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Actualités - Chronologie

L'oppressante attente des familles au poste-frontière de Morina

Une étrange atmosphère, à la fois oppressante et surréaliste, flotte au poste-frontière de Morina (nord de l’Albanie), où les Albanais du Kosovo, après avoir afflué pendant des semaines, arrivent désormais au compte-gouttes. Pendant plusieurs semaines, les réfugiés sont arrivés par milliers à Morina. Quelque 353 000 Albanais du Kosovo ont franchi le poste-frontière depuis le début des bombardements de l’Otan, selon la préfecture de Kukes. Mais depuis plusieurs jours, une chape de silence s’est abattue sur la frontière. Aucune arrivée dimanche, 19 personnes lundi, une seule mardi, quatre mercredi. «On ne sait pas ce qui se passe derrière», avoue un observateur étranger, présent tous les jours à Morina. Les bus du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) sont garés à quelques mètres. Ils attendent. Les membres de l’OSCE, du HCR, les douaniers albanais tuent le temps près de la guérite. Ils attendent. Les journalistes qui viennent aux nouvelles depuis Kukes, situé à 25 km du poste-frontière, s’installent dans l’herbe. Des chauffeurs, installés dans leurs voitures sur le petit surplomb, poussent le volume de leur auto-radio, et une musique de raï retentit, incongrue. Il y a le pont constituant le No man’s land, sur quelques mètres, puis les deux drapeaux yougoslave et serbe, et la route qui serpente entre les collines, vers Zur, vers Prizren (sud du Kosovo). On y aperçoit parfois un gros chat qui traverse la route. Le bâtiment de la douane, de l’autre côté de Morina, semble inoccupé, mais de temps en temps apparaît une silhouette de policier. Dans les collines toutes proches sont postés les militaires yougoslaves, que les observateurs, côté albanais, tentent de débusquer à la jumelle. Des coups de feu retentissent parfois.
Une étrange atmosphère, à la fois oppressante et surréaliste, flotte au poste-frontière de Morina (nord de l’Albanie), où les Albanais du Kosovo, après avoir afflué pendant des semaines, arrivent désormais au compte-gouttes. Pendant plusieurs semaines, les réfugiés sont arrivés par milliers à Morina. Quelque 353 000 Albanais du Kosovo ont franchi le poste-frontière depuis le début des bombardements de l’Otan, selon la préfecture de Kukes. Mais depuis plusieurs jours, une chape de silence s’est abattue sur la frontière. Aucune arrivée dimanche, 19 personnes lundi, une seule mardi, quatre mercredi. «On ne sait pas ce qui se passe derrière», avoue un observateur étranger, présent tous les jours à Morina. Les bus du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) sont garés à quelques mètres....