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Actualités - Chronologie

Conflit linguistique La Bulgarie et la Macédoine enterrent la hache de guerre

La Bulgarie et la Macédoine ont officiellement mis fin lundi à un litige historique qui les opposait sur l’existence d’une langue macédonienne, revendiquée par Skopje et niée par Sofia. Ce litige empoisonnait les relations des deux pays voisins et, surtout, empêchait la signature d’accords bilatéraux. Si la Bulgarie a été le premier État à reconnaître officiellement la Macédoine, le 15 janvier 1992, elle estimait jusqu’à présent que la langue macédonienne n’était qu’un dialecte dérivé du bulgare et que les Macédoniens sont d’origine bulgare. Le Premier ministre macédonien Ljubco Georgievski, en visite officielle à Sofia, a signé lundi avec son homologue bulgare Ivan Kostov une déclaration bilatérale «en langue bulgare conformément à la Constitution de la Bulgarie et en langue macédonienne conformément à la Constitution de la Macédoine». Cette première a permis la signature dans la foulée de sept accords sur la vingtaine bloqués depuis des années par cette querelle linguistique. Ces accords concernent la double imposition, la protection des investissements, le commerce, les transports routiers, les communications aériennes, les relations consulaires et la coopération entre les ministères des Affaires étrangères. Le secrétaire d’État adjoint américain Strobe Talbott a félicité les deux parties. «Le litige linguistique est un problème classique dans les Balkans. Le résoudre montre que les deux pays sont de bons citoyens du monde, ce qui est un des critères d’adhésion à l’Otan», a-t-il déclaré à la télévision bulgare. Sofia et Skopje ont souligné leur «approche européenne» et jugé que cet accord contribuerait à stabiliser la région. Vraisemblablement pour suggérer que la Bulgarie n’a pas totalement reconnu l’existence d’une langue macédonienne la radio et la télévision bulgares continuaient cependant à retransmettre sans traduction les déclarations d’hommes politiques macédoniens tout le long de la visite de M. Georgievski. Les médias bulgares soulignaient pour leur part que les deux Premiers ministres se parlaient sans interprète. La région macédonienne est divisée actuellement entre l’ex-république yougoslave de Macédoine — nom provisoirement accepté par l’Onu à la demande de la Grèce —, la Grèce et la Bulgarie. Athènes s’oppose au nom même de Macédoine, jugeant qu’il porte atteinte à son patrimoine et traduit des prétentions territoriales de la part de Skopje. Sofia et Skopje ont déclaré lundi qu’elles n’avaient pas de prétentions territoriales l’une envers l’autre, même si la Constitution macédonienne stipule que cet État doit prendre soin des Macédoniens vivant dans les pays voisins. La Macédoine assure dans la déclaration signée lundi que «rien dans sa Constitution ne fournit une base pour l’ingérence dans les affaires intérieures bulgares». Skopje soutenait jusqu’à présent une organisation promacédonienne Considérée comme «séparatiste» en Bulgarie, OMO Ilinden. Une filiale modérée de cette organisation interdite a été pour la première fois autorisée par la justice bulgare à la veille de la visite de M. Georgievski.
La Bulgarie et la Macédoine ont officiellement mis fin lundi à un litige historique qui les opposait sur l’existence d’une langue macédonienne, revendiquée par Skopje et niée par Sofia. Ce litige empoisonnait les relations des deux pays voisins et, surtout, empêchait la signature d’accords bilatéraux. Si la Bulgarie a été le premier État à reconnaître officiellement la Macédoine, le 15 janvier 1992, elle estimait jusqu’à présent que la langue macédonienne n’était qu’un dialecte dérivé du bulgare et que les Macédoniens sont d’origine bulgare. Le Premier ministre macédonien Ljubco Georgievski, en visite officielle à Sofia, a signé lundi avec son homologue bulgare Ivan Kostov une déclaration bilatérale «en langue bulgare conformément à la Constitution de la Bulgarie et en langue macédonienne...