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Actualités - Chronologie

Société - Omnia, omnibus, ubique Quand Harrods vendait de la cocaïne ...

Fréquenté par les plus riches, épicier officiel de la reine Elizabeth, le grand magasin Harrods, devenu en 150 ans une institution londonienne, est pourtant la propriété d’un étranger, l’Égyptien Mohammed Fayed, qui s’est vu plusieurs fois refuser la nationalité britannique. Fondée en 1849 par Charles Henry Harrod, ce qui n’était au départ qu’une petite épicerie de Knightsbridge, près de Hyde Park, n’a cessé de grandir pour acquérir une renommée internationale et devenir un symbole de luxe et d’opulence. Ils sont 35 000 en moyenne chaque jour à se perdre dans ses quelque 300 rayons, sur sept étages et 111 500 mètres carrés. Et quand viennent les soldes, en janvier et juillet, jusqu’à 300 000 clients avides de bonnes affaires se bousculent aux portes. Parmi les visiteurs, 20 % viennent de l’étranger — surtout des États-Unis, d’Europe et du Japon — mais les Londoniens représentent 60% des chalands. Il n’est pas inhabituel d’y croiser des célébrités comme Jerry Hall et son petit dernier venant se ravitailler dans le somptueux hall de quelque 2 000 mètres carrés réservé à l’alimentation. Quatre blasons sur une façade témoignent que Harrods est fournisseur officiel de la reine Elizabeth II, du duc d’Edimbourg, de la reine-mère et du prince Charles. La maison a pour devise: «Omnia omnibus ubique» (tout, pour tous, partout). Jusqu’en 1916, on y vendait même de la cocaïne au rayon pharmacie. Fayed en sphynx Fruits et légumes, fourrures, rubis, serpents, mini-Ferrari, salon de coiffure, restaurants... Harrods se vante de pouvoir satisfaire tous les désirs de ses clients et encaisse en moyenne chaque jour 1,5 million de livres (2,46 millions de dollars, 2,16 millions d’euro). Difficile d’avoir une idée des bénéfices, Harrods reste muet à ce sujet. Une chose est sûre: la famille Fayed avait dû payer 615 millions de livres (plus d’un milliard de dollars) pour s’approprier en 1985 le groupe House of Fraser et son fleuron, Harrods. Plusieurs centaines de millions de livres d’investissement après, Harrods a pris des proportions encore plus gigantesques et une «salle égyptienne» a vu le jour en 1991. Parmi les reproductions de pharaons, on peut voir quelques bustes de sphynx qui affichent une ressemblance frappante avec le propriétaire des lieux, Mohammed Fayed. Deux grands portraits trônent dans le magasin, en mémoire de son fils Dodi et de la princesse Diana, morts en août 1997 dans un accident de voiture considéré par Fayed père comme fruit d’un complot pour empêcher un mariage peu souhaité par la Couronne britannique. Harrods, le plus «british» des magasins londoniens, est devenu le royaume et la fierté de ce milliardaire discret sur les origines de sa fortune, qui reproche au Royaume-Uni de lui refuser la nationalité britannique. Derrière les dorures, pour les 4 000 employés de Harrods, le changement de propriétaire n’est pas non plus passé inaperçu. «Un régime autocratique malsain s’est installé dans le magasin», remarque sous couvert de l’anonymat un responsable syndical qui connaît la maison depuis vingt-cinq ans. Les syndicats ont été interdits voilà quatre ans. Une récente biographie de Mohammed Fayed affirme que la plupart des employés sont sur écoute et que certains auraient subi des tests de dépistage du sida à leur insu. Il faut également montrer patte blanche comme simple client. Victime à deux reprises d’attentats de l’IRA, dont l’un a tué six personnes en 1993 alors que l’autre a fait quelques blessés légers en 1993, Harrods a son propre service de sécurité. Les entrées du magasin sont très surveillées, il est interdit d’y utiliser son téléphone portable ou de prendre des photos, et on refoule les porteurs de jeans déchirés ou de sac à dos.
Fréquenté par les plus riches, épicier officiel de la reine Elizabeth, le grand magasin Harrods, devenu en 150 ans une institution londonienne, est pourtant la propriété d’un étranger, l’Égyptien Mohammed Fayed, qui s’est vu plusieurs fois refuser la nationalité britannique. Fondée en 1849 par Charles Henry Harrod, ce qui n’était au départ qu’une petite épicerie de Knightsbridge, près de Hyde Park, n’a cessé de grandir pour acquérir une renommée internationale et devenir un symbole de luxe et d’opulence. Ils sont 35 000 en moyenne chaque jour à se perdre dans ses quelque 300 rayons, sur sept étages et 111 500 mètres carrés. Et quand viennent les soldes, en janvier et juillet, jusqu’à 300 000 clients avides de bonnes affaires se bousculent aux portes. Parmi les visiteurs, 20 % viennent de...