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Actualités - Chronologie

Derrière la rhétorique, l'apaisement se dessine entre Pékin et Washington (photo)

La Chine semblait jouer la carte de l’apaisement avec Washington vendredi, près d’une semaine après la destruction de son ambassade à Belgrade, même si la presse officielle continuait à tirer à boulets rouges sur l’Otan et les États-Unis. Après être resté aux abonnés absents depuis le bombardement de l’ambassade de Chine le 7 mai, le président Jiang Zemin a accepté de recevoir un coup de téléphone de son homologue Bill Clinton. Le président américain s’est entretenu vendredi pendant trente minutes avec son homologue chinois et lui a présenté personnellement ses excuses pour le bombardement de l’ambassade de Chine à Belgrade, a affirmé un porte-parole de la Maison-Blanche. «Le président a fait part une nouvelle fois de ses sincères regrets et a présenté ses condoléances au président Jiang et au peuple chinois pour le tragique accident de la semaine dernière», a déclaré le porte-parole, Joe Lockhart. «Le président a fait part de son désir de dépasser ce tragique accident dans nos relations» avec la Chine, a ajouté M. Lockhart. M. Clinton a pu de son côté signer un registre de condoléances ouvert en mémoire des trois journalistes chinois tués à Belgrade, signe que Pékin accepte enfin les excuses américaines, estiment les experts occidentaux. «Les Chinois ne pouvaient plus laisser la situation se dégrader», commente un spécialiste des relations sino-américaines en poste à Pékin. Les dernières manifestations contre les intérêts américains se sont achevées mardi, jour où Jiang Zemin a appelé ses compatriotes à tourner la page en se remettant «au travail» afin «de renforcer l’économie du pays» et rendre la Chine «invincible». Mais par contraste avec la rage des médias et des manifestants qui ont lapidé l’ambassade américaine à Pékin, le gouvernement n’a pris jusqu’à présent aucune mesure irréversible contre Washington. La Chine a «exigé» des États-Unis des excuses officielles, l’ouverture d’une enquête sur les causes du bombardement ainsi que des sanctions «sévères» pour les responsables. Pékin a également décidé de «suspendre» ses contacts avec Washington dans le domaine militaire, de la non-prolifération des armements et des droits de l’homme. «Ces mesures portent sur des coopérations pour lesquelles les deux pays sont engagés à long terme», observe l’expert. «Les Chinois ont ménagé l’avenir en annonçant seulement une “suspension” de ces contacts et non leur rupture», ajoute-t-il. Dans des domaines plus immédiats, les relations sino-américaines restent intactes. «La Chine a clairement dit qu’elle voulait continuer à négocier avec Washington son adhésion à l’Organisation mondiale du commerce», souligne l’analyste, pour qui les dirigeants chinois savent qu’ils ne peuvent se permettre de couper les liens avec la première puissance mondiale. Avec la fureur provoquée par le bombardement de l’ambassade, Pékin a tenté de se rapprocher de Moscou, qui réclame comme la Chine la fin des frappes de l’Otan en Yougoslavie. L’émissaire spécial de Boris Eltsine, Viktor Tchernomyrdine, est venu à Pékin mardi, mais sans parvenir à convaincre les Chinois de participer à un règlement de la question du Kosovo dans le cadre de l’Onu, la Chine réclamant au préalable la fin des opérations militaires de l’Otan. «Surtout, le renvoi mercredi du Premier ministre Evgueni Primakov par Boris Eltsine a déstabilisé les relations sino-russes», souligne l’expert occidental. Alors que le Quotidien du Peuple affirmait encore vendredi que la destruction de l’ambassade «n’était absolument pas accidentelle» mais relevait d’un «complot» visant à empêcher la Chine de devenir une grande puissance, le gouvernement a jusqu’à présent été beaucoup plus vague, estime l’analyste. La charge de renouer les liens entre Pékin et Washington pourrait paradoxalement revenir à l’homme qui en 1996 dépêcha un porte-avions américain dans le détroit de Taïwan afin de calmer les ardeurs réunificatrices de Pékin.
La Chine semblait jouer la carte de l’apaisement avec Washington vendredi, près d’une semaine après la destruction de son ambassade à Belgrade, même si la presse officielle continuait à tirer à boulets rouges sur l’Otan et les États-Unis. Après être resté aux abonnés absents depuis le bombardement de l’ambassade de Chine le 7 mai, le président Jiang Zemin a accepté de recevoir un coup de téléphone de son homologue Bill Clinton. Le président américain s’est entretenu vendredi pendant trente minutes avec son homologue chinois et lui a présenté personnellement ses excuses pour le bombardement de l’ambassade de Chine à Belgrade, a affirmé un porte-parole de la Maison-Blanche. «Le président a fait part une nouvelle fois de ses sincères regrets et a présenté ses condoléances au président Jiang et au...