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Actualités - Opinion

Controverse En marge d'une biennale Malta Yok ? Malta veni, vidi, vici

Nous avons reçu de dame Françoise Tempra, présidente de la Biennale de Malte, la réponse qui suit à l’article «Malta Yok !» de Joseph Tarrab publié dans notre livraison de samedi 20 février, page 6. L’alternative au sort de l’amiral de la flotte ottomane, qui revint bredouille (de dépouilles et de prisonniers maltais) de ses pérégrinations méditerranéennes (il avait oublié sa boussole dans un de ses harems, le petit étourdi), est claire. En 1565, après des mois de sièges par 200 galères turques, Malte célébra sa victoire, son incroyable victoire, et fournit à sa cathédrale Saint-Jean des caryatides plus que symboliques d’esclaves turcs… pour les autels des chapelles latérales. «Foire aux cancres ?» Bien sûr ! Imbéciles, les centaines de conservateurs de musées, d’académies et d’institutions qui se glorifient des œuvres de Manuel Quintanilla, père de l’essentialisme, Victor Pasmore, un des pères de l’abstraction qui influença toutes les écoles d’art en Grande-Bretagne (Oxford dictionary for art and artist dixit). Imbéciles les cités qui admirent les fresques murales de Lino Dinetto (Italie et Amérique du Sud), imbéciles les universités et édifices publics qui s’enorgueillissent des géantes mosaïques murales d’Irène Rousseau, membre du mouvement d’abstraction géométrique «American abstract artists» (exposition didactique de 50 de ses membres organisée par la Biennale de Malte, au musée Wignacourt et visitée pendant trois mois par les écoles, collèges et universités). Imbéciles encore les villes qui érigent sur leurs places les bronzes géants des lauréats de la Biennale de Malte (y compris Paris et Florence) Giacomo de Pass et Romano Costi. «Manque de documentation» ? À ignorer les livres disponibles à l’exposition : quatre sur de Pass, quatre sur Lilika, quatre sur Dinetto, quatre sur Pons et tous ceux sur Quintanilla (y compris son manifeste sur l’essentialisme), Arthur Rizzo (en quatre langues européennes, par l’auteur de cette réponse), Dominique Philippe, Luciano Gasper, Anton Agius, Camille Hilaire, Anthony Calleja, Rudolph Khatchatryan , Thanassis Akrivopoulos etc. «Présentation insensée» ? L’hommage à l’Unesco, annoncé à la conférence de presse par la présidente de la Biennale de Malte… «J’admire la noble mission de l’Unesco de promouvoir la collaboration entre les nations par l’éducation, la science et la culture (…) et je rends un triple hommage par la biennale à cette institution …». 1- Éducation : œuvre d’Hervé Bazin , président de l’académie Goncourt (autre nullité) et de Pass 2- Science : innovations technologiques de radiographies de Meneghetti, investigations pigmentatives de Carlos Diaz. 3- Culture : hommage de Frank Hill (1937- 1990) à l’histoire de l’art (Boticelli, Leonardo , Giorgione, Velasquez, Picasso, etc.). «Entreprise vénale» ? Seule la Libanaise Jamilé Rizkallah a vendu une œuvre (elle commence sa carrière, mais la biennale lui a concédé une chance parmi la majorité des œuvres appartenant à des collections privées). «L’aveuglement du ministère» ? Le ministère doit se féliciter d’avoir appuyé un événement dont le retentissement favorise les artistes libanais et le prestige du Liban et leur offre (oui) des tremplins vers les cinq continents, par les expositions consécutives à la Biennale de Malte : 1- Hommage au sculpteur libanais Michel Basbous (1921-1981), musée Tempra Malte, mairie de Mgarr (musée cédé par l’auteur de cet article à la nation maltaise) en septembre 1999. 2- Hommage au peintre libanais Jean Khalifé (1925-1978) au musée Wignacourt de Malte en septembre 1999. 3- Participation d’une vingtaine d’artistes libanais au concours de la prochaine biennale de Malte (11 septembre au 12 octobre 1999) dans les sections : peinture, sculpture, installation, architecture, design, photo, etc. 4- Présence de l’œuvre de l’écrivain-poète libanaise Thérèse Aouad Basbous dans la catégorie langue de la Biennale de Malte (la dernière biennale rendit hommage à l’italien et la prochaine probablement à l’arabe ou à l’anglais). «Malta Yok» ?… Plutôt «Malta veni, vidi, vici». La Biennale de Malte est venue à l’Unesco, a vu les Libanais et leurs œuvres, les a conquis (et a été conquise). Elle sublimera l’art des futurs lauréats libanais de la biennale dans les cinq continents. Françoise TEMPRA (Présidente de la Biennale de Malte) Réponse: - Je remercie dame Françoise Tempra d’avoir pris la peine d’apporter toutes ces précisions historiques et topiques, et je la félicite de la fougue avec laquelle elle défend ses poulains, bien qu’elle soit passée à côté des points soulevés dans mon article notamment sur l’accrochage déplorable des œuvres. Elle cite des artistes célèbres : il ne s’agit pas de nous étourdir avec des noms, mais de nous convaincre avec des œuvres. Or, les pièces exposées sont, pour la plupart, moins que convaincantes. Je ne me suis pas plaint du manque de livres sur les artistes, mais de l’absence de cartels, d’un catalogue de l’exposition et d’une brochure sur la biennale. Je n’ai pas parlé de «présentation insensée». Il s’agit sans doute d’un lapsus calami freudien. Le fait qu’une seule œuvre a été vendue montre que le public libanais ne se laisse pas éblouir par la poudre aux yeux. Le ministère de la Culture m’informe qu’il a refusé d’accorder son label à la biennale et de l’inclure dans son programme «Beyrouth capitale culturelle». Ce label a donc été usurpé. À son tour, l’Association des artistes peintres et sculpteurs au Liban a refusé de participer à cette manifestation. Quant aux hommages aux peintres et sculpteurs libanais et à leur participation à la prochaine biennale, tant mieux pour eux et pour le Liban, dans l'espoir que ce ne sera pas, encore une fois, échec et Malte.
Nous avons reçu de dame Françoise Tempra, présidente de la Biennale de Malte, la réponse qui suit à l’article «Malta Yok !» de Joseph Tarrab publié dans notre livraison de samedi 20 février, page 6. L’alternative au sort de l’amiral de la flotte ottomane, qui revint bredouille (de dépouilles et de prisonniers maltais) de ses pérégrinations méditerranéennes (il avait oublié sa boussole dans un de ses harems, le petit étourdi), est claire. En 1565, après des mois de sièges par 200 galères turques, Malte célébra sa victoire, son incroyable victoire, et fournit à sa cathédrale Saint-Jean des caryatides plus que symboliques d’esclaves turcs… pour les autels des chapelles latérales. «Foire aux cancres ?» Bien sûr ! Imbéciles, les centaines de conservateurs de musées, d’académies et d’institutions...