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Actualités - Chronologie

Les films à la télé L'aventure, la chair et l'esprit (photos)

Pour débuter la semaine, deux comédies, question de vous faire voir la vie en rose. La suite le sera moins. Le même soir, vous aurez droit à The Mask de Charles Russell, un fantastique succès inspiré d’une BD, qui propulsa au premier rang Jim Carrey et Cameron Diaz, ainsi que She-Devil de Susan Seidelman avec Maryl Streep et Roseanne Barr. On ne m’en voudra pas de préférer le premier et de vous le recommander. Commençons par The Mask ou comment la découverte d’un masque magique, d’origine scandinave, vient bouleverser l’existence d’un brave garçon, passionné de dessins animés, et le délivre de ses frustrations en l’entraînant dans une délirante aventure. On oubliera la naïveté, le manichéisme, voire l’ambiguïté de cette transposition d’une BD peu connue, conçue en hommage à Tex Avery. Pour retenir l’essentiel. C’est-à-dire l’extraordinaire tour de force physique de Jim Carrey dans un rôle survolté, à la limite de la schizophrénie, les éblouissants et drolatiques effets spéciaux ainsi que la sensualité de Cameron Diaz qui débutait alors à l’écran. Diffusion lundi à 20h30 sur LBCI Dans She-Devil, Meryl Streep se démène beaucoup, face à Rosenne Barr, qui triomphait alors à la télévision, et dont ce fut l’unique film. Et pour cause: malgré son poids, elle ne faisait pas le «poids» face à Meryl Streep. Et pourtant c’est elle La diable (titre français du film). S’étant fait piquer son mari, Bob, par une séduisante et riche romancière, Mary Fisher, Ruth se mue alors en harpie vengeresse, installe ses enfants chez le couple et se fait embaucher dans l’hospice où Mary a placé sa mère, incitant cette dernière à se rebeller contre le sort que lui inflige sa fille indigne. Puis elle monte une agence d’emploi féminin qui devient vite florissante et lui permet de compromettre la nouvelle carrière de Bob au point de l’envoyer en prison. Parallèlement, la vie de Mary Fisher tourne au cauchemar et ses derniers écrits s’en ressentent fâcheusement. She-Devil affiche une volonté d’outrance et de satire qui tourne court, Susan Seidelman se prenant les pieds dans ses bons sentiments et dans un discours féministe au bout du compte assez mièvre. Au lieu de l’insolence escomptée, la comédie débouche sur un mauvais goût «moyen» pas tellement éloigné de celui que la cinéaste prétend fustiger à travers le personnage de Meryl Streep. Du boulevard «new-look», en somme. Diffusion lundi à minuit sur LBCI Après la mièvrerie de She-Devil, voici venir le film le plus sulfureux de cette décennie, qui a fait couler beaucoup d’encre et suscité son petit scandale: Basic Instinct de Paul Verhoven. Il fit de Sharon Stone un nouveau sex-symbol. Au-delà des polémiques soulevées par le film qui tendent à prouver que le cinéma peut encore déranger et soulever les passions tout en démontrant le retour en force d’un néo-puritanisme outre-Atlantique (le film y est amputé de plus de quarante secondes de ses scènes les plus «gore» et les plus «hot»), Basic Instinct n’est rien de plus qu’un très bon thriller admirablement filmé mais dont l’intrigue semble pour le moins tirée par les cheveux avec des zones d’ombre et des invraisemblances qui ne passent que grâce au savoir-faire de Verhoven. Et si le scénario signé Joe Eszterhas ne fait que reprendre les données de ses scripts précédents, les thèmes de la culpabilité, des apparences et des faux-semblants, force est de reconnaître que l’ensemble est remarquablement bien fait et totalement prenant de bout en bout. Preuve en est l’incroyable succès remporté dans le monde par un film qui dépasse de loin sa simple fonction cinématographique pour devenir un véritable phénomène de société. Et ce n’en déplaise aux bigots et aux