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Actualités - Chronologie

L'herceptine, un nouveau remède contre le cancer du sein

Avec l’arrivée d’une nouvelle classe d’armes anticancer, les anticorps monoclonaux, la lutte contre cette maladie entre dans une nouvelle ère. Enthousiastes, les cancérologues saluent la mise au point de l’herceptine, premier de ces médicaments très «haute technologie» qui risquent de révolutionner leur arsenal, notamment pour une partie des femmes atteintes de cancers du sein. «Les essais menés aux États-Unis montrent qu’en faisant régresser les tumeurs de manière significative et en allongeant la survie des patients, cet anticorps multiplie par trois les chances d’un patient d’aller mieux», explique le Pr David Khayat, chef du service de cancérologie de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris. «C’est un médicament d’une importance capitale, entièrement différent des autres dans sa conception et son approche, et il n’est que le premier d’une liste qui ne va pas manquer de s’allonger». Les résultats obtenus avec cet anticorps avaient été présentés pour la première fois à Los Angeles (États-Unis) en mai 1998, dans le traitement du cancer du sein. Selon les experts, en plus d’être efficace, ce traitement est aussi dénué d’effets secondaires, souvent dévastateurs, des traitements chimiothérapiques, chute des cheveux ou effondrement des globules sanguins. La mise au point de cette nouvelle arme, explique le Pr Khayat, est partie d’une constatation: 20 à 30% des femmes atteintes d’un cancer du sein, ayant un pronostic particulièrement sombre, portent dans leurs cellules un récepteur spécifique présent en surabondance. La présence en surnombre de ce récepteur se traduit par la surproduction d’une protéine qui, elle-même, aboutit à une multiplication incontrôlée des cellules déclenchant le cancer. À partir de cette observation, un chercheur américain, le Dr Dennis Slamon, de l’université de Californie à Los Angeles (Ucla), est parvenu à mettre au point un anticorps monoclonal, une sorte de missile traité pour ne pas être rejeté par l’organisme, qui vise spécifiquement les cellules malignes et les détruit sans affecter les cellules saines. Autorisé aux États-Unis depuis quelques mois pour les femmes malades présentant cette anomalie, ce médicament devrait être disponible dans le courant de l’année en France. Selon les résultats présentés à Paris par le Dr Slamon, l’herceptine associée à une chimiothérapie double le taux de réponse (réduction de la tumeur) par rapport à la chimiothérapie seule. «Non seulement l’herceptine a dépassé nos attentes dans le traitement du cancer du sein, mais nous pensons qu’il pourrait aussi être efficace contre certains cancers de l’utérus, puisque 20% des femmes souffrant de ce cancer présentent la même anomalie», a indiqué le Dr Slamon.
Avec l’arrivée d’une nouvelle classe d’armes anticancer, les anticorps monoclonaux, la lutte contre cette maladie entre dans une nouvelle ère. Enthousiastes, les cancérologues saluent la mise au point de l’herceptine, premier de ces médicaments très «haute technologie» qui risquent de révolutionner leur arsenal, notamment pour une partie des femmes atteintes de cancers du sein. «Les essais menés aux États-Unis montrent qu’en faisant régresser les tumeurs de manière significative et en allongeant la survie des patients, cet anticorps multiplie par trois les chances d’un patient d’aller mieux», explique le Pr David Khayat, chef du service de cancérologie de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris. «C’est un médicament d’une importance capitale, entièrement différent des autres dans sa...