Les Palestiniens souhaitent le départ de Benjamin Netanyahu, mais c’est avec circonspection qu’ils envisagent l’élection du travailliste Ehud Barak au poste de Premier ministre en Israël. Ils rappellent que, si le Parti travailliste a signé les accords d’autonomie avec l’OLP de M. Yasser Arafat en 1993, M. Barak lui-même, à qui les sondages accordent une avance confortable dans les intentions de vote, a tué de nombreux Arabes au cours de sa carrière militaire. «Je voudrais juste rappeler que M. Barak a plus de sang des martyrs palestiniens sur les mains que quiconque en Israël», déclare Jamil Mourar, un homme d’affaires de Ramallah, la principale ville autonome de Cisjordanie. «Je n’attends rien ni de Netanyahu ni de Barak. C’est bonnet blanc et blanc bonnet», ajoute-t-il. Les exploits militaires de M. Barak, ancien chef d’état-major et soldat le plus décoré d’Israël, sont révérés en Israël et honnis par les Palestiniens. En 1973, alors qu’il commandait une unité d’élite, M. Barak s’était déguisé en femme pour assassiner trois responsables de l’OLP à Beyrouth. Il est également lié à l’assassinat en 1988 à Tunis de Khalil al-Wazir, bras droit de M. Arafat. En Cisjordanie, on se souvient d’Ehud Barak comme le chef d’état-major de l’armée israélienne au plus fort de l’intifada, le soulèvement palestinien contre l’occupation israélienne. Les soldats cassaient quotidiennement des bras ou des jambes d’adolescents palestiniens, conformément aux ordres d’un autre général devenu homme politique, Yitzhak Rabin. Une impulsion aux négociations Même si M. Barak les laisse circonspects, les Palestiniens ne pardonnent pas à M. Netanyahu la ligne dure adoptée depuis son arrivée au pouvoir en 1996, notamment dans les négociations avec l’Autorité autonome de M. Arafat. «Une victoire de Barak et des travaillistes donnerait une impulsion aux négociations», estime Salem Abou Eicha, un comptable de Ramallah. «Si M. Netanyahu est réélu, je crains que nous n’ayons à nouveau des problèmes». M. Netanyahu combattait les accords d’Oslo basés sur le principe de l’échange de «la terre contre la paix» lorsqu’il était dans l’opposition à Yitzhak Rabin, mais il avait accepté de les appliquer pendant la campagne électorale de 1996. Une fois au pouvoir, il a systématiquement retardé les redéploiements militaires prévus dans les accords et, en décembre, il a suspendu l’accord de Wye Plantation difficilement élaboré par les États-Unis un mois plus tôt. M. Netanyahu s’oppose avec véhémence à la création de l’État que les Palestiniens entendent édifier dans la bande de Gaza et en Cisjordanie. M. Barak, pour sa part, n’a pas expressément exclu la création d’un État palestinien et a appelé à l’application des accords d’Oslo. Il s’est cependant opposé à la restitution de la totalité des territoires annexés en 1967, notamment Jérusalem-Est. «Barak ou Netanyahu, Likoud ou Parti travailliste, la seule différence est que le premier est direct et l’autre plus diplomate», déclare un banquier de Ramallah ayant requis l’anonymat. Afif Saleh, un commerçant de 39 ans, est moins indifférent. «Je pense qui si Barak l’emporte, la situation économique, qui s’est détériorée avec Netanyahu, s’améliorera», dit-il. M. Arafat et les autres dirigeants palestiniens sont restés discrets tout au long de la campagne électorale, mais ils ont appelé les Israéliens à «voter pour la paix», un soutien à peine voilé pour M. Barak.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les Palestiniens souhaitent le départ de Benjamin Netanyahu, mais c’est avec circonspection qu’ils envisagent l’élection du travailliste Ehud Barak au poste de Premier ministre en Israël. Ils rappellent que, si le Parti travailliste a signé les accords d’autonomie avec l’OLP de M. Yasser Arafat en 1993, M. Barak lui-même, à qui les sondages accordent une avance confortable dans les intentions de vote, a tué de nombreux Arabes au cours de sa carrière militaire. «Je voudrais juste rappeler que M. Barak a plus de sang des martyrs palestiniens sur les mains que quiconque en Israël», déclare Jamil Mourar, un homme d’affaires de Ramallah, la principale ville autonome de Cisjordanie. «Je n’attends rien ni de Netanyahu ni de Barak. C’est bonnet blanc et blanc bonnet», ajoute-t-il. Les exploits militaires de M....