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Actualités - Chronologie

Quatre ans de régime libéral : réussite politique, mais échec économique

Le président ukrainien sortant Léonid Koutchma a réussi à imposer l’Ukraine sur la scène politique internationale, mais n’a pu sortir le pays de l’ornière économique. Depuis son élection en 1994, M. Koutchma, 61 ans, a normalisé les relations de cette ancienne république soviétique avec ses nombreux voisins et a renforcé ses liens avec l’Occident sans pour autant se détourner de la Russie. Une politique «multidirectionnelle» qui nécessite des talents de jongleur et de diplomate, selon les experts. Récompense de choix, l’Ukraine a été élue le 14 octobre membre non permanent du Conseil de sécurité de l’Onu. «C’est un grand événement pour notre État qui témoigne de l’autorité sur la scène politique extérieure de l’Ukraine», s’était alors félicité le chef de la diplomatie ukrainienne Boris Tarassiouk. Kiev a notamment conclu en juillet 1997 une charte de «partenariat spécifique» avec l’Otan et a résolu d’épineux contentieux historiques et frontaliers avec la Pologne et la Roumanie. L’Ukraine a signé une «déclaration de compréhension et de réconciliation» avec Varsovie en mai 1997 et un traité d’amitié avec Bucarest en juin de la même année. Parallèlement, les liens russo-ukrainiens se sont resserrés, ouvrant la voie à la signature d’un traité d’amitié en mai 1997 et au partage de la flotte de la mer Noire basée à Sébastopol (sud). En politique intérieure, un succès moins évident, mais néanmoins notable pour M. Koutchma, est d’avoir renforcé l’identité nationale en atténuant les tensions culturelles, potentiellement explosives, entre les régions occidentales, orientales et méridionales. L’ouest du pays, longtemps sous domination austro-hongroise et polonaise, reste un bastion nationaliste de langue ukrainienne et de religion catholique de rite oriental. L’est et le sud, traditionnellement sous influence russe, sont russophones et orthodoxes. En outre, Russes, Ukrainiens et Tatars (musulmans) apprennent à vivre en paix sur la péninsule de Crimée (sud) même si des regains de tensions sont parfois inévitables. Sur le plan économique, le bilan est moins réjouissant. L’Ukraine se débat dans une profonde crise depuis son indépendance en 1991. Le Produit intérieur brut a poursuivi sa lente glissade (-10 % en 1996, -4 % en 1997 et -1,7 % en 1998) et les arriérés de salaires et de retraites impayés ont atteint des sommes astronomiques. Une épaisse bureaucratie conjuguée à une corruption endémique et à une lourde fiscalité ont fait reculer nombre d’entrepreneurs. Le montant total des investissements étrangers depuis 1991 n’était que de 2,9 milliards de dollars en juillet 1999. Seuls points positifs : les réformes libérales de M. Koutchma, mises en œuvre en collaboration avec le Fonds monétaire international (FMI), ont permis de juguler l’hyperinflation et d’introduire en 1996 une nouvelle monnaie, la hryvnia, qui a relativement bien résisté aux tempêtes financières.
Le président ukrainien sortant Léonid Koutchma a réussi à imposer l’Ukraine sur la scène politique internationale, mais n’a pu sortir le pays de l’ornière économique. Depuis son élection en 1994, M. Koutchma, 61 ans, a normalisé les relations de cette ancienne république soviétique avec ses nombreux voisins et a renforcé ses liens avec l’Occident sans pour autant se détourner de la Russie. Une politique «multidirectionnelle» qui nécessite des talents de jongleur et de diplomate, selon les experts. Récompense de choix, l’Ukraine a été élue le 14 octobre membre non permanent du Conseil de sécurité de l’Onu. «C’est un grand événement pour notre État qui témoigne de l’autorité sur la scène politique extérieure de l’Ukraine», s’était alors félicité le chef de la diplomatie ukrainienne...