Anthropologie - Afrique, Asie, Europe Un homme, plusieurs berceaux
le 19 mars 1999 à 00h00
Des analyses génétiques réalisées par des chercheurs américains remettent en cause l’idée selon laquelle les hommes modernes sont tous nés dans le même berceau d’Afrique, rapportent la revue Proceedings of the National Academy of Sciences. Eugene Harris et Jode Hey, de l’université Rutgers de Piscataway (New Jersey), ont abouti à cette conclusion après avoir comparé le même morceau du chromosome X chez seize Africains et dix-neuf Européens ou Asiatiques originaires de plusieurs populations différentes. À leur grande surprise, ils ont constaté que les sujets européens et asiatiques étaient tous porteurs d’une mutation de cette portion du chromosome X, identifiée sous les initiales PDHA1. En revanche, aucun des Africains examinés ne dispose de cette caractéristique. D’après leurs calculs, cette mutation aurait commencé à apparaître dans les populations non-africaines il y a environ 200 000 ans. En plus de cette différence particulièrement marquée, les chercheurs américains ont également noté que la diversité de la portion PDHA1 chez les sujets originaires d’Afrique était dix fois plus importante que chez les non-Africains. Ces résultats surprenants ont d’importantes conséquences pour l’histoire de l’homme, notent les deux auteurs de l’étude. Comme l’âge des plus anciens fossiles de l’Homo sapiens moderne est estimé à 100 000 ou 130 000 ans, leur découverte suggère que plusieurs foyers géographiques de population existaient au moment de cette transition. «Il est par conséquent probable que la transformation de l’Homo sapiens archaïque en un Homo sapiens moderne en termes d’anatomie se soit produite dans une population ancestrale déjà divisée géographiquement», écrivent les scientifiques américains. Selon eux, les gènes qui ont permis la transition de l’homme de l’époque vers l’homme moderne auraient donc circulé entre les différentes populations. Leurs analyses génétiques ne permettent toutefois pas de déterminer les distances qui séparaient ces différentes «tribus» d’Homo sapiens il y a environ 200 000 ans.
Des analyses génétiques réalisées par des chercheurs américains remettent en cause l’idée selon laquelle les hommes modernes sont tous nés dans le même berceau d’Afrique, rapportent la revue Proceedings of the National Academy of Sciences. Eugene Harris et Jode Hey, de l’université Rutgers de Piscataway (New Jersey), ont abouti à cette conclusion après avoir comparé le même morceau du chromosome X chez seize Africains et dix-neuf Européens ou Asiatiques originaires de plusieurs populations différentes. À leur grande surprise, ils ont constaté que les sujets européens et asiatiques étaient tous porteurs d’une mutation de cette portion du chromosome X, identifiée sous les initiales PDHA1. En revanche, aucun des Africains examinés ne dispose de cette caractéristique. D’après leurs calculs, cette mutation...
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