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Actualités - Chronologie

Etudes - Masculinité, jazz, banlieue La France, quelle Histoire !

De la masculinité au XVIIe siècle, au jazz en France ou à la banlieue représentée par le cinéaste Mathieu Kassovitz, les spécialistes nord-américains d’histoire de France viennent de plancher à Washington pour leur 45e rencontre annuelle. Créée en 1954, la Society for French Historical Studies (SFHS), sans équivalent en France par sa taille, rassemble 1 000 historiens, pour la plupart Américains et Canadiens, et plus de 500 universités et bibliothèques. Elle a connu son essor dans les années 1960-70, pour devenir la plus importante association de professeurs d’histoire aux États-Unis, selon son actuel coprésident James Collins, de l’université de Georgetown. «Il y a eu dans les années 60-70 une augmentation énorme de l’intérêt pour l’histoire de France aux États-Unis» où, à la faveur des événements de 1968 en France, des historiens américains se sont intéressés à l’histoire sociale, l’histoire des ouvriers, explique-t-il. Cette époque a été marquée par l’influence aux États-Unis de l’École des annales et notamment de Fernand Braudel, «une révolution dans la mentalité des historiens américains», dont «on voit même maintenant les retentissements surtout dans l’historiographie de l’histoire américaine mais aussi dans l’historiographie américaine du Proche-Orient», poursuit-il. Du charabia À présent, en partie pour des raisons pratiques, un nombre croissant de jeunes Américains se tournent vers l’histoire d’Allemagne, où il est beaucoup plus facile d’obtenir une bourse de doctorat, selon James Collins et son collègue de Johns Hopkins University, Orest Ranum. «C’est lamentable, la France ne soutient pas sa propre historiographie en Amérique», s’exclame Orest Ranum, spécialiste du XVIIe siècle français, très connu des historiens de l’Hexagone et qui a enseigné au Collège de France. L’engouement actuel pour l’histoire des colonies assure un «petit redressement» en faveur de l’histoire de France, selon M. Collins. Ce domaine, ainsi que l’histoire des femmes ou plus généralement les «gender studies» (études des deux sexes dans l’histoire) distinguent actuellement les travaux américains, note Natalie Zemon Davis, auteur du «Retour de Martin Guerre», publié en 1982, qui avait inspiré le film pour lequel elle a beaucoup travaillé comme conseillère historique. En témoignent les thèmes d’un grand nombre des 150 communications du colloque, dont un certain nombre est présenté par des étudiants en doctorat auxquels ces rencontres annuelles dans une ville d’Amérique du Nord sont très ouvertes. «C’est parfois du charabia», ironise M. Ranum au sujet des «gender studies», ajoutant toutefois qu’elles sont «devenues tout à fait intéressantes et légitimes». Pour Alain Croix, de l’Université Rennes II, aux États-Unis, pour la première fois, l’influence des historiens américains en France a été «extrêmement faible», les Français s’étant longtemps considérés comme «le nombril du monde en histoire» et les plus anciens, souffrant souvent de la «barrière linguistique». Mais «aujourd’hui, l’école historique américaine, en tout cas anglophone, est incontournable», affirme M. Croix.
De la masculinité au XVIIe siècle, au jazz en France ou à la banlieue représentée par le cinéaste Mathieu Kassovitz, les spécialistes nord-américains d’histoire de France viennent de plancher à Washington pour leur 45e rencontre annuelle. Créée en 1954, la Society for French Historical Studies (SFHS), sans équivalent en France par sa taille, rassemble 1 000 historiens, pour la plupart Américains et Canadiens, et plus de 500 universités et bibliothèques. Elle a connu son essor dans les années 1960-70, pour devenir la plus importante association de professeurs d’histoire aux États-Unis, selon son actuel coprésident James Collins, de l’université de Georgetown. «Il y a eu dans les années 60-70 une augmentation énorme de l’intérêt pour l’histoire de France aux États-Unis» où, à la faveur des événements...