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Actualités - Chronologie

Traditions - La terre a bien parlé "Arwa" animiste au Niger

Les plus puissants sorciers animistes du Niger, réunis cette semaine à Massalata, près de Birni N’Konni (340 kilomètres à l’est de Niamey), sont formels : cette année, «la terre a bien parlé». Aucune catastrophe ne va s’abattre en 1999 sur le Niger, qui verra d’abondantes pluies et d’excellentes récoltes comme l’année dernière, ont prédit les sorciers. Chaque année, les animistes convergent à Massalata, au pied de la colline qui surplombe le village. Là, ils organisent l’«arwa», séance de voyance au cours de laquelle ils discutent des problèmes de culte et de «l’avenir» du pays. Les grands sorciers du Nigeria, du Mali et du Cameroun sont également conviés à cette cérémonie retransmise à la télévision. Assis à même le sol sous un arbre géant, le torse nu et les yeux rougis par le «bourkoutou» (bière traditionnelle), les chefs sorciers «lisent» à travers des figures géométriques qu’ils dessinent sur le sol. Cette année donc, pas de catastrophe en vue. À une nuance près : selon la tradition, seules les bonnes nouvelles sont divulguées, les mauvaises étant réservées aux initiés. En août dernier, les pluies avaient provoqué de nombreux morts et d’énormes dégâts au Niger. Cette année, pour «apaiser la colère» des «dieux», les «arnas» (animistes) ont immolé un bœuf et une génisse. Faiseurs de pluie Mais les sorciers sont tout de même inquiets. Ils s’élèvent contre l’abandon de certains cultes et sacrifices et la prolifération des mosquées qui, selon leurs propos rapportés par la radio, provoquent le «recul» de leur religion. Alors qu’autrefois les populations faisaient appel à eux pour «faire tomber la pluie» ou conjurer les épidémies, la prière devient maintenant l’apanage exclusif des mosquées. Environ 90 % des Nigériens sont musulmans. Les animistes ne représentent qu’un peu plus de 5 % de la population, mais les «arnas» restent redoutés pour leur supposé «pouvoir maléfique». La fête des «arnas» continue d’être célébrée avec faste et force démonstrations d’invulnérabilité, rites d’initiation et baptêmes de nouveaux fidèles. La danse des «Gardawas» (les invulnérables) est la plus attendue du public. Vêtus d’énormes jupes, castagnettes aux pieds et aux poignets, ils virevoltent au rythme endiablé des tambours jusqu’à la transe. Puis, tels des forcenés, ils tailladent à coups de couteaux ou de tessons de bouteilles leurs corps couverts de gris-gris et préalablement lavés avec des potions magiques à base de feuilles et d’écorces sauvages. Les enfants et les femmes font aussi partie du cercle ésotérique: sous les regards ébahis du public, ils s’enfoncent d’énormes clous dans le nez, la bouche, les yeux, le nombril et les oreilles. «Baoura», le plus grand sorcier du Niger est mort il y a cinq ans à l’âge de 120 ans. C’est son cadavre, emballé dans un bœuf fraîchement égorgé et transporté par des hommes devant une assemblée de candidats qui, telle une boussole, a désigné son successeur
Les plus puissants sorciers animistes du Niger, réunis cette semaine à Massalata, près de Birni N’Konni (340 kilomètres à l’est de Niamey), sont formels : cette année, «la terre a bien parlé». Aucune catastrophe ne va s’abattre en 1999 sur le Niger, qui verra d’abondantes pluies et d’excellentes récoltes comme l’année dernière, ont prédit les sorciers. Chaque année, les animistes convergent à Massalata, au pied de la colline qui surplombe le village. Là, ils organisent l’«arwa», séance de voyance au cours de laquelle ils discutent des problèmes de culte et de «l’avenir» du pays. Les grands sorciers du Nigeria, du Mali et du Cameroun sont également conviés à cette cérémonie retransmise à la télévision. Assis à même le sol sous un arbre géant, le torse nu et les yeux rougis par le...