Le cinéaste canadien David Cronenberg, familier des univers bizarres, a plongé la Berlinale dans un étrange jeu vidéo futuriste dont la grande prêtresse est Jennifer Jason Leigh avec «EXistenZ», présenté en compétition pour l’Ours d’or. Il n’y a plus de frontières entre le réel et le virtuel dans le monde fantastique d’«EXistenZ», qui prolonge celui que Cronenberg a déjà créé avec «La mouche», «Le festin nu» et «Vidéodrome». Curieusement, l’idée du film, explique-t-il, est venue d’une rencontre avec l’écrivain Salman Rushdie. Le réalisateur de «Crash» a imaginé un artiste condamné à mort par une «fatwa» et dont la tête est mise à prix. Mais il l’a situé dans une société futuriste où le jeu vidéo est devenu un prolongement organique du corps et où l’osmose se fait entre biologie et technologie. Allegra Geller (J.J. Leigh) est une mystérieuse diva, dont la dernière trouvaille se branche directement, au moyen d’un cordon ombilical, sur une prise (assez semblable à un anus) implantée dans le bas du dos. Un groupe de fans est réuni dans le plus grand secret pour tester «EXistenZ», le dernier produit de la société Antenna Research. Pour la première fois Allegra sort de l’ombre. Mais au moment où les joueurs se branchent, un individu sort une arme étrange et essaie d’assassiner la star, qui s’enfuit avec Ted Pikule (Jude Law)... Pourchassé par des ennemis inconnus, le tandem rencontre toutes sortes de personnages inquiétants, Willem Dafoe en employé, pas banal, de station service, Ian Holm, expert en chirurgie pour jeux vidéo, etc. Allegra et Ted, manipulés par des agents doubles qui se livrent une guerre mortelle et confrontés à des êtres sortis du jeu, ne savent jamais s’ils sont dans le virtuel ou dans le réel. Et le spectateur non plus évidemment. Pour ce jeu, non dénué de malice, avec le spectateur, David Cronenberg a inventé un vocabulaire fantaisiste, des créatures extraordinaires et un attirail délirant : la console de jeu est un organe vivant qui ressemble vaguement à un foie muni de tétons pour déclencher l’action. L’arme secrète est un pistolet formé d’os, dont les projectiles sont des dents humaines... Pour le réalisateur, qui avoue ne pas avoir la patience de jouer à des jeux vidéo, «nous créons sans cesse notre propre réalité. Nous sommes responsables de notre propre évolution. Même les civilisations primitives modifiaient le corps par des scarifications, des tatouages. Je suis sûr qu’on pourrait trouver plein de volontaires prêts à se soumettre à une opération chirurgicale pour jouer»..
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le cinéaste canadien David Cronenberg, familier des univers bizarres, a plongé la Berlinale dans un étrange jeu vidéo futuriste dont la grande prêtresse est Jennifer Jason Leigh avec «EXistenZ», présenté en compétition pour l’Ours d’or. Il n’y a plus de frontières entre le réel et le virtuel dans le monde fantastique d’«EXistenZ», qui prolonge celui que Cronenberg a déjà créé avec «La mouche», «Le festin nu» et «Vidéodrome». Curieusement, l’idée du film, explique-t-il, est venue d’une rencontre avec l’écrivain Salman Rushdie. Le réalisateur de «Crash» a imaginé un artiste condamné à mort par une «fatwa» et dont la tête est mise à prix. Mais il l’a situé dans une société futuriste où le jeu vidéo est devenu un prolongement organique du corps et où l’osmose se fait entre biologie...