Deux excellents exercices de suspense avec «Rising Sun» de Philip Kaufman et «Black Widow» de Bob Rafelson, deux superproductions avec des vedettes à la pelle dans «Around the World in 80 Days» de Mike Todd et «Those Magnificent Men in Their Flying Machines» de Ken Annakin, un chef-d’œuvre du film musical «Seven Brides for Seven Brothers» de Stenley Donen, sans oublier le couple Peck-Gardner dans «Snows of Kilimanjaro» de Henry King, Steve McQueen et Candice Burgen dans «Sand Pebbles» de Robert Wise. Autant de raisons de pavoiser cette semaine. Une firme japonaise inaugure son nouveau building à Los Angeles. Pendant que la réception bat son plein, une jeune femme est assassinée dans la salle du conseil d’administration. La police dépêche sur place un policier compétent (Wesley Snipes), agent de liaison avec la communauté asiatique. Mais les dirigeants de la Nakamoto exigent qu’il collabore avec John Connor (Sean Connery), super-flic officiellement retraité, qui sait tout du Japon où il a longtemps vécu. Ce personnage hors du commun, assorti d’un humour pince-sans-rire, convient admirablement à Sean Connery: il s’est tellement impliqué dans le film qu’il en est le producteur exécutif. Efficacement réalisé par Philip Kaufman, Rising Sun est tiré d’un roman de Michael Chrichton, l’auteur de Jurassic Park. C’est un polar astucieux qui exploite une technologie sophistiquée: vous saurez tout sur les mystères du CD-Rom et les techniques de manipulation de l’image! En même temps, il traite d’un thème actuel, les étranges relations de séduction et d’incompréhension entre l’Amérique et le Japon et leur conflit de cultures. Diffusion lundi à 20h30 sur LBCI Faire rire est une chose sérieuse. Tout comédien confronté à un public auquel il doit arracher un éclat de rire le dira volontiers. «Il n’y a pas de pire sentiment de l’échec», renchérit Tom Hanks, la vedette du film, «que vouloir faire rire un auditoire qui ne réagit pas à votre humour». Tout cela pour dire que, si on rit et on sourit dans Punchline, qui conte les épreuves de deux artistes comiques pour s’imposer, on en ressort aussi ému et le cœur serré. C’était le but avoué de David Seltzer qui avoue une tendresse pour les clowns tristes. Tom Hanks, excellent comme toujours, incarne un étudiant en médecine qui sacrifie ses études pour amuser avec son humour féroce les clients d’un cabaret dont il est la vedette. Il va prendre sous son aile protectrice une mère de famille, incarnée par Sally Field qui a toujours rêvée de devenir une actrice comique. Un tendre sentiment va naître entre eux... Le ton est toujours juste, les personnages parfaitement dessinés et le scénario ne verse jamais dans aucune des conventions attendues. Punchline ne manque pas de... punch! Diffusion lundi à minuit sur LBCI 68894 acteurs et figurants, 200000 mètres de film impressionnés, plus de cinq mois de tournage, 36092 bijoux, 112 décors naturels, 140 décors de studio... c’est en termes de gigantisme que le producteur Michael Todd – qui allait mourir dans un accident d’avion deux ans plus tard – a voulu porter à l’écran le roman de Jules Verne. Les amateurs de ce dernier seront sans doute déçus par le film dans lequel on ne retrouve que rarement le charme inimitable du livre, étonnant mélange de scientisme et d’aventure. Le film se veut avant tout un grand spectacle, et, dans se domaine, Michael Todd a gagné son pari. De Londres à Hong Kong, de Suez à San Francisco, le film accumule tout à la fois les péripéties et les vedettes célèbres. Chaque scène est l’occasion de reconnaître, parfois dans un tout petit rôle, un acteur fameux et, à la suite de Philéas Fogg, en train, en bateau ou à dos d’éléphant, le spectateur se trouve lancé dans le plus insensé des paris. Si le choix de Cantinflas, le comique mexicain, pour incarner Passepartout, est aussi curieux que celui de Shirley MacLaine pour personnifier la princesse Aouda, David Niven est en revanche un Philéas Fogg idéal, tel certainement que l’aurait voulu Jules Verne. Le générique final du génial Saul Bass est admirable. Ne le manquez pas... Inspiré très librement de l’enlèvement des Sabines, Seven Brides for Seven Brothers raconte l’enlèvement par sept frères de sept donzelles dans le bon vieil Ouest, le tout traité sous la forme d’une comédie musicale avec les numéros dansants les plus étourdissants de l’histoire du cinéma. En vedettes: Howard Keel et Jane Powell. Eux se contentent de chanter. À ne pas manquer! Diffusion