Le président Hassan Gouled Aptidon, artisan de l’indépendance de Djibouti, a annoncé jeudi son retrait en avril de la scène politique, à l’âge de 83 ans, après 22 ans de pouvoir sans partage. Le congrès a désigné comme candidat officiel du parti Ismaël Omar Guelleh, 54 ans, chef de cabinet du président, présenté depuis de longs mois comme son dauphin. Ismaël Omar Guelleh briguera la succession du «patriarche» djiboutien le 9 avril, lors du premier tour de l’élection présidentielle, où il fera face à plusieurs candidats de l’opposition. Affaibli physiquement par son grand âge et fragilisé par un état de santé le contraignant souvent au repos, le président Gouled a indiqué qu’il ne se présenterait pas aux élections présidentielles d’avril prochain, dans un message lu lors du congrès extraordinaire de son parti, le Rassemblement populaire pour le progrès (RPP). Hassan Gouled Aptidon, d’ethnie Issa, est président de Djibouti depuis l’indépendance de l’ancien territoire français des Afars et des Issas, en 1977. «Mon cœur est rempli de fierté en contemplant ma nation réconciliée, sa mémoire reconstruite et son histoire libérée de ses ressentiments», a déclaré le président dans son message au congrès, lu par un responsable du parti. «Le peuple aspire à continuer à entretenir avec les peuples voisins des relations fraternelles», a-t-il ajouté, faisant allusion à la tension régnant entre Djibouti et l’Érythrée voisine. Notre pays s’est engagé dans la paix retrouvée, «dans le combat du redressement économique», a ajouté le président, qui a, en 22 ans de pouvoir, maintenu l’unité du pays malgré les risques d’éclatement. L’annonce du retrait du président Gouled devrait contribuer à maintenir la stabilité de ce petit pays de 23 000 km, limitrophe de l’Éthiopie, de l’Érythrée et de la Somalie, qui occupe une position stratégique, à l’entrée sud de la mer Rouge, estiment les observateurs à Djibouti. Le maintien au pouvoir d’un dirigeant malade et d’un grand âge faisait peser à la fois des risques d’instabilité ou de remous dans l’hypothèse d’une disparition brutale, et entraînait des déchirements entre prétendants à sa succession, ajoutent-ils. En mars 1996, des tiraillements internes entre barons du régime avaient conduit à la mise à l’écart, puis à la condamnation à six mois de prison ferme pour offense envers le chef de l’État de six dirigeants, dont trois ministres et l’ancien chef de cabinet du président. Ce retrait intervient alors que deux des voisins de Djibouti, l’Érythrée et l’Éthiopie, sont en conflit larvé depuis neuf mois en raison d’un différend frontalier. Djibouti a rompu en novembre ses relations diplomatiques avec Asmara, qui avait accusé le président Gouled d’avoir pris partie pour l’Éthiopie. Le président Gouled laisse un pays qu’il a engagé dans de profondes réformes économiques, sous l’impulsion de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI), après des accusations de corruption et de mauvaise gestion. Djibouti, qui compte 650 000 habitants dont une petite majorité sont d’ethnie Issa (Somalie), est également confronté à une rébellion Afar menée par l’aile radicale du Front pour la restauration de l’unité de Djibouti (FRUD). Des opposants exilés à Paris dénoncent régulièrement les «exactions» du régime. Ancien territoire français des Afars et des Issas, Djibouti reste la base militaire la plus importante de la France en Afrique, même si le nombre des forces françaises qui y sont stationnées doit passer prochainement de 3 200 à 2 500 hommes. Pour l’élection présidentielle, outre le dauphin du président Gouled, plusieurs candidats représentant les partis d’opposition se sont déjà fait connaître, notamment Abdillahi Hamareiteh du Parti du renouveau démocratique (PRD), Aden Robleh Awalleh du Parti national démocratique (PND) et un indépendant, le Dr Abatté Ebou Adou.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le président Hassan Gouled Aptidon, artisan de l’indépendance de Djibouti, a annoncé jeudi son retrait en avril de la scène politique, à l’âge de 83 ans, après 22 ans de pouvoir sans partage. Le congrès a désigné comme candidat officiel du parti Ismaël Omar Guelleh, 54 ans, chef de cabinet du président, présenté depuis de longs mois comme son dauphin. Ismaël Omar Guelleh briguera la succession du «patriarche» djiboutien le 9 avril, lors du premier tour de l’élection présidentielle, où il fera face à plusieurs candidats de l’opposition. Affaibli physiquement par son grand âge et fragilisé par un état de santé le contraignant souvent au repos, le président Gouled a indiqué qu’il ne se présenterait pas aux élections présidentielles d’avril prochain, dans un message lu lors du congrès extraordinaire...