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Actualités - Chronologie

La colère chinoise suscite de vives inquiétudes à Taïwan

L’explosion de colère antioccidentale qui se propage en Chine depuis le bombardement de l’ambassade chinoise à Belgrade suscite de vives inquiétudes à Taïwan qui, avec le Tibet, est au centre de l’hostilité absolue opposée par Pékin aux bombardements de l’Otan contre laYougoslavie. Depuis vendredi soir, les médias taïwanais accordent une place prépondérante à l’«erreur tragique» de l’Otan, qui a coûté la vie à quatre Chinois et provoqué des manifestations anti-américaines très violentes à Pékin et dans le reste de la Chine. Les commentateurs de l’île accusent les médias officiels chinois de jouer avec le feu en attisant les passions nationalistes et les sentiments anti-occidentaux de la population. Et si le China Post estime dimanche dans son éditorial que ce jeu risque de se retourner à terme contre les autorités de la Chine communiste, un autre quotidien, le United Daily News, voit plutôt une manipulation intéressée de la part des autorités de Pékin, qui utiliseraient cet événement comme une soupape de sécurité évacuant les pressions internes chinoises. «Si les autorités communistes réprimaient ces sentiments, d’autres questions, internes celles-là, et le mécontentement public s’en trouveraient exacerbés, ce qui créerait une grave crise de conviction et menacerait la direction à Pékin», écrit le journal. Les autorités de Taïwan gardent le silence sur les implications, en terme de sécurité pour l’île, du bombardement de l’ambassade de Chine à Belgrade. Dans un communiqué très prudent, le ministère des Affaires étrangères a indiqué qu’il examinait l’affaire mais a ajouté qu’il la déplorait et réclame un traitement sobre du conflit yougoslave. «Un précédent très grave» «Nous espérons que les parties pourront parvenir à une solution satisfaisante par le biais de moyens pacifiques et appropriés», écrit le ministère. Le ministère de la Défense, en état d’alerte permanente, a annoncé de son côté que le degré de mobilisation des forces taïwanaises n’avait pas été modifié. Mais dans un pays habitué depuis un demi-siècle à interpréter tous les signes en provenance de Chine continentale, dans un pays où la moindre érosion – réelle ou perçue comme telle – du pouvoir communiste fait craindre une escalade de la tension dont Pékin pourrait être tenté de jouer comme d’un exutoire, les conséquences de l’affaire de l’ambassade sont étroitement surveillées. C’est que la réunification des «deux Chines» – par la force s’il le faut – est l’un des objectifs prioritaires de Pékin. De même, les autorités taïwanaises savent pertinemment que l’île nationaliste est, avec le Tibet, l’une des raisons principales de l’opposition de la Chine à l’engagement militaire de l’Otan en Yougoslavie. Pékin ne cache pas que la riposte de l’Alliance atlantique aux exactions commises par les forces serbes au Kosovo pourrait justifier plus tard une aide aux séparatistes de Taïwan et du Tibet. «Recourir à une intervention militaire dans un pays pour une question de droits de l’homme créerait un précédent très grave dans le monde», déclarait en avril le Premier ministre chinois, Zhu Rongji.
L’explosion de colère antioccidentale qui se propage en Chine depuis le bombardement de l’ambassade chinoise à Belgrade suscite de vives inquiétudes à Taïwan qui, avec le Tibet, est au centre de l’hostilité absolue opposée par Pékin aux bombardements de l’Otan contre laYougoslavie. Depuis vendredi soir, les médias taïwanais accordent une place prépondérante à l’«erreur tragique» de l’Otan, qui a coûté la vie à quatre Chinois et provoqué des manifestations anti-américaines très violentes à Pékin et dans le reste de la Chine. Les commentateurs de l’île accusent les médias officiels chinois de jouer avec le feu en attisant les passions nationalistes et les sentiments anti-occidentaux de la population. Et si le China Post estime dimanche dans son éditorial que ce jeu risque de se retourner à terme...