mercredi à 23h30 sur Future TV Un budget de douze millions de dollars, un tournage en extérieur à Taïwan et à Hong Kong... rien n’a été refusé à Robert Wise par les dirigeants de la 20th Century-Fox à qui ce dernier venait de donner The Sound of Music, un succès sans précédent. The Sand Pebbles sera beaucoup moins bien accueilli et les rapports politiques que l’on peut établir entre la présence américaine en 1926 en Chine et la guerre du Vietnam joueront contre le film qui néglige trop souvent pourtant le décor politico-historique au profit de la simple aventure. Cinéaste habile, Wise a récréé avec talent le bouillonnement de la Chine des années vingt avec sa population cosmopolite et ses influences politiques diverses. Pendant plus de trois heures, il nous révèle cet univers exalté et, malgré quelques longeurs, le film se laisse voir avec l’intérêt, la fin trouvant même une virtuosité assez étonnante. Comme on peut le deviner, Steve McQueen mène tambour battant cette aventure exotique et les amateurs de détails curieux noteront que Marayat Andriane, qui joue le rôle de Maily, l’amie de Frenchy, n’est autre qu’Emmanuelle Arsan... Diffusion vendredi à minuit sur LBCI Bien que son père lui interdise de monter à bord des «machines volantes», Patricia, fille de lord Rawnsley, magnat de la presse britannique, se passionne pour l’aviation. Comprenant que cette nouveauté est à la mode, ce dernier décide d’organiser une course aérienne Londres-Paris, avec un prix de cinquante mille livres au vainqueur, et compte utiliser l’événement pour relancer son journal dont le tirage baisse. La France envoie son meilleur pilote, Pierre Dubois, amateur de femmes. L’Italie délègue le comte Ponticelli, l’Allemagne fait appel à deux officiers de cavalerie, le colonel von Holstein et le capitaine Rumpelstrosse, qui ne savent pas piloter et les États-Unis sont représentés par Orvil Newton et George Gruber... Ken Annakin, réalisateur anglais, s’est visiblement inspiré des films muets pour réaliser cette course burlesque dont les véritables vedettes ne sont pas les artistes internationaux qu’il y a réunis, mais ces incroyables «ezings» aussi hétéroclites que multicolores. On appréciera aussi la beauté des paysages naturels (le film fut tourné pour écran géant) et la savoureuse interprétation de Terry-Thomas! Diffusion samedi à 08h25 sur LBCI Six ans après The Postman Always Rings Twice, Bob Rafelson renoue avec un genre qu’il maîtrise très bien, le thriller noir. The Black Widow est l’étrange histoire d’une femme, plusieurs fois meurtrière, poursuivie par une autre femme, fonctionnaire au ministère de la Justice, qui finira par retrouver sa trace avant qu’elle ne commette un nouveau crime. Dans des personnages à transformation, Theresa Russell est simplement sublime. Diffusion samedi à 22h30 sur NBN Les œuvres d’Hemingway ont inspiré plusieurs cinéastes américains. Certains ne se tirèrent pas très bien des adaptations. Dans The Snows of Kilimanjaro, Henry King a donné une juste équivalence de l’univers d’un romancier qui appartint à cette «génération perdue» des années 20, tentée par Paris et l’Europe (sujet de The Sun Also Rises, réalisé également par King en 1957). Les retours en arrière du récit cinématographique nous plongent dans l’univers historique, psychologique et philosophique d’Hemingway. Le personnage d’Harry Street, aventurier intellectuel, ressemble à celui-ci par bien des côtés. Un message symbolique le conduit au Kilimandjaro où, au bord de la mort, il découvre les erreurs et le faux idéal de son existence. L’évocation de Paris au temps du bouillonnement littéraire et artistique de Montparnasse, de la Côte d’Azur, de l’Espagne des corridas, puis de la guerre civile, est une véritable «recherche du temps perdu», à la faveur de laquelle apparaissent des mutations sociales, des événements influant sur le destin d’Harry et des trois femmes (dont Ava Gardner, superbe et frémissante) qui ont été, à trois époques de sa vie, des figures presque symboliques. Henry King, trop souvent considéré comme un artisan d’Hollywood, vaut bien mieux que cette réputation. The Snows of Kilimanjaro est un film très soigné, très fouillé en profondeur et parfois émouvant. Gregory Peck y a tenu un de ses meilleurs rôles. Hildegarde Neff et Susan Hayward sont, elles aussi (excellentes comédiennes), parfaitements accordées à cette aventure humaine. Diffusion dimanche à minuit sur LBCI
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