néo-puritains de tous bords. Diffusion vendredi à 21h00 sur LBCI Autre film populaire, mais dans un tout autre domaine, The Magnificent Seven de John Sturges. Des fermiers mexicains louent les services d’un tireur d’élite Chris, pour lutter contre une bande de malfaiteurs menée par Calvera. Chris va recruter six autres mercenaires pour l’aider dans sa mission. Les sept mercenaires vont avoir à affronter la bande de Calvera. S’il est un film qui doit tout à son casting, c’est bien Les sept mercenaires, produit et réalisé par John Sturges en 1960. À la base, il y a la reprise du thème des Sept samouraïs du Japonais Kurosawa, sorti six ans plus tôt. Yul Brynner en avait racheté les droits et devait s’associer à Anthony Quinn pour ce projet. John Sturges reprit l’affaire en main. Yul Brynner à la tenue noire, le cigarillo aux lèvres, serait Chris, le chef. Steve McQueen serait Vin tireur d’élite et amateur d’histoires drôles. Horst Buchholz serait Chico, le jeune Mexicain fougueux. Robert Vaughan serait Lee, chasseur de prime ambigu. Charles Bronson serait Bernardo, mercenaire solitaire. Brad Dexter serait Harry Luck qui, dans le passé, fit un bout de chemin avec Chris. Enfin, James Coburn serait Britt, lanceur de couteaux impénétrable. En face, en chef des méchants et ayant remplacé Anthony Quinn: Elie Wallach, dans le rôle de Calvera. On a pu dire que ce film annonçait le traitement du western dont Sergio Leone serait le chef de file, surtout par l’utilisation répétitive de la musique. Le film remporta un succès considérable. Il permit aussi à Steve McQueen, James Coburn et Charles Bronson de trouver un tremplin idéal pour la suite de leur carrière. Six ans plus tard, une suite fut donnée à ce film, mais Le retour des sept de Burt Kennedy, toujours avec Yul Brynner, ne valait pas l’original, tandis que les nouveaux mercenaires choisis ne valaient pas, eux, les originaux. Diffusion samedi à minuit sur LBCI L’émotion et la ferveur religieuse sont à l’honneur dans The Song of Bernadette, une splendide illustration des apparitions de la Vierge à Lourdes à une petite paysanne, Bernadette Soubirous. La famille Soubirous vit à Lourdes dans la pauvreté en cette année 1858. À quatorze ans, la petite Bernadette, n’ayant pu aller à l’école, ne sait ni lire, ni écrire. Un jour, près de la grotte de Massabielle, une dame d’une beauté resplendissante, vêtue d’une robe blanche, lui apparaît et lui sourit. Ni sa sœur, ni son amie Jeanne ne voient cette apparition. Bernadette est obsédée par cette vision, vite connue dans le village. Elle revoit à nouveau l’apparition qui lui demande de venir la retrouver régulièrement. Ses parents acceptent, mais la rumeur des «visions de Lourdes» inquiète les autorités. Le procureur impérial Vital Dutour, le commissaire de police Jacomet et le maire Alphonse Lacade tiennent conseil et tentent une démarche auprès de l’abbé Peyramale, le curé de Lourdes... Couronné d’Oscars à son époque, Song of Bernadette est une œuvre attachante et sensible. La reconstitution de la France de cette moitié du XIXe siècle est un véritable modèle et c’est avec raison que les décors du film ont reçu un de ces Oscars. Mais le film ne se contente pas d’être une remarquable évocation de la vie de Bernadette, et une fidèle adaptation du roman de Franz Werfel, c’est aussi un vrai film d’auteur, proche des autres films de Henry King. Comme Stanley parti à travers l’Afrique à la rencontre de Livingstone, comme Jesse James, le «brigand bien-aimé», victime de la défaite du Sud et farouchement épris de liberté, ou comme Woodrow Wilson, porté à la présidence des États-Unis, Bernadette Soubirous a la force morale et le courage incoercible des grands héros de Henry King, porteurs d’une destinée exceptionnelle et souvent confrontés au scepticisme et aux cyniques. On sent, dès