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Actualités - Chronologie

Guerre ou paix, Milosévic maître du jeu

Le président de la République fédérale de Yougoslavie (Serbie et Monténégro), Slobodan Milosevic, détient seul le pouvoir de décider entre guerre et paix comme cela a toujours été le cas dans le passé, estimaient des sources proches de son parti. Le président Milosevic, qui déclarait encore ce week-end que la Yougoslavie «ne donnera pas le Kosovo fut-ce au prix de bombardements», ne semble pas redouter dans l’immédiat de frappes de l’Otan. Un seul mot de M. Milosevic, 57 ans, qui se comporte depuis son accession au pouvoir il y a neuf ans en maître absolu du pays après avoir rallié à sa cause les ultranationalistes et de nombreux opposants, peut s’il le souhaite définitivement dénouer la crise, indiquent des sources diplomatiques. «Nous savons que Milosevic est la vraie puissance (et) nous allons faire pression sur lui encore et encore», déclarait récemment le secrétaire d’État américain Madeleine Albright. Le seul point sur lequel ses ennemis comme ses partisans s’accordent est que, depuis l’accord de paix de Dayton pour la Bosnie en décembre 1995, il a réussi à s’imposer comme l’unique interlocuteur du côté serbe. Ses admirateurs le présentent comme «réaliste et sage». Alors que pour ses détracteurs, ce juriste de formation, qui a gravi les échelons de la nomenklatura au temps du communisme en jouant la carte du nationalisme, est un dangeureux joueur d’échecs qui ne comprend que les rapports de force et est capable pour se maintenir au pouvoir de surprenantes volte-face. Un sens de la conservation très développé «Milosevic est un pragmatique, l’homme du moment, avec un sens de conservation très développé», admet le journaliste Slavoljub Djukic, un farouche opposant du président. Son pouvoir sur l’appareil d’État et les médias est tel qu’il peut à tout moment adopter des positions diamétralement opposées. Ainsi, le 24 avril 1998, les Serbes ont approuvé par référendum (94,73 %) le rejet par leur président d’une médiation étrangère. Cela ne l’a pas empêché en octobre d’accepter sur la pression américaine une présence massive de vérificateurs de l’OSCE au Kosovo. M. Milosevic avait toujours soutenu qu’aucune négociation se tiendrait hors de Serbie. Cependant, le 4 février, le Parlement a voté, encore à une écrasante majorité, en faveur de la participation de Belgrade aux pourparlers de Rambouillet destinés à conférer au Kosovo une «autonomie substantielle». L’un de ses rares opposants, Zoran Djindjic, président du Parti démocratique (PD), estime que «Milosevic a besoin de crises incessantes afin de pouvoir régner avec les pleins pouvoirs en tant que chef de l’armée, sans contrôle, seul et sans devoir rendre des comptes». M. Milosevic, qui s’est voulu le défenseur de tous les Serbes vivant dans l’ex-Yougoslavie, n’est pas cependant dénué de ruse. Bien qu’il apparaisse clairement aux yeux des dirigeants occidentaux comme le seul interlocuteur susceptible de prendre des décisions, il refuse de recevoir le médiateur américain Christopher Hill venu à Belgrade pour le rencontrer. Une visite qualifiée «d’offensante» pour le président serbe Milan Milutinovic qui se trouvait aux pourparlers de Rambouillet. En adoptant une tactique dilatoire, M. Milosevic mise sur le développement de profondes divergences entre partenaires du Groupe de contact ainsi qu’entre les différents mouvements kosovars.
Le président de la République fédérale de Yougoslavie (Serbie et Monténégro), Slobodan Milosevic, détient seul le pouvoir de décider entre guerre et paix comme cela a toujours été le cas dans le passé, estimaient des sources proches de son parti. Le président Milosevic, qui déclarait encore ce week-end que la Yougoslavie «ne donnera pas le Kosovo fut-ce au prix de bombardements», ne semble pas redouter dans l’immédiat de frappes de l’Otan. Un seul mot de M. Milosevic, 57 ans, qui se comporte depuis son accession au pouvoir il y a neuf ans en maître absolu du pays après avoir rallié à sa cause les ultranationalistes et de nombreux opposants, peut s’il le souhaite définitivement dénouer la crise, indiquent des sources diplomatiques. «Nous savons que Milosevic est la vraie puissance (et) nous allons faire...