Un nouveau jeu politique s’est emparé des députés italiens depuis quelques mois en Italie: le chassé-croisé, sur un rythme unique en Europe, illustrant la recomposition politique des partis italiens. Plus de 10 % des 630 députés italiens ne sont plus dans leur groupe parlementaire d’origine. Trois groupes ont disparu depuis le début de la législature en avril 1996 et deux nouveaux se sont créés. Le nombre minimum de députés pour former un groupe à la Chambre des députés est de 20. Au total, ce sont 78 députés qui ne siègent plus sur les mêmes bancs que leurs anciens compagnons. Ce chiffre monte à 108 si l’on prend en compte les députés qui se sont retrouvés chez les non-inscrits en raison de scissions au sein de leur formation. Ainsi, le groupe des démocrates-chrétiens CCD-CDU, une composante de la coalition de droite du Pôle des libertés de Silvio Berlusconi, qui comptait 30 députés en début de législature n’existe plus. En octobre dernier, certains députés de ce groupe l’ont quitté pour rejoindre l’Union démocratique pour la République (UDR), une formation de centre-droit qui participe néanmoins au gouvernement de Massimo D’Alema aux côtés de sociaux-démocrates, de communistes et d’écologistes. L’UDR qui n’existait pas en 1996 compte désormais 19 députés mais ses troupes fondent à vue d’œil. Lundi, quatre députés UDR ont quitté ce groupe pour rejoindre les non-inscrits du «groupe mixte». «Nous sommes 19 aujourd’hui, dans une semaine nous serons 21», a commenté Roberto Manzione, le président du groupe UDR. La même mésaventure est arrivée au groupe communiste après la scission du Parti de la refondation communiste (PRC) et la naissance du Parti des communistes italiens (PDCI). Le groupe PRC qui comptait 34 députés en début de législature n’existe plus. 21 députés de ce groupe siègent aujourd’hui sur les bancs du PDCI et les autres sont chez les non-inscrits. Le groupe du ministre des Affaires étrangères Lamberto Dini, Renouveau italien (RI, centriste) qui comptait 26 députés en début de législature a totalement disparu. De 28 députés en début de législature, le groupe des non-inscrits, appelé «groupe mixte», est passé à 103 députés : verts, socialistes, démocrates-chrétiens, communistes, minorités linguistiques... Il arrive juste derrière le groupe des démocrates de gauche (DS, social-démocrate) qui compte 166 députés (contre 172 en début de législature) et celui de Forza Italia (FI, droite) qui a 110 représentants (contre 123). Alliance nationale (AN, post-fasciste) a 90 députés (92 en début de législature), le Parti populaire italien (PPI, démocrate-chrétien de gauche) compte 65 élus (contre 67) et la Ligue du Nord (sécessionniste) a 56 députés (contre 58). Le député Nicola Miraglia Del Giudice est un champion dans sa catégorie. Élu en 1996 sous l’étiquette CCD, il s’est inscrit au groupe AN, a rejoint les non-inscrits, est retourné à AN puis est revenu au CCD. Depuis le 4 mars, il siège avec l’UDR. Sept autres députés ont changé trois fois de groupe. Vingt ont changé de groupe deux fois. Présidente de la Chambre des députés sous la précédente législature, Irene Pivetti, élue en 1996 avec la Ligue du Nord, a rejoint RI, puis les non-inscrits et siège depuis jeudi sur les bancs UDR. Ces changements de groupe intempestifs ont eu au moins une fois une incidence politique. L’ancien président du Conseil Romano Prodi a dû démissionner le 9 octobre après avoir été mis en minorité d’une voix à la Chambre des députés. Ce jour-là, le député Silvio Liotta, élu de RI a choisi de rejoindre le CCD. Ce jeu de chaises musicales n’est pas prêt de s’arrêter. M. Prodi qui vient de créer le Parti démocrate pourrait incessamment quitter le groupe du PPI et rejoindre avec cinq de ses partisans le «groupe mixte».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Un nouveau jeu politique s’est emparé des députés italiens depuis quelques mois en Italie: le chassé-croisé, sur un rythme unique en Europe, illustrant la recomposition politique des partis italiens. Plus de 10 % des 630 députés italiens ne sont plus dans leur groupe parlementaire d’origine. Trois groupes ont disparu depuis le début de la législature en avril 1996 et deux nouveaux se sont créés. Le nombre minimum de députés pour former un groupe à la Chambre des députés est de 20. Au total, ce sont 78 députés qui ne siègent plus sur les mêmes bancs que leurs anciens compagnons. Ce chiffre monte à 108 si l’on prend en compte les députés qui se sont retrouvés chez les non-inscrits en raison de scissions au sein de leur formation. Ainsi, le groupe des démocrates-chrétiens CCD-CDU, une composante de la...