Société - Les Pays-Bas encadrent le secteur Les Sexhuizen légalisés
le 02 novembre 1999 à 00h00
La tenue de maisons closes sera bientôt dépénalisée aux Pays-Bas, après le vote cette semaine au Sénat de La Haye d’une loi rayant du code pénal l’interdiction officiellement imposée depuis 87 ans à ces établissements. Déjà adoptée en première lecture le 2 février à la Chambre des députés, la nouvelle loi a été définitivement entérinée cette semaine par 49 sénateurs sur 75. Seuls l’opposition chrétienne-démocrate (CDA, 20 sièges) et les petits partis protestants GPV, RPF et SGP (6 sièges) ont voté contre. Elle doit entrer en vigueur à l’été 2000, à une date qui sera précisée par arrêté royal, selon le ministère de la Justice. Les parlementaires néerlandais ont contrebalancé la légalisation des maisons closes en renforçant les peines de prison prévues en cas de prostitution forcée. Ils ont aussi élargi aux «clients» les poursuites pour exploitation de mineures, dont seuls les proxénètes faisaient jusqu’ici l’objet. La nouvelle loi, élaborée en 1998 par l’ancienne ministre travailliste de la Justice Winnie Sorgdrager et reprise par son successeur libéral (VVD, droite) Benk Korthals, a pour but d’«encadrer» strictement le secteur de la prostitution, afin de prévenir une dérive vers des activités criminelles. Dans la pratique, elle ne fait qu’adapter le code pénal à la réalité actuelle des Pays-Bas, où la tenue de maisons closes n’est plus poursuivie depuis des années, dès lors qu’elles n’abritent que des prostituées «volontaires». En vitrine Selon le texte qui vient d’être adopté, les autorisations nécessaires pour la tenue de maisons closes seront délivrées par les communes. Celles-ci ne pourront pas refuser de tels permis aux propriétaires dès lors qu’ils présentent un casier judiciaire vierge, qu’ils n’exploitent que des «volontaires» et qu’aucune prostituée mineure ou étrangère en situation irrégulière ne vend ses charmes dans leurs établissements. Selon des estimations des autorités et de diverses associations de défense des prostituées, entre 25 000 et 30 000 personnes «exercent» le plus vieux métier du monde aux Pays-Bas. Près de la moitié (45 %) font commerce de leurs charmes dans des «Sexhuizen» («maisons de sexe») des quatre coins du pays, dont la plupart des journaux néerlandais font quotidiennement la publicité par petites annonces. Environ 20 % travaillent «en vitrine», notamment à Amsterdam. Les autres se répartissent entre «agences d’escorte» (15 %), «salons de massage» (10 %), prostitution à domicile (5 %) ou «trottoir» (5 %), selon les mêmes sources. La levée de l’interdiction des maisons closes était réclamée depuis plusieurs années aux Pays-Bas par les exploitants de ces établissements, regroupés au sein d’une très officielle «Fédération des propriétaires d’entreprises de relaxation» (VER) et par des associations de prostituées.
La tenue de maisons closes sera bientôt dépénalisée aux Pays-Bas, après le vote cette semaine au Sénat de La Haye d’une loi rayant du code pénal l’interdiction officiellement imposée depuis 87 ans à ces établissements. Déjà adoptée en première lecture le 2 février à la Chambre des députés, la nouvelle loi a été définitivement entérinée cette semaine par 49 sénateurs sur 75. Seuls l’opposition chrétienne-démocrate (CDA, 20 sièges) et les petits partis protestants GPV, RPF et SGP (6 sièges) ont voté contre. Elle doit entrer en vigueur à l’été 2000, à une date qui sera précisée par arrêté royal, selon le ministère de la Justice. Les parlementaires néerlandais ont contrebalancé la légalisation des maisons closes en renforçant les peines de prison prévues en cas de prostitution forcée. Ils...
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