Gousses d’ail, vinaigre, framboises et bains de pieds: les remèdes de grand-mère restent, pour des centaines de milliers d’Ukrainiens infectés par une virulente épidémie de grippe, l’arme la plus efficace et la moins onéreuse pour lutter contre la maladie. Quatre personnes sont mortes des complications de la grippe, partie de l’est du pays à la mi-janvier, et des centaines d’écoles ont déjà fermé leurs portes, selon les autorités. Pour endiguer le fléau, le gouvernement prévoit aussi de distribuer des médicaments dans les maisons de retraite et les orphelinats. «Tout ça c’est bien, mais le mieux pour tuer les microbes est de manger de l’ail, du saindoux et de la compote de framboises», s’exclame Valentina Netchiporenko, 56 ans, venue de son petit village de la région de Tchernihiv (nord) pour vendre du fromage sur un marché de la capitale. «Et puis un petit verre de vodka cul sec tous les soirs ne fait jamais de mal», ajoute-t-elle, le visage barré d’un grand sourire édenté. «Moi, par exemple, je ne suis toujours pas tombée malade». Comme Valentina, beaucoup d’Ukrainiens préfèrent aux médicaments, souvent onéreux, les bons vieux remèdes de grand-mère auxquels on prête toutes les vertus curatives – que ce soit pour soigner la grippe, les douleurs intestinales ou encore les maux de tête. «Il faut boire beaucoup de thé avec du citron ou de la framboise. Cela fait tomber la fièvre et c’est plein de vitamines», soutient Alla Mironenko, une responsable du centre antigrippe au ministère de la Santé. Vinaigre et radis On peut aussi à souhait: se badigeonner le corps de vinaigre, manger des radis trempés dans du miel ou encore s’accrocher sous le nez un mouchoir imbibé d’ail. «Cela dégage les voies respiratoires», assure Mme Mironenko. Et puis si la fièvre n’est pas trop forte, les bains de pieds dans une «potion» d’eau bouillante et de moutarde sont tout à fait recommandés, explique sérieusement Valentina Chirko, une retraitée de 50 ans. «Tout ça, c’est naturel. Par contre, les médicaments ça ne sert à rien et en plus, c’est nuisible», poursuit Lidia, une comptable de 50 ans. Quoi qu’il en soit, la plupart des Ukrainiens qui ne gagnent en moyenne que 80 dollars mensuellement ne peuvent pas se permettre d’acheter des médicaments qui, de surcroît, ne sont jamais remboursés. «Avec ma petit retraite de 40 hryvnias par mois (10 euros), c’est bien sûr exclu», confirme Maria, une retraitée de la région de Kiev. Ainsi, les vaccins contre la grippe importés de France ou de Hollande et vendus au prix de 10 dollars sont restés sur les rayons des pharmacies. «Seulement 30 000 personnes se sont fait vacciner», sur une population de plus de 50 millions, souligne encore Mme Mironenko. Cette année, l’épidémie de grippe est plus virulente que l’année passée et d’ici six semaines quelque cinq millions de personnes auront été infectées, conclut-elle.
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