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Actualités - Chronologie

Washington hanté par les erreurs de sa politique (photo)

Vingt ans après une révolution islamique qui a pris les États-Unis par surprise, Washington reste hanté par les implications des erreurs de sa politique envers le régime du Chah en Iran, selon plusieurs experts. Tandis que les relations avec les pays pétroliers du Golfe, riches et incontournables sur un plan stratégique, semblent aller de l’avant, l’héritage des erreurs de l’administration du président Jimmy Carter se fait toujours sentir entre Washington et Téhéran. Pour beaucoup d’experts, la ténacité aveugle avec laquelle le président Carter s’est accroché jusqu’au bout au régime impopulaire et répressif du Chah reste au cœur du problème. «Au bout du compte, Carter doit être tenu responsable de la politique brouillonne et confuse qui a contribué à la perte désastreuse de la politique américaine en Iran», considère un spécialiste de l’Iran, James Bill, de l’Université William and Mary (Virginie). Selon lui, «des années d’arrogance et d’influence culturelle» de la part des États-Unis avaient certes fait le lit des problèmes à venir, mais Jimmy Carter a aggravé la situation en commettant erreur après erreur. «Nous aurions dû prêter davantage d’attention aux chefs religieux et savoir que les masses iraniennes étaient sur le point d’exploser. Nous étions trop occupés à frayer avec l’élite (...) et lorsqu’elle s’est écroulée, nous avons été les derniers à nous en rendre compte», ajoute James Bill. À la décharge de Washington, souligne pour sa part Anthony Cordesman, un expert du Centre d’études internationales et stratégiques (CSIS) de Washington, si «les États-Unis n’ont pas vu les signes évidents de la faiblesse du Chah, les autres pays n’ont plus». Les États-Unis ont, selon lui, commis une double erreur: celle de ne pas reconnaître la réalité du régime iranien et celle de réagir ensuite tardivement à la dégradation de la situation. Khomeiny, le diable incarné Au chapitre des erreurs de jugement commises par l’Administration américaine de l’époque, figurent les vœux de Nouvel an adressés par Jimmy Carter à Téhéran en 1978. À un moment où l’opposition au régime autocratique du Chah grondait au sein de la société iranienne, Carter avait salué en l’Iran «un îlot de stabilité dans l’une des régions les plus troublées du monde». Neuf mois plus tard, le Chah déclarait la loi martiale et, trois mois après, il quittait le pays précipitamment, alors que l’opposition se regroupait autour de l’ayatollah Khomeiny, un chef religieux avec lequel l’administration avait pris soin d’éviter tout contact. «Ce fut un revers important», affirme Kenneth Katzman, un expert du Moyen-Orient au Service de recherches du Congrès. «Si nous n’avions pas considéré Khomeiny comme étant le diable incarné, nous aurions eu la capacité de limiter les dégâts». Le nouveau régime iranien a lui-même commis des erreurs, rappelle l’ancien secrétaire d’État adjoint pour les Affaires proche-orientales, Richard Murphy, citant l’occupation de l’ambassade américaine à Téhéran en novembre 1979 et la prise en otages de 52 diplomates américains conduisant, le 7 avril 1980, à la rupture des relations diplomatiques. «Cela a marqué le début de la fin, conduisant aux relations exécrables et empoisonnées que nous avons connues depuis 20 ans», estime-t-il. Washington a placé en 1995 l’Iran sous embargo économique total, renforcé l’année suivante par la loi dite D’Amato, qui sanctionne les entreprises étrangères investissant dans les secteurs pétrolier et gazier en Iran. Reste qu’après l’élection en 1997 d’un président religieux modéré en Iran, Mohammad Khatami, nombreux sont ceux aux États-Unis qui plaident pour un rapprochement avec Téhéran, comme l’ancien secrétaire d’État de Jimmy Carter, Cyrus Vance. «J’ai vu avec frustration et tristesse les relations entre nos deux pays plonger dans l’hostilité croissante, la méfiance, les insultes et les récriminations mutuelles», déclarait-il début janvier. Selon lui, renouer les liens avec Téhéran permettra de refermer les blessures, même s’il admet que cela demandera «une volonté politique assortie d’une dose de bonne foi».
Vingt ans après une révolution islamique qui a pris les États-Unis par surprise, Washington reste hanté par les implications des erreurs de sa politique envers le régime du Chah en Iran, selon plusieurs experts. Tandis que les relations avec les pays pétroliers du Golfe, riches et incontournables sur un plan stratégique, semblent aller de l’avant, l’héritage des erreurs de l’administration du président Jimmy Carter se fait toujours sentir entre Washington et Téhéran. Pour beaucoup d’experts, la ténacité aveugle avec laquelle le président Carter s’est accroché jusqu’au bout au régime impopulaire et répressif du Chah reste au cœur du problème. «Au bout du compte, Carter doit être tenu responsable de la politique brouillonne et confuse qui a contribué à la perte désastreuse de la politique américaine en...