les premiers plans du film, la passion de Henry King pour Bernadette qui va, en pleine période d’anticléricalisme, être une élue dont la récompense ne sera pas dans ce monde terrestre, mais dans l’autre. Song of Bernadette est un très grand film. Diffusion dimanche à 21h30 sur NBN Nous replongeons dans l’érotisme avec The Piano de Jane Campion. Moins sulfureux que Basic Instinct mais tout aussi audacieux, dans le fond comme dans la forme. En 1852, Ada, muette depuis l’âge de 6 ans, quitte son Écosse natale pour rejoindre la Nouvelle-Zélande où ses parents l’ont mariée à Stewart, un colon qu’elle n’a jamais vu. Elle voyage en compagnie de sa fille, Flora, 9 ans, qui a appris le langage des sourds et muets pour mieux lui servir d’interprète. Après un long et fatigant voyage, mère et fille sont débarquées sur une plage, en même temps que de nombreux bagages dont une caisse contenant un piano à queue. Parce que ce piano rappelle à Ada tout son passé, son époux le vend à Baines, leur voisin, une brute solitaire. Ada va alors bousculer les tabous en passant un contrat érotique avec l’un de ses voisins dans le but de récupérer le piano que son mari a vendu sans son accord. Il en naîtra une liaison passionnelle. Révéler les pulsions intimes d’une femme en révolte sous les costumes empesés du romantisme victorien, telle est la démarche singulière de ce troisième film de Jane Campion. Une œuvre tumultueuse et charnelle où les audaces formelles vont de pair avec la simplicité. En somme, une belle leçon de cinéma couronnée par la Palme d’or de Cannes, trois Oscars et le césar du meilleur film étranger. Diffusion samedi à 20h30 sur TL1 Et terminons la semaine par un suspense «politique» de Roger Donaldson No Way Out avec Kevin Costner et Gene Hackman. Le premier incarne un jeune lieutenant de marine, détaché auprès du secrétaire d’État américain à la Défense et qui est pris au double piège de l’amour et de l’espionnage. Ce suspense politico-policier brillamment mené montre le fonctionnement interne du Pentagone et de la CIA ainsi que les relations entre le gouvernement et les parlementaires. Roger Donaldson, qui est Néo-Zélandais, se permet un regard quelque peu distancié en soulignant l’atmosphère d’espionnite qui règne entre les services secrets sous l’empire de Big Brother et en dénonçant les «manipulations» politiciennes de l’opinion publique, qu’il commente en ces termes: «Nombre de ceux qui détiennent le pouvoir croient pouvoir en user librement et impunément». Les «convergences» qu’on peut trouver entre certains détails du scénario («Nous avons besoin de héros», dit le secrétaire d’État en engageant Farrell) et des événements récents de la vie politique (le colonel North considéré comme un «héros», par une grande partie du public) ne sont, dit le cinéaste, que le fruit du hasard. Il n’empêche que son film, même s’il n’est pas plus audacieux que nombre d’autres films hollywoodiens, est un témoignage lucide sur la vie politique aux USA. Diffusion dimanche à minuit sur LBCI
Pour débuter la semaine, deux comédies, question de vous faire voir la vie en rose. La suite le sera moins. Le même soir, vous aurez droit à The Mask de Charles Russell, un fantastique succès inspiré d’une BD, qui propulsa au premier rang Jim Carrey et Cameron Diaz, ainsi que She-Devil de Susan Seidelman avec Maryl Streep et Roseanne Barr. On ne m’en voudra pas de préférer le premier et de vous le recommander. Commençons par The Mask ou comment la découverte d’un masque magique, d’origine scandinave, vient bouleverser l’existence d’un brave garçon, passionné de dessins animés, et le délivre de ses frustrations en l’entraînant dans une délirante aventure. On oubliera la naïveté, le manichéisme, voire l’ambiguïté de cette transposition d’une BD peu connue, conçue en hommage à Tex Avery. Pour retenir...