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Actualités - Chronologie

Jody Williams, Nobel de la paix, déplore la position américaine

L’Américaine Jody Williams, récompensée par le Nobel de la paix pour ses efforts inlassables pour l’interdiction des mines, ne mâche pas ses mots pour critiquer la position «incongrue» des États-Unis qui refusent d’adhérer au traité d’interdiction des mines antipersonnel. Lorsque entrera en vigueur lundi le traité d’Ottawa interdisant les mines antipersonnel, les cloches sonneront à midi dans plusieurs capitales à travers le monde, mais pas à Washington. «C’est lamentable que les États-Unis demeurent toujours en dehors du courant de la majorité des pays du monde sur ce problème», indique Jody Williams, corécipiendaire du prix Nobel de la paix 1997 et coordinatrice de la Campagne internationale pour l’interdiction des mines (ICBL), un réseau regroupant quelque 900 ONG (organisations non gouvernementales) dans le monde. «Tous les pays de l’hémisphère occidental, sauf les États-Unis et Cuba, ont signé le traité, tous les pays de l’Otan, sauf les États-Unis et la Turquie, quasiment tous les pays d’Afrique, 5 pays du Proche-Orient et la plupart des alliés asiatiques, comme les Philippines, le Japon et l’Indonésie», dit-elle. «Il semble étrange que la seule superpuissance, qui a la technologie militaire la plus avancée dans le monde, se trouve parmi les rares pays qui ne peuvent se résoudre à abandonner les modestes mines antipersonnel», ajoute-t-elle. Jody Williams sera à Oslo le 1er mars où elle participera aux diverses cérémonies marquant l’entrée en vigueur du traité, adopté à Oslo mais signé à Ottawa. «Bien sûr, nous apprécions la participation des États-Unis dans les opérations de déminage à travers le monde, mais c’est vraiment incongru que les États-Unis veuillent mettre de l’ordre dans tout cela tout en se réservant le droit de produire et d’utiliser les mines antipersonnel». Ancienne militante contre la guerre du Vietnam, Jody Williams, 50 ans, est diplômée de l’École des hautes études internationales de l’université Johns Hopkins. Elle s’est d’abord occupée d’une organisation humanitaire fournissant une assistance médicale au Salvador, avant de coordonner des programmes d’éducation au Nicaragua et au Honduras. Mais son militantisme a trouvé pleinement à s’exprimer lorsqu’elle a pris la tête de la Campagne internationale pour l’interdiction des mines antipersonnel. La position des États-Unis, qui imputent toujours à la tension dans la péninsule coréenne leur refus de signer le traité sur les mines antipersonnel, est décriée par Jody Williams: «Aucun stratège sérieux ne peut voir les mines antipersonnel comme une arme de dissuasion contre l’invasion de la Corée du Sud par le Nord», affirme-t-elle. «Les États-Unis laissent entendre que s’ils signaient le traité, soudain le Nord se sentirait poussé à envahir le Sud, sous-entendant que les forces américaines et sud-coréennes ne feraient rien pour les en empêcher : c’est tout simplement absurde», dit-elle. «Les États-Unis et les forces sud-coréennes lanceraient des frappes aériennes au cœur de la Corée du Nord, comme les Américains l’ont fait durant la guerre du Golfe et continuent de le faire en Irak aujourd’hui», ajoute Jody Williams. Évoquant le président américain Bill Clinton qu’elle n’a jamais rencontré malgré une récompense prestigieuse qui n’était pas revenue à un Américain depuis plus de 10 ans — mais avec lequel dit-elle, elle a échangé des lettres — elle estime «que le président est peut-être du bon côté». «Mais il devrait agir en accord avec ses sentiments et signer le traité en tant que commandant en chef», affirme-t-elle. «Après un affolement initial, les militaires suivraient», estime Jody Williams.
L’Américaine Jody Williams, récompensée par le Nobel de la paix pour ses efforts inlassables pour l’interdiction des mines, ne mâche pas ses mots pour critiquer la position «incongrue» des États-Unis qui refusent d’adhérer au traité d’interdiction des mines antipersonnel. Lorsque entrera en vigueur lundi le traité d’Ottawa interdisant les mines antipersonnel, les cloches sonneront à midi dans plusieurs capitales à travers le monde, mais pas à Washington. «C’est lamentable que les États-Unis demeurent toujours en dehors du courant de la majorité des pays du monde sur ce problème», indique Jody Williams, corécipiendaire du prix Nobel de la paix 1997 et coordinatrice de la Campagne internationale pour l’interdiction des mines (ICBL), un réseau regroupant quelque 900 ONG (organisations non gouvernementales)...