La recapitalisation sur fonds publics des grandes banques japonaises est désormais entrée dans la dernière ligne droite, avec le feu vert donné vendredi par la tutelle à la convocation des assemblées générales des actionnaires, dont l’accord préalable est indispensable. Les pouvoirs publics partent de l’hypothèse d’une injection de 7 450 milliards de yens (58 milliards d’euros) dans quinze des plus grandes banques de l’archipel. Les négociations ne sont pas pour autant encore achevées. «Il nous faut encore examiner en détail les plans de restructuration des banques (...) et il est donc encore incertain si elles recevront ces fonds», a souligné le commissaire en charge de la reconstruction du système financier, M. Hakuo Yanagisawa, cité par le quotidien généraliste Yomiuri Shimbun. «Quoi qu’il en soit, la commission va conseiller aux 15 banques de convoquer leurs assemblées générales des actionnaires dans la perspective que l’injection de fonds publics sera bel et bien accordée», a ajouté M. Yanagisaw. Dans l’esprit des pouvoirs publics, cette recapitalisation record doit permettre aux banques de se débarrasser une fois pour toutes de leurs mauvaises créances. Ils ont ainsi poussé les banques à faire un usage maximum de cette facilité, pour restaurer un crédit bien entamé dans l’opinion. La tutelle brandit aussi le bâton, en assortissant l’octroi de ces fonds à l’adoption de plans de restructuration qui vont bien au-delà de ce qui se faisait jusque-là. En quelques semaines, la tutelle a ainsi imposé le sauvetage de Mitsui Trust par son concurrent Chuo Trust, le dépeçage (suivi de l’absorption) de Yasuda Trust par son allié historique Fuji Bank ainsi que la satellisation de Toyo Trust par la grande banque commerciale Sanwa Bank. Le mouvement n’est sûrement pas fini, comme l’attestent les projets de rapprochement prêtés aux deux plus grandes banques de fiducie du pays, Mitsubishi Trust et Sumitomo Trust. Toutes les banques privées considérées comme d’intérêt national vont demander l’argent du contribuable, à l’exception de la première d’entre elles, Bank of Tokyo-Mitsubishi, de sa filiale Nippon Trust, ainsi que de Yasuda Trust, jugée non viable en l’état. S’y ajoute la première banque régionale du pays, Bank of Yokohama. Les deux banques nationalisées, Long-Term Credit Bank of Japan (LTCB) et Nippon Trust Bank (NCB), font l’objet d’un traitement séparé. Les sommes demandées, très substantiellement supérieures à ce qui avait été annoncé en novembre dernier, s’étagent entre 200 mds de yens et 900 mds de yens (Dai-Ichi Kangyo Bank), voire 1 000 mds de yens (Fuji Bank). Selon James Fiorillo, analyste bancaire chez ING Barings à Tokyo, l’un des principaux points encore en discussion entre les banques et la tutelle est la forme que prendra l’augmentation de capital.
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