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Actualités - Chronologie

Culture - Fléaux, vieillissement, pénurie de terres Menace sur le cacao

Alors que le cacaoyer, en tant que culture des forêts équatoriales, présente un intérêt croissant et que l’on s’attend à une demande accrue en produits chocolatés, les spécialistes craignent l’arrivée d’une crise dans la filière cacaoyère. En effet, selon une récente étude du CIRAD (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement, France), présentée à l’occasion du Salon international de l’agriculture à Paris, cette culture pourrait bien connaître, vers 2005-2010, une forte chute de production. «C’est que, explique Denis Despréaux, directeur du département des cultures pérennes du centre, de nombreuses zones de production pourraient être abandonnées, en Afrique, en Asie ou en Amérique latine. Les plantations sont exposées à des fléaux de maladies parasitaires ou virales, beaucoup de vergers sont vieillissants et une pénurie de terres nouvelles disponibles est prévisible». Même si ce scénario «catastrophe» n’est qu’une hypothèse parmi d’autres, soulignent les spécialistes, ses conséquences seraient telles qu’il mérite une attention toute particulière. Première production végétale commerciale du sud-est de l’Amérique centrale voici 3 000 ans, le cacao représente aujourd’hui un commerce de 3 milliards de dollars et une production supérieure à 2,6 millions de tonnes par an. La consommation de cacao a progressé régulièrement. Entre 1980 et 1995, elle a doublé en Grande-Bretagne et augmenté de moitié en France et aux États-Unis. La Côte d’Ivoire en est le premier producteur (1,1 million de tonnes), suivie – de loin – par le Ghana (390 000 tonnes) et l’Indonésie (345 000 tonnes). En Afrique, la majorité de la production provient de petits cultivateurs travaillant sur moins de 5 hectares, alors qu’en Amérique du Sud, les grandes exploitations dominent. En Asie, les deux types de plantations sont d’importance comparable. Ennemis redoutables Le cacaoyer a de nombreux ennemis redoutables, à commencer par les rongeurs, les singes et les oiseaux, mais surtout plusieurs maladies font que, selon des estimations, plus de 50% de la production potentielle serait perdue chaque année. «Bien que ces données ne soient qu’indicatives, souligne Denis Despréaux, elles permettent d’apprécier l’importance des problèmes auxquels les planteurs doivent faire face». Trouver des variétés résistantes ou des techniques de lutte contre les maladies ou les ravageurs constitue donc logiquement l’un des enjeux principaux de la recherche. Le CIRAD a choisi cette année le cacao comme son thème principal pour le Salon de l’agriculture et a, par ailleurs, réuni, à cette occasion, les différents acteurs concernés, professionnels et experts. Ces spécialistes ont décidé de promouvoir une initiative internationale pour la création d’un programme global de recherche-développement sur la durabilité de la cacaoculture à travers un partenariat entre les secteurs public et privé, aussi bien du Nord que du Sud. «Les efforts de recherche, précisent-ils dans une déclaration, doivent se concentrer sur des mesures non nuisibles à l’environnement, que les petits exploitants peuvent facilement adopter, pour diminuer les effets des maladies et des ravageurs. Mais les aspects économiques sont, à leurs yeux, tout aussi importants: “Les incitations au développement, à l’amélioration des rendements et les nouvelles opportunités en matière de commercialisation mondiale, notent-il, doivent aussi être étudiées”».
Alors que le cacaoyer, en tant que culture des forêts équatoriales, présente un intérêt croissant et que l’on s’attend à une demande accrue en produits chocolatés, les spécialistes craignent l’arrivée d’une crise dans la filière cacaoyère. En effet, selon une récente étude du CIRAD (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement, France), présentée à l’occasion du Salon international de l’agriculture à Paris, cette culture pourrait bien connaître, vers 2005-2010, une forte chute de production. «C’est que, explique Denis Despréaux, directeur du département des cultures pérennes du centre, de nombreuses zones de production pourraient être abandonnées, en Afrique, en Asie ou en Amérique latine. Les plantations sont exposées à des fléaux de maladies...