Des «fontaines» de gaz «électrifié» qui se déversent autour des régions magnétiques du Soleil avant de se jeter dans l’espace à la vitesse de 3 millions de kilomètres/heure, ont été découvertes grâce à l’observatoire spatial Soho, annonce la revue Science. Selon Don Hassler, du Southwest Research Institute de Boulder (Colorado, USA) et ses coauteurs américains et européens de cette étude, l’observation de ce phénomène va permettre aux scientifiques de mieux comprendre la nature des vents solaires et leurs conséquences pour la Terre. Les observations ont montré que la source de ce gaz ionisé se trouve à la périphérie de champs magnétiques en forme de nids d’abeilles sur la surface du Soleil. Juste sous la surface du Soleil se trouvent des cellules de convection de grandes dimensions. Un champ magnétique est associé à chacune d’entre elles. À la surface du Soleil, le vent solaire «souffle» à 30 000 km/h, avant de s’accélérer pour des raisons non encore élucidées toujours et de rester soit relativement lent (1,5 million de kilomètres/heure), soit de devenir rapide (jusqu’à 3 000 000 km/h). Lorsqu’il passe à proximité de notre planète, le vent solaire modifie la forme et la structure de son champ magnétique. Dans le passé, ce phénomène ne nous concernait pas directement, mais aujourd’hui il constitue un danger potentiel car, en modifiant la magnétosphère, il risque d’endommager les satellites, perturber les télécommunications et les réseaux d’alimentation électrique. Trous coronaux «Les vents qui jaillissent à grande vitesse des lignes de champs magnétiques ouvertes de l’atmosphère solaire, appelées trous coronaux, sont observés depuis trente ans, explique Don Hassler. Mais ce n’est que récemment, et grâce à Soho, que nous avons pu déterminer avec précision la structure de ces régions». C’est, en effet, surtout pour percer le mystère de la nature et de l’origine du vent solaire que l’Agence spatiale européenne (Esa) a conçu, avec la collaboration de la Nasa américaine, ce satellite d’étude du Soleil (Solar and Heliospheric Observatory, Soho). Lancé en décembre 1995 par une fusée américaine Atlas-II, piloté depuis le centre spatial Goddard de la Nasa à Greenbelt (Maryland), Soho se trouve à l,5 million de kilomètres de la Terre, «en avant» vers le Soleil, sur une orbite autour du point de Lagrange L1 (point où s’équilibrent l’attraction de notre planète et celle de l’astre du jour). Sa mission initiale, qui s’est achevée en avril dernier, a été prolongée jusqu’en 2003, afin d’observer le Soleil pendant sa phase maximale d’activité, autour de 2001. Le satellite a connu ces derniers mois des problèmes techniques, mais il vient d’être remis avec succès en plein service. C’est l’un des douze instruments de Soho, le spectromètre Sumer, qui a permis d’étudier le vent solaire en observant, dans l’ultraviolet, une vaste région du pôle nord du Soleil. Le phénomène n’est pas observable depuis la Terre puisque la gamme d’ultraviolet utilisée par Sumer ne pénètre pas dans l’atmosphère terrestre. Ce spectromètre a été fabriqué par le Max-Planck-Institut fur Aeronomie de Lindau (Allemagne), avec des contributions importantes de l’Institut d’astrophysique spatiale d’Orsay (France), du centre spatial Goddard et de l’Université de Californie, à Berkeley.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Des «fontaines» de gaz «électrifié» qui se déversent autour des régions magnétiques du Soleil avant de se jeter dans l’espace à la vitesse de 3 millions de kilomètres/heure, ont été découvertes grâce à l’observatoire spatial Soho, annonce la revue Science. Selon Don Hassler, du Southwest Research Institute de Boulder (Colorado, USA) et ses coauteurs américains et européens de cette étude, l’observation de ce phénomène va permettre aux scientifiques de mieux comprendre la nature des vents solaires et leurs conséquences pour la Terre. Les observations ont montré que la source de ce gaz ionisé se trouve à la périphérie de champs magnétiques en forme de nids d’abeilles sur la surface du Soleil. Juste sous la surface du Soleil se trouvent des cellules de convection de grandes dimensions. Un champ...