Pour Yvette Roudy, la biotechnologie va trop vite(photo)
le 15 février 1999 à 00h00
Ancien ministre français des Droits de la femme ( 1980- 1986), parlementaire, député- maire de Lisieux, socialiste, membre du Conseil de l’Europe, Yvette Roudy considère qu’«on ne peut pas freiner la science. Il existe une accélération qui pose un problème : comment faire pour que les esprits rattrapent les avancées scientifiques. C’est là un problème d’éthique. Le mouvement de l’humanité a du mal à suivre la science et on ne peut empêcher la découverte». Pour Yvette Roudy, la biotechnologie va trop vite. «Les pays riches peuvent suivre mieux, même lorsqu’ils comptent des pauvres parmi leurs populations. D’aucuns comparent la fécondation in vitro, où une femme prête son ventre, à une implantation d’organes. Il existe quand même une différence entre une greffe de reins par exemple et recevoir un embryon pour en faire un être humain comme on créerait une machine. Je fabrique et vous achetez, ce qui revient à une affaire commerciale. Il faut donc des lois, pas trop rigides, pour empêcher les excès et les désordres et qu’on peut adapter régulièrement». En France, la loi sur la bioéthique est revue tous les cinq ans, en fonction des progrès et des réflexions. C’est un aspect du problème. Pour cette battante des droits de la femme, la régression de la présence féminine dans les carrières scientifiques, notamment en ingénierie, est préoccupante. «En France, elles sont moins nombreuses depuis qu’on a institué la mixité dans les écoles d’ingénieurs, curieux. Le pourquoi, certains l’expliquent par le fait que ces écoles sont un lieu de pouvoir et de violence et que les femmes sont naturellement contre cette dernière. Les pays du tiers monde qui ne connaissent pas les mêmes vitesses d’évolution peuvent cependant tirer profit de nos erreurs et aller plus vite que nous. Cela dépend du degré de démocratisation. Et là le danger intégriste est très-préoccupant. En Europe de l’Est, je le vois comme une occupation de l’espace laissé par le communisme. Dans le tiers-monde, il y a une résurgence de l’intégrisme comme une revendication du modèle nationaliste. À travers la situation de la femme, on comprend d’ailleurs la pénétration de l’intégrisme». Pour Yvette Roudy, les conclusions de cette troisième rencontre du FFM sont très importantes. «En se rendant à Budapest avec des propositions fermes, ces femmes compétentes qui travaillent dans des milieux masculins vont avoir un espace d’expression. Leur parole sera mise en valeur et entendue».
Ancien ministre français des Droits de la femme ( 1980- 1986), parlementaire, député- maire de Lisieux, socialiste, membre du Conseil de l’Europe, Yvette Roudy considère qu’«on ne peut pas freiner la science. Il existe une accélération qui pose un problème : comment faire pour que les esprits rattrapent les avancées scientifiques. C’est là un problème d’éthique. Le mouvement de l’humanité a du mal à suivre la science et on ne peut empêcher la découverte». Pour Yvette Roudy, la biotechnologie va trop vite. «Les pays riches peuvent suivre mieux, même lorsqu’ils comptent des pauvres parmi leurs populations. D’aucuns comparent la fécondation in vitro, où une femme prête son ventre, à une implantation d’organes. Il existe quand même une différence entre une greffe de reins par exemple et recevoir un...
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