquer un accord de paix. Le gouvernement yougoslave s’y est toujours opposé et a répété qu’en cas de frappes aériennes, il pourrait riposter contre l’Otan. Il s’est gardé cependant de nommer sa cible. Celle-ci est pourtant bien visible. À 14 kilomètres de la frontière, les premières casernes de l’Otan abritent des soldats français qui avaient été placés là en «fer de lance» d’une éventuelle opération de récupération des vérificateurs de l’OSCE. Aucune information n’a pu être obtenue sur d’éventuelles mesures de protection concernant ces troupes. L’aviation mais surtout l’artillerie yougoslaves peuvent à tout moment viser l’Otan. Mercredi, les responsables militaires ont, pour parer à ce danger, disséminé leurs troupes et des mesures ont évidemment été prises. Des casernes au cœur des villes Trois sites sont particulièrement exposés, Kumanovo, au nord, où sont installés les 2 300 Francais, Tetovo (nord-ouest), où se trouvent les 3 600 Allemands et Petrovec, à l’est de Skopje, où sont les 3 800 Britanniques. D’autres sites, hébergeant des Italiens ou des Néerlandais, sont également des cibles potentielles. Ces casernes sont en général d’anciens sites de l’armée yougoslave d’avant l’éclatement de la fédération. Les Occidentaux les ont remis en état sans toutefois les fortifier. Elles sont généralement situées au cœur des villes, ce qui entraîne depuis plusieurs jours une vague d’inquiétude parmi la population. Les responsables ont multiplié les efforts à destination des médias locaux pour faire valoir que leur présence en Macédoine avait un but pacifique, mais les gens dans la rue ne semblent pas s’en contenter. Mercredi soir, après l’annonce des frappes, une petite manifestation s’est déroulée devant une caserne italienne. Tous les journaux hier reprennent les termes d’une lettre de Javier Solana, le secrétaire général de l’Otan, rassurant à ce sujet le chef de l’État macédonien, Kiro Gligorov. Les soldats occidentaux comme les habitants de la Macédoine ne sous-estiment pas les capacités de réaction de l’armée yougoslave, même si les frappes doivent l’avoir handicapée. Celle-ci est bien équipée et si la couverture aérienne de l’Otan sur la région garantit contre toute surprise venant de l’aviation, les troupes au sol, renforcées dans la région, peuvent à tout moment faire usage de leurs missiles sol-sol ou de leurs canons.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La Macédoine et les troupes de l’Otan qui y sont installées sont les premiers exposés aux menaces de représailles proférées par le gouvernement yougoslave en cas de frappes aériennes. Ce petit pays situé au sud du Kosovo est quasiment sans armée, son intégrité était depuis 1992 défendue par une mission de l’Onu qui a pris fin. Il accueille depuis plusieurs mois environ 12 000 militaires occidentaux dont la mission était jusqu’à présent de garantir la sécurité des vérificateurs internationaux répartis au Kosovo. Ces soldats, français, britanniques, allemands, italiens, neérlandais pourraient voir leur tâche évoluer et être mis en place au Kosovo afin de faire appliquer un accord de paix. Le gouvernement yougoslave s’y est toujours opposé et a répété qu’en cas de frappes aériennes, il pourrait...