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Actualités - Opinion

Tribune A mon ami, le professeur Antoine Ghossain

J’ai été ému par la lecture de ton mot au sujet du don d’organes (L’Orient-Le Jour du samedi 20 mars 99). Ce type de don, qu’il soit anonyme ou nominal, témoigne en effet d’une foi profonde et d’une générosité sans borne. C’est un acte d’une grande particularité. Nous ne pouvons pas, en effet, rester insensibles au don octroyé aux pauvres, au secours offert aux souffrants et aux programmes d’aide aux handicapés; nous sommes émerveillés par ces mécènes qui viennent à l’aide de collectivités démunies, ou prennent en charge la promotion de régions déshéritées. De telles actions témoignent de grandeur d’âme et de générosité du cœur. Le don d’organes se situe à une autre niveau. C’est un vrai don de soi, le don absolu, car cette partie de nous, transplantée chez l’autre, n’est ni remplaçable, ni récupérable, dans ce monde au moins. L’acte est d’autant plus prestigieux que le receveur est le plus souvent un parfait inconnu. C’est le cas de notre héroïne. Son acte généreux rendit la vie à des mourants et redonna la vue à des aveugles. De généreux dons d’organes ont déjà eu lieu au Liban; ils permirent de ressusciter des moribonds et de faire des heureux. Mais le cas qui nous concerne est d’un prestige tout particulier. Notre héroïne a donné tout ce qu’elle pouvait, tout ce que la technologie disponible peut utiliser pour sauver des humains ou améliorer leur qualité de vie. Elle a, de surcroît, souhaité l’anonymat pour marquer son désintéressement absolu, révélant ainsi une foi inaliénable dans l’au-delà. Nous sommes tenus de respecter son vœu de rester anonyme. Comme toi, je pense que son geste grandiose ne doit pas passer inaperçu. Une stèle, et pourquoi pas une source d’eau au centre-ville, ne seraient pas de trop pour commémorer son geste magnanime et rappeler, comme tu l’as si bien dit, que la mort est source de vie. Il faut que son don magnifique se traduise par une sensibilisation de l’opinion publique, d’une part, et une action des responsables pour la création d’un organisme doté de l’infrastructure nécessaire à un programme de dons d’organes. Mon cher Antoine, ton mot m’a véritablement ému, mais il ne m’a pas étonné. Je sais que tu es particulièrement sensible au don de soi. Tu n’as pas hésité à le faire toi-même lorsque les circonstances l’ont exigé.
J’ai été ému par la lecture de ton mot au sujet du don d’organes (L’Orient-Le Jour du samedi 20 mars 99). Ce type de don, qu’il soit anonyme ou nominal, témoigne en effet d’une foi profonde et d’une générosité sans borne. C’est un acte d’une grande particularité. Nous ne pouvons pas, en effet, rester insensibles au don octroyé aux pauvres, au secours offert aux souffrants et aux programmes d’aide aux handicapés; nous sommes émerveillés par ces mécènes qui viennent à l’aide de collectivités démunies, ou prennent en charge la promotion de régions déshéritées. De telles actions témoignent de grandeur d’âme et de générosité du cœur. Le don d’organes se situe à une autre niveau. C’est un vrai don de soi, le don absolu, car cette partie de nous, transplantée chez l’autre, n’est ni...