La comédie élizabethaine «Shakespeare in Love», réalisée par le Britannique John Madden, a remporté dimanche à Los Angeles l’Oscar du meilleur film 1999. Confronté à une sévère concurrence, «Shakespeare in Love» est sorti vainqueur de cette 71e cérémonie des Oscars en remportant sept statuettes, dont celles de la meilleure actrice pour Gwyneth Paltrow et du meilleur second rôle féminin pour Judi Dench. Le film a également été distingué pour le meilleur scénario original, la meilleure direction artistique, la meilleure musique catégorie comédie et les meilleurs costumes. Salué par treize nominations, le film a été tourné en Grande-Bretagne, mais produit par les studios américains Miramax et Universal. Son scénario, qui relate un épisode imaginaire de la vie de William Shakespeare, en 1593, a été écrit par un Britannique (Tom Stoppard) mais sur une idée originale américaine. Bouillant jeune homme très occupé à traverser l’écran à grands pas pressés, «Will» (Joseph Fiennes), comme le surnomment ses amis, n’est encore qu’un dramaturge peu connu et sans le sou. La commande inopinée d’une comédie par Henslowe (Geoffrey Rush), un directeur de théâtre poursuivi par ses créanciers, le plonge soudain dans les affres du manque d’inspiration... Il a beau chauffer et triturer sa plume, le beau William ne parvient pas à aller plus loin que le titre : «Roméo et Ethel, la fille du pirate». Heureusement, la blonde Viola (Gwyneth Paltrow), amoureuse éperdue de théâtre à une époque où les femmes n’avaient pas le droit de monter sur les planches, va réveiller sa flamme en se travestissant en homme pour interpréter Roméo. Tragique destin Démasquée par William, elle va séduire et nourrir l’œuvre du jeune homme, qui signera finalement «Roméo et Juliette»... Mais en éprouvera aussi, d’une certaine façon, le tragique destin. Britannique, le film n’en possède pas moins toutes les caractéristiques de la grosse machinerie hollywoodienne : de l’action, de l’humour et de l’amour, sur fond de musique lyrique, de décors grandioses et de costumes chatoyants. Avec, toutefois, un petit quelque chose en plus, fait de références historiques, littéraires et, surtout, de second degré. Pour une partie du public, emportée avec bonheur par le lyrisme de l’action, ces petites touches ironiques passent inaperçues. Pour l’autre, qui connaît l’œuvre et la vie de Shakespeare et savoure en connaisseur tel ou tel clin d’oeil, elles flattent clairement l’ego en semblant lui dire: «Allez, on sait bien que vous n’êtes pas dupes de nos grosses ficelles, vous êtes trop malins pour cela, mais prenez-y du plaisir quand même...». «Les gens se sentent vraiment intelligents quand ils regardent le film», a résumé Gwyneth Paltrow. «Il fallait faire descendre Shakespeare des bibliothèques pour le rendre au peuple», a renchéri le réalisateur, selon lequel un quart des dialogues du film sont directement tirés des célèbres pièces, donnant lieu aux scènes les plus émouvantes. «On aurait voulu que Shakespeare figure sur la liste des nominés», a ajouté John Madden. Deux semaines après sa sortie sur les écrans britanniques, fin janvier, «Shakespeare in Love» avait déjà été vu par près de 5 millions de spectateurs. Les seuls grincements de dents sont venus de critiques ayant cru reconnaître dans le scénario une pièce britannique d’après-guerre. D’une pirouette, les amoureux du film ont rétorqué que Shakespeare lui-même n’avait véritablement inventé au cours de sa vie qu’une seule de ses histoires, puisant sans vergogne son inspiration chez ses collègues de plume.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La comédie élizabethaine «Shakespeare in Love», réalisée par le Britannique John Madden, a remporté dimanche à Los Angeles l’Oscar du meilleur film 1999. Confronté à une sévère concurrence, «Shakespeare in Love» est sorti vainqueur de cette 71e cérémonie des Oscars en remportant sept statuettes, dont celles de la meilleure actrice pour Gwyneth Paltrow et du meilleur second rôle féminin pour Judi Dench. Le film a également été distingué pour le meilleur scénario original, la meilleure direction artistique, la meilleure musique catégorie comédie et les meilleurs costumes. Salué par treize nominations, le film a été tourné en Grande-Bretagne, mais produit par les studios américains Miramax et Universal. Son scénario, qui relate un épisode imaginaire de la vie de William Shakespeare, en 1593, a...