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Actualités - Reportages

Médecine - Cette acupuncture venue de Chine La guérison par l'énergie (Photos)

Souffrant de fortes migraines et désespérant d’en guérir, Wadih se résout à suivre les conseils d’un ami et opte pour l’acupuncture. Arrivé chez le médecin, il hésite une seconde puis, se rappelant ses maux intenables, il sonne. Une étrange odeur se dégage de la pièce où il doit pénétrer. Il s’attendait à trouver un docteur aux yeux bridés. C’est plutôt une charmante dame, aux cheveux roux, qui l’accueille, souriante. Elle lui tend une tisane : «Bonjour, c’est du thé au jasmin», lui dit-elle. Il prend la tasse et déjà il se sent relaxé. À présent, il a envie de suivre le traitement. Il faut dire que le Dr Abou Chamha fait tout pour que le patient soit détendu : il s’agit là d’une des parties essentielles de cette thérapie. Le Dr Elham Abou Chamha a fait ses études d’acupuncture et de pharmacopée dans l’institut de la Médecine traditionnelle chinoise en France, qui enseigne le programme de l’Université de Shanghai. Aussi loin qu’elle se souvienne, elle a toujours eu de la fascination pour l’Extrême-Orient. Shanghai l’a accueillie pendant un an ; elle y a exercé son métier dans un centre hospitalier d’acupuncture. C’est dire que sa spécialisation, elle l’a apprise à la source. Elle a pratiqué en France pendant 10 ans, au Liban depuis deux ans. En fait, les acupuncteurs ne sont pas nombreux chez nous. Ils sont peut-être une dizaine. Leur clientèle, pourtant, n’est pas aussi restreinte que leur nombre. Le Dr Abou Chamha explique que la plupart des patients ont déjà suivi des traitements par l’acupuncture à l’étranger. Un autre spécialiste, qui a requis l’anonymat, évoque le cas du professeur J.E.H. Niboyet, qui préparait une thèse de doctorat sur la résistance électrique dans le corps humain. «Ce professeur, explique ce spécialiste, a découvert que toutes les parties du corps n’avaient pas la même résistance. Par endroits, celle-ci retombait à 50 % ou même à 0 %. Il en conclut, à la fin de son travail, que les segments où la résistance laissait de 50 % correspondaient exactement au méridien défini par la médecine chinoise. Quant aux points où la résistance était de 0 %, ils correspondaient exactement aux points chinois d’acupuncture. Grâce à cette découverte, Niboyet venait d’apporter la preuve scientifique électrique et électronique de l’efficacité de cette thérapie chinoise qu’on appelait ”acupuncture”». Étymologie : du latin acu, qui veut dire aiguille et punctura, piqûre. Le traitement par acupuncture consiste en l’introduction d’aiguilles très fines en des points cutanés précis et ainsi en la manipulation de l’énergie qui est dans le corps. Car maladie, dans le langage de l’acupuncture, signifie blocage de l’énergie. Le déblocage s’effectue en faisant pénétrer l’énergie à travers les aiguilles dans les divers points concernés. Aux différents niveaux du système nerveux périphérique existent des systèmes inhibiteurs qui peuvent empêcher la douleur d’accéder au cerveau. Ces systèmes inhibiteurs peuvent être activés par l’acupuncture. Le Yin et le Yang La pose d’aiguilles n’est que l’un des aspects d’une thérapeutique riche et détaillée, utilisée depuis plus de 4 000 ans et décrite dans un livre de base, le Neijing, qui aurait été rédigé entre 770 et 476 av. J-C, et que l’on attribue à Huangdi, l’«Empereur jaune». Cet ouvrage est probablement le plus grand livre de médecine. On y trouve les fondements de la médecine chinoise utilisant les plantes, la diététique, l’exercice physique, la moxibustion (traitement par la chaleur) et l’acupuncture. Les Chinois ont une conception du corps, de l’esprit et de l’âme radicalement différente de celle de la médecine occidentale. La description qu’ils donnent de leur fonctionnement est très précise et compliquée. Pour les Chinois, l’être humain obéit, comme l’univers entier, aux principes du Yin et du Yang. Ces termes renvoient à la notion de chi (prononcer qi), l’énergie vitale présente en toute chose et qui est composée de ces deux principes opposés. L’énergie Yin (féminine) serait douce, obscure, froide, humide. L’énergie Yang, au contraire, serait dure, lumineuse, chaude et sèche. Chez une personne en bonne santé, les énergies Yin et Yang circulent en permanence dans tout le corps, se modifiant constamment de manière à assurer équilibre et harmonie. Le chi circulerait dans le corps par douze canaux principaux et deux canaux secondaires. Ces canaux sont appelés les méridiens et correspondent aux segments découverts par le professeur Niboyet. Le praticien évalue la santé d’un individu et effectue son diagnostic en étudiant la qualité et la circulation de l’énergie à l’aide d’un certain nombre de techniques, notamment l’examen du pouls et de la langue. Si le flux du chi est déréglé, bloqué ou insuffisant, une maladie apparaît, avec des symptômes au niveau des organes, parfois très loin du blocage. Le long des 14 méridiens se trouvent les points d’acupuncture, à partir desquels on peut stimuler le chi et corriger le flux. L’acupuncteur, après diagnostic, pique des aiguilles sur des points choisis de manière à corriger les déséquilibres détectés. Pour la médecine chinoise, trois facteurs principaux expliquent les dérèglements du flux énergétique : une mauvaise alimentation, des troubles émotionnels et les conditions météorologiques. On pose des aiguilles au patient, mais on lui prescrit aussi un régime ; on lui indique certains exercices et on lui prodigue des conseils relatifs au sommeil et aux postures de la vie courante. Tout cela contribue à la régulation du chi. L’écoute et le conseil psychologique font partie de la médecine chinoise traditionnelle : une émotion très forte est un facteur d’apparition de la maladie. Il est dit, dans le Neijing, que «la joie et les chocs affectent le cœur, la colère le foie et la concentration excessive la rate». L’acupuncture s’est également avérée utile dans le traitement des états de dépendance, par exemple pour renoncer à la drogue ou encore à la cigarette. Ce n’est pas demain, certes, que les médecins s’attaqueront à tous les maux armés de leurs seules aiguilles ; où les chirurgiens même opéreront après une anesthésie locale sans recours aux produits chimiques. Mais déjà des tentatives ont lieu, quelque peu timides, mais rien ne dit que l’on en restera là. L’acupuncture, cette branche nouvelle-ancienne comme beaucoup d’autres (la médecine dite «arabe», par exemple), a probablement de beaux jours devant elle.
Souffrant de fortes migraines et désespérant d’en guérir, Wadih se résout à suivre les conseils d’un ami et opte pour l’acupuncture. Arrivé chez le médecin, il hésite une seconde puis, se rappelant ses maux intenables, il sonne. Une étrange odeur se dégage de la pièce où il doit pénétrer. Il s’attendait à trouver un docteur aux yeux bridés. C’est plutôt une charmante dame, aux cheveux roux, qui l’accueille, souriante. Elle lui tend une tisane : «Bonjour, c’est du thé au jasmin», lui dit-elle. Il prend la tasse et déjà il se sent relaxé. À présent, il a envie de suivre le traitement. Il faut dire que le Dr Abou Chamha fait tout pour que le patient soit détendu : il s’agit là d’une des parties essentielles de cette thérapie. Le Dr Elham Abou Chamha a fait ses études d’acupuncture et de...